Réforme de l’examen-concours : le cœur et l’esprit

Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Dan Kersch, a présenté les nouvelles modalités de l’examen-concours, applicables à partir du 25 juin.

Pourvoir les postes vacants (wikimedia commons)

Pendant de longues années, pour réussir l’examen-concours d’entrée dans la fonction publique, il fallait apprendre par cœur un fascicule, aussi utile qu’indigeste, sur l’organisation, le fonctionnement et les structures de l’État, puis imbiber son esprit du contenu d’une brochure consacrée à l’histoire et la culture luxembourgeoise – sorte de code bushido du fonctionnaire, ou vision globale sur l’entreprise nationale dans laquelle viendrait s’inscrire son futur poste et qui lui permettrait de mourir tranquille.

Et où l’on pouvait lire des phrases telles que « de Joseph Bech à Jean-Claude Juncker, les hommes politiques luxembourgeois excellent dans le rôle d’intermédiaire lors de négociations européennes », ou encore « le trilinguisme est essentiellement le fait des Luxembourgeois de souche, à savoir 277.900 personnes », ou encore « si, en tant qu’étranger, le lecteur veut consulter tous les quotidiens, il a intérêt à maîtriser au moins ces langues ».

On ne peut pas lire sans établir de lien entre elles les phrases « depuis le début de son histoire, le Luxembourg a été une entité fondamentalement marquée par des forces étrangères et il a fallu attendre longtemps pour que des revendications d’autonomie puissent se développer », et un peu plus loin dans la même publication « contrairement aux travailleurs immigrés italiens, qui s’installèrent presque exclusivement dans les villes industrielles du sud au point de créer leurs propres quartiers, les Portugais s’établissent partout dans le pays »…

Test de QI

Que nenni ! « La richesse linguistique est un trait spécifique de la vie quotidienne luxembourgeoise que les visiteurs étrangers ne cessent de souligner avec un étonnement empreint de respect. » Certes… « Aucun pays d’Europe n’aborde l’immigration et l’intégration des étrangers avec autant d’assurance et de naturel que le petit Grand-Duché situé au cœur de la Grande Région européenne ». Eh ben !

Malgré tout et pour le plus grand bien de tou-te-s, le gouvernement a annoncé hier une réforme de l’examen-concours qui sera désormais basé sur un test de QI et non plus sur des matières apprises par cœur. Seront valorisées avant tout les capacités de raisonnement et la personnalité du candidat. Divisé en deux parties, dont l’une est commune à toutes les carrières de la fonction publique et l’autre, plus spécifique, interroge le candidat en fonction des besoins de chaque service, l’examen-concours réformé devra permettre d’alléger les procédures de recrutement et de pallier le manque de candidats, « tant en nombre qu’en profils recherchés », comme le précise un communiqué du gouvernement.

Comme l’aurait montré une étude, l’examen-concours dans sa forme actuelle ne permet plus aux administrations de pourvoir leurs postes vacants. Par ailleurs, les candidats auraient souvent critiqué le caractère « désuet » des épreuves « basées sur l’apprentissage par cœur ». On les comprend… Un projet pilote, qui a réuni environ 400 participants, aurait été couronné de succès avec un taux de réussite élevé. Une première session du nouvel examen-concours réformé sera organisée entre le 25 juin et le 26 juillet prochain.

Plus d’informations sur : www.govjobs.lu


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