Post-punk
 : La fougue de la jeunesse


 Shame, c’est un jeune groupe bien frais de cinq Londoniens amis depuis le lycée. Ce quintette à la fois révolté et langoureux, que certains considèrent déjà comme emblématique du rock anglais de demain, veut explorer de multiples tendances musicales entre l’indie, le rock et le punk et a enflammé les scènes de nombreux festivals européens.

Avec Shame, la valeur n’attend pas le nombre des années. (Photo : Damien Kerjean/site Facebook du groupe)

Après un début d’été bien chargé sur des événements de renom (We Love Green et les Eurockéennes, entre autres), la bande post-punk de Shame arrive bientôt au Luxembourg. Quelques représentations lors d’open mics en 2014 dans un bar juste au-dessus de leur studio auront suffi à cet ensemble aux élans teigneux pour séduire rapidement les banlieues du sud de Londres. Depuis lors, Shame se conjugue au futur.

Le groupe revendique clairement un penchant pour les concerts live, où derrière son côté impassible (même si très chaleureux lors de l’interview), il se transforme subitement en une meute de bêtes de scène. Deux guitaristes, un batteur, un bassiste et un chanteur pas plus vieux que 20 ans réussissent à faire vibrer le public par une présence rageuse. Avec une verve poétique oscillant entre l’humour et l’engagement, les différents morceaux d’une énergie contagieuse maintiennent le public sous tension.

Si les musiciens n’hésitent pas à mettre leurs émotions sur le devant de la scène, le regard perçant du chanteur charismatique Eddie Green capte l’attention. Avec une force vocale et physique impressionnante, il tente d’ensorceler les spectateurs : il s’accroupit, dévoile son torse, se caresse la poitrine avec le micro puis avec son poing fermé, tel un gorille, fait surgir des sons imitant les battements d’un cœur accéléré. Dans une sorte de crescendo explosif, sa voix grave et profonde se cale sur des cris endiablés.

Avec une assurance étonnante pour de si jeunes musiciens, le groupe tente de mettre en musique son insolence avec beaucoup de complicité. Sa fougue juvénile s’exprime parfois par des danses épileptiques d’une grande frénésie. Même si sur l’internet on ne trouve pas beaucoup d’informations sur Shame, né à Brixton, un quartier du sud de Londres, et qu’on n’a accès qu’à une dizaine de tubes de son répertoire, ces musiciens débridés, avec deux singles en poche, comptent sortir leur premier album au début de l’année 2018. Cet événement est déjà très attendu par ceux qui ont eu la chance de les écouter en concert. Cependant, eux disent ne pas avoir voulu se précipiter pour l’enregistrement de leurs premiers morceaux, ayant préféré attendre de rencontrer le bon producteur.

Des projets ? Lors de l’interview qu’ils nous ont accordée, ils ont avoué vouloir se produire bientôt en Amérique latine. Pour les prochains mois sont déjà prévues des tournées en Australie, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Et si l’horizon se dégage si rapidement devant eux, c’est peut-être que leur succès tient à la force avec laquelle ils veulent transmettre leur passion et réveiller le public. Si vous êtes à la recherche d’émotions musicales vibrantes cet été, à vos agendas : vous pourrez les voir mercredi prochain en concert aux Rotondes !

Le mercredi, 9 août à 20h, dans le cadre des Congés annulés.

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