Le retour de la diva : Cecilia Bartoli à la Philharmonie

Le scénario se répète invariablement. Chaque fois que Cecilia Bartoli rend visite à la Philharmonie, on assiste à une véritable frénésie de la part du public. Premièrement, c’est l’avalanche que procure un billet de dernière minute pour un concert presque complet. Ensuite, à l’intérieur de la salle, ce sont les applaudissements interminables et les ovations qui augmentent proportionnellement au degré de la révélation vocale et du nombre de notes émises. En fin de compte, la réaction est inhérente au phénomène de culte des grandes « divas ».

Les interprétations de cette mezzo-soprano italienne ont aidé à créer un nouveau public pour ce répertoire de la musique classique un peu partout dans le monde. Cet intérêt grandissant a amené à des collaborations avec de grands orchestres spécialisés sur cette période : ainsi, « Les Musiciens du Prince » ont interprété à merveille, avec le chœur de l’opéra de Monte-Carlo sous la direction de Gianluca Capuano, cette grande œuvre de Rossini « La Cenerentola ».

200 ans après sa présentation au Théâtre Valle à Rome, « La Cenerentola » du compositeur Gioacchino Rossini, sur un livret de Jacopo Ferreti, est montée sur la scène de la Philharmonie. On y retrouve les habituelles situations d’opéra-comique et surtout l’habilité de Rossini dans la composition d’ensembles vocaux si bien interprétés par Cecilia Bartoli. Cette « diva » prouve une nouvelle fois que l’éclat virtuose et émotionnel n’est pas ennemi de l’intelligence. C’est cela qui fait d’elle une interprète d’exception, à côté de son extrême musicalité. Ses pianissimos, la capacité de produire des nuances de couleur dans le registre moyen et l’attention aux détails du texte étaient remarquables. Sa sensibilité artistique peut s’observer autant, à un autre niveau, dans sa capacité de concilier sa virtuosité athlétique avec le sens théâtral de l’œuvre qu’elle interprète. Dans cette perspective, le rondo « Non più mesta » de « La Cenerentola », dont les ornementations acrobatiques ont fait penser à Maria Malibran, a été brillant. Il convient de noter également l’équilibre et la parfaite harmonie entre les chanteurs et l’orchestre. « Les Musiciens du Prince » ont réaffirmé une fois de plus leur formation remarquable, avec une sonorité bellissime et un équilibre exemplaire entre les contributions. Ce fut avec une audience animée à applaudir pendant de longues minutes que nous avons quitté ce concert mémorable.


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