L’autre hebdomadaire : Notre troisième révolution

Avoir une présence en ligne est considéré comme indispensable pour un journal. Mais depuis novembre dernier, le woxx en fait bien plus. Explications et perspectives d’avenir.

Le woxx sur son propre site, sur Facebook et sur Twitter.

Fonder le Gréngespoun, un journal nouveau et alternatif, dans le paysage médiatique luxembourgeois figé de la fin des années 1980, quelle aventure ! Notre première révolution a été tout simplement d’exister, puis d’être officiellement reconnu-e-s au bout de huit ans. Changer de nom, se dégager de la référence au vert qui aurait pu être comprise comme une allégeance à un parti politique, voilà notre deuxième révolution, accomplie en 2000. Le « relaunch » de l’hebdomadaire sous le nom de « woxx » a mis l’accent sur notre indépendance d’esprit, sans nier nos engagements, et surtout, nous nous sommes promis d’être à l’écoute des bouleversements sociaux, culturels et technologiques du début du 21e siècle.

Articles sans papier

Dix-huit ans plus tard, voici venu le temps de nous réinventer. L’internet continuera à transformer la manière dont les gens utilisent les médias, voilà l’idée qui est au centre de notre troisième révolution. Et donc, depuis novembre dernier, nous mettons les bouchées doubles pour offrir à nos lectrices et lecteurs les informations et les analyses qu’elles et ils peuvent attendre d’un média alternatif. Certes, dès 2000, sur notre site www.woxx.lu, nous avons mis en ligne les articles de notre édition papier – en partie le lundi seulement, afin d’offrir un bonus d’exclusivité à nos abonné-e-s papier, qui reçoivent le journal le vendredi. Mais désormais, vous trouvez en ligne quelques centaines d’articles écrits exclusivement pour l’« online-woxx ».

Parmi ceux-ci, relevons, au hasard, celui consacré à la tentative d’éviction du duo de coordination d’Esch 2022 (woxx.eu/q0z3), ou celui rendant compte de la conférence de presse délirante de Viviane Reding (woxx.eu/xyxi). Ou encore telle analyse succincte de l’avis de la CCDH sur le droit de filiation (woxx.eu/pq3l), tel commentaire ironique sur l’élection par RTL des Luxembourgeois-es de l’année (woxx.eu/s7z2) ou telle réaction à un article anti-rapport-Artuso dans le Wort (woxx.eu/ezw3). Notez que l’innovation des « short links » du type « woxx.eu/XXXX » permet d’accéder directement aux articles mentionnés, même si vous lisez ceci sur papier. Une technologie qui fonctionne sur la plupart des navigateurs ; sur les autres, il faut rajouter un « http:// » devant l’adresse.

Les sujets intéressants ne manquent pas. Et notre « troisième révolution » nous permet enfin de couvrir au plus près l’ensemble de l’actualité. En effet, les séances de la Chambre le jeudi, les conférences de presse le vendredi ou les congrès de parti le week-end n’étaient pas évidents à traiter pour un hebdomadaire paraissant le vendredi. Il faut ajouter que notre empressement à offrir quotidiennement de nouveaux articles en ligne est aussi lié à la mise en place de l’aide publique à la presse en ligne. Parmi les conditions d’éligibilité, il y a l’obligation d’alimenter régulièrement le site avec des articles originaux.

Quantité et qualité

Le pluralisme de la presse écrite au Luxembourg repose sur l’aide publique, et le Gréngespoun, une fois reconnu, puis l’édition papier du woxx en ont bénéficié comme les autres journaux. Nous comptons, au bout d’une sorte de période probatoire, être officiellement reconnu-e-s comme média en ligne, et bénéficier de l’aide spécifique mise en place par le gouvernement en 2017. Que la pérennité de l’« online-woxx » soit assurée par ce mécanisme, voilà qui constituera certainement une avancée pour le pluralisme politique de la presse digitale au Luxembourg.

Concilier quantité et qualité, voilà ce que nous faisons en attendant, avec le budget restreint qui est le nôtre. Il s’agit d’un processus, au cours duquel nous élaborons de nouvelles manières d’approcher les sujets, de concevoir les articles, de communiquer avec les lectrices et lecteurs. Notre présence sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et parfois Instagram fait partie de l’effort d’amener l’information vers les gens à qui elle est utile. Les changements d’algorithmes, notamment chez Facebook, rendent ce travail parfois difficile. Avis aux lectrices et lecteurs qui ne veulent pas louper nos messages Facebook : sur la page du woxx, sous « Déjà abonné(e) », sélectionnez « Voir en premier ».

Autre possibilité « révolutionnaire », les réseaux sociaux nous permettent d’interagir plus directement avec vous, lectrices et lecteurs. Nous recevons régulièrement des corrections, des réactions, des précisions et des propositions, dont nous essayons de tenir compte au mieux de nos possibilités. Cela peut même donner lieu à un article de suivi sur un sujet ou à un article en réponse à une sollicitation, comme pour l’Autofestival (woxx.eu/7f9j) ou pour la Blockchain (woxx.eu/5ufk). Car autant nous espérons faire réfléchir nos lecteurs et lectrices à travers les informations et analyses fournies, autant nous sommes prêt-e-s à nous remettre en question nous-mêmes.

Cette révolution-là renoue en quelque sorte avec l’idée à l’origine de la fondation du journal : être un outil entre les mains de la communauté alternative du Luxembourg. À l’époque, l’information alternative était tout simplement ignorée, voire boycottée par les médias mainstream. Aujourd’hui, le défi est d’assurer la qualité et la fiabilité de l’information que nous relayons, de fournir des aides à l’orientation dans la mare de surinformation digitale qui inonde nos cerveaux. Et de devenir un « community media », dans lequel des journalistes professionnel-le-s d’un nouveau type travaillent au service de – et à l’aide de – militant-e-s bénévoles et professionnel-le-s du monde alternatif.

Pour l’alternative, 
avec l’alternative

Améliorer encore la qualité de notre travail, voilà l’objectif à court terme. Pour cela, nous envisageons d’élargir l’équipe et de renouveler notre site, un peu dépassé par nos ambitions nouvelles – un appel aux dons sera lancé quand ce projet prendra forme. Par ailleurs, l’articulation entre le woxx sur papier et le woxx sur le web devra être repensée, afin de pouvoir satisfaire les besoins de nos lectrices et lecteurs. Et puis, on rêve d’aller plus loin. L’approche bilingue du woxx ne satisfait pas tout le monde, nous le savons – alors, pourquoi ne pas dédoubler l’« online woxx », et créer une version complète de nos articles en allemand et une autre, tout aussi complète, en français ?


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