Post-hardcore 
: Encore une ronde

Un des groupes phares des années 1990 à 2000 est de retour : At the Drive-In avait révolutionné le rock avant de se séparer… et de se retrouver pour le grand bonheur de leurs fans.

Dynamisme et précision définissent les live
d’At the Drive-In.

Originaire d’El Paso, là où un certain Donald Trump croit toujours qu’il va ériger un mur dont personne n’a besoin, rien ne prédestinait le groupe fondé en 1994 à changer la face du rock contemporain. Et il faut dire que pendant longtemps, ça n’en avait pas l’air non plus – le succès n’étant pas immédiat. Les premiers membres – le guitariste Jim Ward et le chanteur Cedric Bixler-Zavala – essayaient tant bien que mal de survivre de leur musique quand sortait leur premier EP « Hell Paso » en 1994. Mais déjà à cette période préstreaming, vivre de ses enregistrements uniquement n’était pas un moyen de vivre dignement. C’est pourquoi At the Drive-In (dont le nom est dérivé d’une chanson des glam-rockeurs de Poison), une fois son line-up complet, s’est rapidement fait un nom à travers les States entiers pour ses concerts énergétiques.

Vraies bêtes de scènes, ses membres étaient connus pour leurs apparitions aussi chaotiques qu’énergisantes. Leur musique de l’époque sonnait comme du post-hardcore classique, mais déjà augmenté de ce petit brin de folie des grandeurs qui allait devenir leur marque de fabrique quelques années plus tard. Après deux premiers albums (« Acrobatic Tenement » en 1996 et « In/Casino/Out » en 1998), l’heure de la consécration et de la gloire mondiale était venue, avec la publication de « Relationship of Command » paru sur le label Grand Royal en 2000.

Délaissant les structures simples du hardcore, cet album explorait les possibilités de combinaison entre les rythmiques fortes et efficaces et des mélodies compliquées, le tout dans des chansons très longues pour le style qu’ils jouaient et augmenté de changements de structures aussi fréquents qu’inattendus. Avec la voix ultraprésente, voire pénétrante de Cedric Bixler-Zavala qui déclamait des textes cryptiques avec un dramatisme apocalyptique, « Relationship of Command » a fait l’effet d’une bombe. La présence de la légende Iggy Pop sur une des chansons n’est qu’un gentil plus comparé au reste.

Juste que, comme trop souvent, cette overdose de succès a mené à la dissolution du groupe. Totalement à bout après une longue tournée mondiale et amoindri par les problèmes de drogue de Bixler-Zavala et du guitariste Omar Rodriguez-Lopez, le groupe annonce sa séparation en février 2001. Ensuite, les musiciens vont continuer dans des directions très différentes. Tandis que Bixler-Zavala et Rodriguez-Lopez fondent The Mars Volta et pratiquent l’escapisme psychédélique avec des albums fleuves et des performances pleines d’exotisme improvisé, les trois autres membres, dont Jim Ward, essaient de continuer sur la lancée hardcore avec leur groupe Sparta.

Quoique aucun des deux groupes n’ait pu atteindre le succès d’At the Drive-In dans sa dernière période, toutes les personnes impliquées ont pu vivre de leur musique. Et ce n’était donc qu’une question de temps avant que des rumeurs de réunion apparaissent. D’abord en 2009, quand le groupe annonça quelques apparitions live tout en se mettant à ressortir ses vieux albums en meilleure qualité. Mais la dynamique et les engagements multiples des musiciens – The Mars Volta et Sparta continuaient à exister – eurent raison de cet essai.

Ce n’est finalement qu’en 2015 qu’une nouvelle dynamique provoqua une réunion plus stable, puisqu’en 2017 paraissait le premier album d’At the Drive-In depuis 2001, « Interalia ». Une bonne occasion donc de revoir ses classiques avant de se rendre à la Rockhal le 5 mars.

À la Rockhal le 5 mars.

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