Musique électronique : Les enfants de Can


La musique d’AK/DK est difficile à décrire pour les non-initiés. Pourtant elle regorge non seulement d’énergie mais de références à l’histoire musicale récente.

Ils aiment bien se voiler la face... synthétiquement : AK/DK. (Photo : AKDK Crusoe)

Ils aiment bien se voiler la face… synthétiquement : AK/DK. (Photo : AKDK Crusoe)

Chaque fois qu’un jeune groupe est comparé aux mythiques Can, deux options s’ouvrent. Soit le rédacteur musical ne savait pas dans quel tiroir les caser, soit il est avéré qu’une étincelle du génie musical issu de ce groupe allemand à l’origine du « krautrock » a réussi à passer à la génération suivante. Car Can est sûrement un des groupes les moins connus par rapport aux multiples influences qu’il a eues sur presque toutes les musiques actuelles. Issue de deux élèves du compositeur Karl-Heinz Stockhausen, la formation de Cologne a débuté sur des airs de free jazz pour plus tard donner naissance à des sonorités post-punk, expérimentales, pour finir par influencer les musiciens ambient et électroniques.

Et il est vrai qu’on peut retrouver des réminiscences de Can dans la musique et l’attitude d’AK/DK. D’abord par l’énergie avec laquelle le groupe sait décliner ses riffs – faussement – simplistes, puis par le traitement rythmique de ses tapis sonores. Mais dire qu’il ne ferait qu’imiter les pépés germaniques serait injuste. Tout au contraire, les musiciens d’AK/DK sont les enfants de leur génération et ont créé un langage musical adapté au monde des « digital natives ». Ainsi par exemple leur chanson « Lost Eric » de 2011. Elle débute sur une mélodie 8-bit tout droit sortie d’un Gameboy pour ensuite déployer une énergie punk explosive qui continue sur une vague de sonorités mêlant techno primitive et hardcore.

Certes, ils ne sont pas les premiers à émuler les sons des jeux vidéos qui ont peuplé leur enfance dans des chansons expérimentales : les Américains de Hella sont évidemment aussi passés par là. Mais là où ces derniers se limitaient à reproduire à leur façon ces mélodies, les Britanniques d’AK/DK les utilisent au sein d’un concept plus vaste.

Une autre comparaison qui est souvent faite, c’est avec Battles – le super-groupe math rock, dont chaque nouvelle note est attendue comme parole d’évangile par ses fans et qui d’ailleurs s’apprête à publier du nouveau matériel, un live exclusif sur le web ayant été mis en ligne en début de semaine. Mais là aussi une comparaison cloche : AK/DK est à des millions de kilomètres du son épuré et minimaliste de ses collègues.

Ainsi, les deux gus d’AK/DK – difficile à croire quand on n’écoute que la musique, mais en live ils ne sont « que » deux batteurs qui manipulent leurs synthés en jouant en synchro – ont créé un univers qui leur est propre, comme le dit d’ailleurs leur maxime « SYNTH + DRUMS + NOISE + SPACE », qui est en même temps le titre de leur premier album.

Pour ouvrir la soirée, l’équipe des Rotondes a choisi de donner un showcase au mystérieux « Mr Lobo Ist Tödlich » que le public étonné a pu découvrir lors de la soirée d’adieu au CarréRotondes.

Aux Rotondes le 7 août.

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