Instrument rare
 : Un goût d’alpages


Décembre, c’est le mois des émerveillements pour les plus petits, certes. Mais cela n’oblige pas les plus grands à renoncer aux découvertes non plus. Le woxx a donc déniché parmi le foisonnement d’événements hivernaux une idée originale pour tous.

Alexandre Jous et Étienne Sibille donneront un petit goût helvète au Luxembourg ces prochains jours.

Quand on vous dit cor des Alpes, à quoi pensez-vous ? Sûrement à de vertes vallées haut perchées, riantes de soleil, gorgées d’abondance, où la sonnerie de cet imposant instrument retentit et résonne longtemps dans l’écho. À son origine, il y a quelque 400 ans, le cor des Alpes servait à la communication dans les montagnes, grâce à sa portée exceptionnelle qui peut atteindre 50 kilomètres dans des conditions optimales de vent et de température de l’air. Évidemment, modernité oblige, c’est le téléphone portable qui prévaut de nos jours. Mais l’instrument, abandonné un temps, connaît un renouveau admirable, et pas seulement à des fins d’exotisme touristique alpin.

À l’instar de son cousin le didgeridoo australien, ses 3,70 mètres de longueur (pour le modèle le plus répandu) se mêlent parfaitement à différents types de musique. Les compositeurs classiques d’abord se sont emparés de la sonorité à la fois rustique et moderne de l’instrument : l’exemple le plus connu en est sûrement Johannes Brahms, inspiré par une mélodie entendue au cor des Alpes pour le finale de sa Première Symphonie. Depuis un certain temps, musiciens « world », jazzmen et même rockeurs en redécouvrent aussi le son traditionnel et délicat, d’autant que la standardisation de la fabrication et l’enseignement dans des écoles de musique ont permis à des ensembles de plusieurs cors des Alpes de se constituer.

C’est notamment le cas du duo « Les cors flingueurs », dont les membres se produiront deux fois à Luxembourg-ville dans les prochains jours. Alexandre Jous et Étienne Sibille sont des habitués des scènes luxembourgeoises : on a pu les entendre à l’inauguration du parc animalier d’Esch-sur-Alzette récemment, ou déjà l’année dernière sur le marché de Noël. Ils donneront tout d’abord, comme l’année dernière, un apéro-concert à la Villa Vauban dans le cadre des festivités « Villa Noël », ce dimanche 11 décembre. Au programme, des airs traditionnels bien sûr, parmi lesquels gageons que l’incontournable « Ranz des vaches » figurera, mais aussi des chansons connues arrangées de façon insolite pour l’instrument au long nez. Sur leur site, les comptines pour enfants côtoient… la samba brésilienne. Autant dire que la bonne humeur et l’éclectisme seront au rendez-vous pour le plaisir de tous.

Mardi 13 décembre à 18h, c’est Alexandre Jous – premier non-Suisse à remporter le concours international de cor des alpes de Nendaz – en solo qui animera le marché de Noël sur la place de la Constitution, histoire de donner une petite touche montagnarde et d’élever en altitude le promontoire qui domine la vallée de la Pétrusse. De son imposant instrument où seules les lèvres décident de la note à jouer, il aura pour mission de détourner un peu les badauds de leur vin chaud et de leurs grompere-
kichelcher. Ce ne devrait pas être trop difficile, tellement le cor des Alpes a le pouvoir quasi magique d’attirer l’attention. Bien plus que le symbole d’une culture montagnarde dissoute dans la modernité, il incarne désormais le mélange détonant de la tradition et de l’innovation musicales. Une excellente raison pour le découvrir, ou le redécouvrir hors des sentiers touristiques alpins.

Dimanche 11 décembre à 11h, à la Villa Vauban. Réservation obligatoire au tél. 47 96 45 00 ou visites@2musees.vdl.lu. Également le 13 décembre à 18h, place de la Constitution.

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