Politique culturelle : la galerie nationale viendra

Ce n’est pas la pyramide du Louvre, et pourtant il semble que Xavier Bettel soit déterminé à laisser au moins un monument en souvenir de son passage au poste de premier ministre et ministre de la Culture.

(©wikipedia)

C’est RTL qui l’a annoncé vendredi dernier : la galerie nationale pour artistes luxembourgeois sera bel et bien installée dans les anciens bâtiments de la Bibliothèque nationale – quand le déménagement de celle-ci au Kirchberg sera achevé. Les travaux commenceront l’année prochaine, quand un nouveau gouvernement sera en place. Au-delà du fait qu’il aurait de toute façon été impossible de raser l’ancienne bibliothèque et ancien « Kolléisch » pour y construire encore plus de boutiques et d’appartements pour des « high net worth individuals », se pose la question de la nécessité et de la pertinence d’une telle institution.

Certes, les artistes du cru trouvent rarement leur chemin dans les grandes expositions du Mudam ou du Casino (et certaines ont été prêtes à vendre leur âme et réputation au « Nol op de Kapp » pour évacuer leurs frustrations). Pourtant, est-ce que le Luxembourg a vraiment besoin d’une galerie nationale ? Ou du moins, est-ce que la scène culturelle a été consultée ? « Oui », répond à cette question le conseiller au ministère de la Culture Max Theis : « Entre autres les directeurs des musées et autres personnes qui s’engagent depuis des années pour que l’histoire de l’art luxembourgeois soit proprement documentée. » Et nous qui avions toujours pensé que c’était aussi un peu le boulot d’un Musée national d’histoire et d’art !

En tout cas, Theis assure aussi que « maintenant que la question du contenant est réglée, celle du contenu est prévue et que dans cette phase il y aura sans doute d’autres consultations. La galerie ne doit pas devenir un ghetto pour artistes luxembourgeois, mais un lieu vivant servant à promouvoir l’échange sur l’art au Luxembourg ».

Espérons qu’au moins dans cette deuxième phase seront consultées des associations comme l’AAPL (Association luxembourgeoise des artistes plasticiens), dont la présidente Trixi Weis nous a confirmé qu’elle n’a pas été entendue. De toute façon, cette idée de galerie nationale ne répond pas aux revendications principales des artistes : celle d’espace d’ateliers. Tiens, et si on mettait le Hariko de Bonnevoie dans ce bâtiment ? Le projet d’intégration par la pratique culturelle a fait ses preuves et sera bientôt sans lieu : ce serait une belle synthèse. Et puis, on pourra toujours y exposer de l’art luxembourgeois, la place y est.


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