BAILAOR: „Le flamenco est comme un virus!

von | 15.11.2002

Deux grands de la danse flamenco contemporaine se produiront ce samedi Ă  Luxembourg. Tandis que Mercedes Ruiz Ă©tait au Japon, oĂą elle a donnĂ© des cours de danse, nous avons parlĂ© avec AndrĂ©s Peña, le „bailaor“.

AndrĂ©s Peña s’inspire beaucoup des grandes figures classiques du flamenco, comme el Farruco reprĂ©sentĂ© ici.

(Photo dans „La Rage et la Grâce“ de RenĂ© Robert, Editions Alternatives, 2001)

woxx: Comment décririez-vous votre parcours?

AndrĂ©s Peña: J’ai commencĂ© Ă  danser parce que j’aimais ça, mais je n’imaginais pas que j’arriverais Ă  en vivre. Vers l’âge de 10, 11 ans, je me suis inscrit Ă  l’Ă©cole de danse de mon quartier et ensuite Ă  celle d’Angelita GĂłmez. Plus tard, j’ai suivi des cours chez Domingo Ortega, Eva la Yerbabuena, Carmen CortĂ©s, Manolete, mais lĂ  oĂą j’ai le plus appris c’est sur scène, en travaillant dans les compagnies de ces grands artistes. Ma meilleure Ă©cole c’est le travail. Sur scène je peux dĂ©velopper mes connaissances et m’acheminer vers un style personnel. Un des aspects les plus formateurs du travail dans une compagnie est la discipline. Mais ce que je veux c’est danser seul. Je l’ai compris Ă  16 ans, et depuis je m’oriente vers une carrière de soliste.

Quelle importance réelle a le prix du concours de la Biennale de Séville de 2000?

Enorme! Cela a reprĂ©sentĂ© un grand „boom“ personnel, artistique, professionnel et j’ai reçu beaucoup d’offres de travail grâce Ă  ce prix. Gagner un prix de cette catĂ©gorie vous ouvre des portes et permet aux gens de vous connaĂ®tre. C’est une aide remarquable. NĂ©anmoins, le plus important pour moi reste la satisfaction personnelle, au-delĂ  de l’argent et mĂŞme du volume de travail.

Ce n’est pas la première fois que vous vous produisez en dehors de l’Espagne …

Non, j’ai travaillĂ© en France, quand j’avais 16 ans, et en Allemagne, oĂą j’ai rencontrĂ© Domingo Ortega et IsraĂ«l Galván. Ce sont des expĂ©riences très significatives, que j’ai vĂ©cues d’une façon très intense et qui m’ont beaucoup appris.

La critique souligne votre grâce et votre Ă©lĂ©gance, caractĂ©ristiques qui font plutĂ´t penser Ă  la „vieille“ Ă©cole … et pourtant vous n’avez que 26 ans.

Ma danse se base sur la tradition, les Ă©coles anciennes. Je respecte et j’admire les tendances actuelles, qui ont des reprĂ©sentants exceptionnels, comme la Yerbabuena et JoaquĂ­n Grilo, entre autres. Mais je me sens attirĂ© davantage par les anciens, comme el GĂĽito, el Farruco, Paco Laberinto, el Lamparilla, ce qui ne m’empĂŞche pas de vivre avec mon temps. D’ailleurs, le flamenco actuel a atteint un niveau formidable. Je suis Ă©merveillĂ© de voir des artistes très jeunes qui ont une technique impressionnante. Mais, Ă  mon avis, il faudrait ĂŞtre plus attentif au chant, il faut mieux l’Ă©couter. En tout cas, chaque artiste se doit d’ĂŞtre personnel, chacun doit trouver son style.

Envisagez-vous de créer votre propre compagnie? Peut-être quand vous aurez moins envie de danser?

Pas encore! Il me faut encore acquĂ©rir beaucoup d’expĂ©rience. Je ne suis pas encore prĂŞt. C’est très difficile de conduire une compagnie. On doit possĂ©der la mĂ©thode qui permet d’abord de transmettre ses Ă©motions aux artistes pour que ceux-ci, Ă  leur tour, les communiquent au public. Le directeur d’une compagnie devient le messager d’autres messagers. Et je ne crois pas que l’envie de danser puisse s’Ă©puiser en moi.

Vous avez donnĂ© des cours en Allemagne, en Norvège, au Japon, …, quelles sont vos impressions?

Si on naĂ®t dans une ambiance oĂą le flamenco fait partie de la culture, cette danse reprĂ©sente quelque chose de très naturel. C’est pourquoi il est fascinant de constater l’intĂ©rĂŞt qu’il y a pour le flamenco au Japon. Le flamenco est un art sans frontières, sans barrières. Le plus difficile, pour quelqu’un d’une autre culture, c’est le chant. La danse est plus accessible, mĂŞme si un Japonais ou un NorvĂ©gien ne transmettent pas la mĂŞme chose qu’un Espagnol.

Pourquoi pensez-vous que des personnes de cultures si lointaines aiment le flamenco et le choisissent comme moyen d’expression?

En fait, ils pourraient danser la lambada, ou la samba brĂ©silienne ou le tango argentin … Je crois que la raison fondamentale est la grande libertĂ© du flamenco. Il y a des règles, Ă©videmment, mais il permet Ă©galement de s’exprimer d’une façon personnelle. Chacun peut l’adapter Ă  ses capacitĂ©s, Ă  ses goĂ»ts, Ă  son tempĂ©rament. Le flamenco est comme un virus, une drogue, on en devient accro!

Que pouvez-vous nous dire de Mercedes Ruiz?

Parmi les jeunes danseuses, elle est un des piliers les plus solides. Elle a une grande force sur scène. Lors de la Biennale de SĂ©ville, sa „seguirilla“ et ses „alegrĂ­as“ ont Ă©tĂ© incroyables. Elle a reçu le premier prix Ă  l’unanimitĂ© du public et de la critique. Elle se distingue dĂ©jĂ  des autres et elle a une brillante carrière devant soi.

Et les autres membres du groupe?

Ils sont très jeunes et très compétents. Il y en a qui proviennent de dynasties très connues. La chanteuse Mercedes Cortés, née à Barcelone, entraîne les danseurs.

A part le flamenco, quelle musique écoutez-vous?

Je n’ai pas de style très dĂ©fini. Dans le temps, j’ai beaucoup Ă©coutĂ© Freddy Mercury. J’aime bien la musique classique, le gospel, le jazz …

Comment vous débrouillez-vous en boîte?

(Rires) AĂŻe, aĂŻe, je plains les filles qui dansent avec moi et surtout leurs pieds! Dans les discos, je fais partie de ceux qui ne lâchent pas leur verre. Je laisse la place aux autres. Quand il ne s’agit pas de flamenco, je prĂ©fère regarder. Et j’aime le ballet et les spectacles musicaux.

Comment voyez-vous votre avenir?

Je traverse une bonne pĂ©riode. J’aime ma façon de danser et je rĂ©ussis Ă  communiquer avec. Je crois que l’avenir d’un danseur peut prendre deux directions: celle oĂą il devient une figure rĂ©putĂ©e, oĂą il crĂ©e sa propre compagnie, qui prend normalement son nom ou avec laquelle il continue de danser. D’autres danseurs ouvriront une Ă©cole. Le rĂ´le des professeurs est très important, car ils prennent des enfants très jeunes et ils doivent leur apprendre les bases de ce qui deviendra leur technique future. En ce qui me concerne, on en reparlera dans quelques annĂ©es.

Quelques mots pour conclure?

Merci à la vie, à mes parents, à Dieu (je ne sais pas à qui, en fait) pour la danse, ce que je possède de plus beau.

Interview: Paca Rimbau Hernández

AndrĂ©s Peña et Mercedes Ruiz se produiront au Conservatoire de la Ville de Luxembourg, samedi, 16 novembre, Ă  20 heures. Il/elle seront accompagnĂ©-e-s par Mercedes CortĂ©s, Antonio Núñez „El Pulga“, Luis Moneo au chant et Javier Patino, Ricardo Rivera aux guitares.

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Assises sectorielles du chant choral: Junge Chorsänger*innen gesucht

Die „Assises sectorielles du chant choral“ vom vergangenen Samstag offenbarten, wo den Chören hierzulande der Schuh drĂĽckt. Es mangelt an Sichtbarkeit, pädagogischem Know-how und vor allem an Nachwuchs.   Wie bei Rundtischgesprächen ĂĽblich, boten die „Assises sectorielles du chant choral“ vergangenen Samstag einen Morgen voller leiser...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, Aktivitäten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der Schlüssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene Vorläufer

Allzu schwer fällt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebüßt. Interessanter ist ein Blick auf die Ursprünge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...