Indie rock
 : Grunge Just Smells Funny


Les Rotondes invitent la semaine prochaine à la découverte de Melkbelly, un groupe américain qui n’en est plus à ses dents de lait.

Une affaire de famille aux Rotondes : Melkbelly.

Faire jouer un peu tout ce qui se fait de bien dans la musique contemporaine sans s’intéresser au genre est un peu le cahier des charges du bar-concert des Rotondes. Parfois, les artistes, qui pour la plupart trouvent leurs racines dans de grandes métropoles, sont peut-être un peu trop avant-gardistes pour un public luxembourgeois aux goûts de temps en temps provinciaux.

Heureusement qu’il y a des groupes comme Melkbelly, qui flaire bon le rock underground des années 1990 et qui sûrement va faire revivre des souvenirs à celles et ceux qui se rappellent encore l’usage d’un lecteur de cassettes ou l’utilité d’un MiniDisc. Fondé en 2013 dans la scène foisonnante de Chicago – connue aussi bien pour ses fusions entre jazz et rock expérimental que pour sa scène post-rock qui concurrence celle de Montréal –, Melkbelly appartient plutôt au quartier noise et expérimental de la carte musicale.

Son premier EP, « Pennsylvania », a été enregistré en un jour – selon les musicien-ne-s – en 2014 et lui a immédiatement ouvert les portes de plusieurs tournées et de premières parties de groupes comme Speedy Ortiz, Magik Markers ou encore les vétérans de Built to Spill. Après ces premiers faits d’armes, le quatuor retourne à l’écriture et sort quelques singles (« B.A.T.B. » en 2015 et « Mount Kool Kid/Elk Mountain » en 2016). Mais il faut attendre l’année dernière pour la consécration avec un premier « vrai » album : « Nothing Valley » – immédiatement remarqué par la presse spécialisée. « Même en ignorant le tempo insensé, les dynamiques ou les trajectoires mélodiques de la plupart des chansons, Melkbelly possède un sens de la balance inné », écrit « Pitchfork » en octobre de l’année dernière. Et le blog « Consequence of Sound » d’ajouter : « ‘Nothing Valley’ ne refait pas le monde du rock à la guitare électrique, mais il n’en a pas besoin. » C’est aussi ce blog qui pointe la ressemblance remarquable entre la voix de Miranda Winters et celle des sœurs Deal (surtout Kim Deal, ancienne bassiste des Pixies et entre-temps reconnue avec son groupe The Breeders – curieusement Melkbelly a ouvert une de leurs tournées). Ce qui est décidément un avantage : non seulement c’est une voix claire et pleine de jeunesse, mais elle triomphe aussi du chaos des guitares et de la batterie jouée – et c’est un euphémisme – de façon plutôt intense.

C’est aussi Winters qui mène le groupe et écrit la plupart des chansons, le reste de la troupe étant composé de son mari, de son beau-frère et d’un ami commun rencontré dans une soirée de concert secrète de Lightning Bolt à Chicago. Une affaire de famille grunge donc.

En première partie de la soirée officiera le groupe luxembourgeois Only Two Sticks. Partie à la base comme un duo, la formation s’est récemment élargie avec le recrutement d’un batteur d’abord et puis d’un bassiste. Leur grunge un peu plus psychédélique sur les bords sera une bonne entrée en matière pour les tempêtes que va déclencher Melkbelly après.

Le 22 mai aux Rotondes.

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