Klima-Bündnis : Global, local, radical

Le changement climatique est un sujet grave. Au sein du Klima-Bündnis, des élus locaux mettent en avant des revendications radicales – même s’ils ne sont pas affiliés aux Verts !

« Les inondations dans la région du Müllerthal en juin, l’arrivée de nouvelles espèces, les températures montantes et les situations météorologiques extrêmes nous montrent que le changement climatique est bien arrivé, chez nous aussi. » Pour présenter ses revendications électorales, le 4 juillet, le Klima-Bündnis Lëtzebuerg a choisi de les ancrer dans la réalité locale. Une démarche assez logique pour cette « Alliance climat » qui regroupe 38 communes luxembourgeoises et se consacre à la sensibilisation et aux actions au niveau local.

Agir localement n’empêche pas de penser globalement, c’est ce que démontrent les revendications : afin de contribuer à la limitation du réchauffement à 1,5 degré prévue dans l’accord de Paris, le Luxembourg devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % avant 2030. Notons qu’actuellement le cadre européen prévoit 40 % seulement. L’augmentation demandée par le Klima-Bündnis correspond en proportion à ce qui est considéré par les experts comme ajustement nécessaire au niveau de l’Union européenne afin de respecter l’accord de Paris.

Le vert du noir

L’objectif pour les énergies renouvelables est encore plus ambitieux : en 2030, celles-ci devraient atteindre 50 % de la consommation totale – actuellement, le Luxembourg peine à atteindre 11 % pour 2020. Pour cela, il faudra notamment réduire drastiquement la consommation d’énergie – « une mise en question de notre modèle économique sera inévitable ».

Ces revendications sont nettement plus ambitieuses que ce qu’on trouve, par exemple, dans le programme électoral de Déi Gréng. Pourtant, elles sont endossées par 38 communes de couleurs politiques très variées. Surtout, sur les huit représentants communaux cités dans le communiqué du Klima-Bündnis, sept sont affiliés au CSV. Un signe que si ce parti gagne, l’orientation du prochain gouvernement sera noir-vert, même si les Verts n’y figurent pas ? Relevons aussi que la seule femme citée dans le communiqué est Béatrice Kieffer, vice-présidente du Mouvement écologique.

Le Klima-Bündnis insiste également sur la dimension locale du changement climatique : « Ensemble avec le ministère de l’Intérieur, il faudra trouver les moyens pour instaurer les communes comme véritables acteurs en la matière et leur donner des bases légales solides, par exemple pour les cahiers de charges des commandes. » Afin d’atténuer les effets du réchauffement, il est notamment proposé de multiplier les projets de renaturation pour contrecarrer les débordements des rivières. Quant aux inondations et autres catastrophes dans les pays plus exposés, le Klima-Bündnis estime que « les capacités d’accueil pour des migrants climatiques doivent être augmentées partout en Europe ».

Les autres revendications abordent des sujets très variés. Relevons que l’agriculture biologique devrait représenter 20 % du secteur en 2025, tandis que « dans l’agriculture conventionnelle, il faudra se concentrer sur une production saisonnière afin de limiter les transports à longue distance ». Enfin, concernant la mobilité, le Klima-Bündnis estime que « la part de la mobilité individuelle motorisée doit être réduite et la fin du tourisme à la pompe amorcée ».

 

Dans la version imprimée de l’article, l’objectif 2025 pour l’agriculture biologique était erroné : 25 % au lieu des 20 réclamés par le Klima-Bündnis.

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