Sanem : deux vainqueurs, deux gagnants

Il y a des surprises qui n’en sont pas. Certes, la solide liste LSAP de Sanem aurait pu maintenir son score au lieu de perdre 8 %. Et oui, la liste victorieuse Déi Lénk aurait pu profiter encore plus de la présence des deux transfuges socialiste et verte. Mais à y regarder de plus près, on réalise qu’avec 36,4 %, le LSAP reste au-dessus de son résultat de 2005 et demeure la force dominante dans la sixième commune du pays. Quant au parti Déi Lénk, il double tout de même son score et, avec 13 %, passe devant Déi Gréng. Avec ses deux sièges, il pourrait même, arithmétiquement parlant, constituer une majorité avec les socialistes. Il semblerait que Georges Engel, bourgmestre sortant (et député LSAP), négocie actuellement avec le CSV et Déi Gréng, son ancien partenaire. Ce traitement plus aimable que celui infligé à leurs pairs de la capitale, les Verts de Sanem le doivent-ils à la politesse d’Engel ou à son sens tactique ? Une poursuite de la coalition reste en tout cas possible, et l’étroitesse de la majorité (9 contre 8) n’est pas plus intimidante qu’entre 2005 et 2011. Mais le CSV est bel et bien l’autre grand vainqueur des élections, passant de 17,9 à 27,2 % et remportant les deux sièges additionnels dus à l’accroissement de la population. Face à des chrétiens-sociaux au programme plutôt modéré, il serait difficile pour Engel de justifier le choix d’une coalition des perdants. Car à Sanem, contrairement à la capitale, Déi Gréng en position de junior partner ont massivement perdu, passant de 17 à 12,4 %. Tandis que l’option d’une coalition sans le LSAP impliquerait une alliance difficile à imaginer entre CSV, Verts et Déi Lénk. Ces derniers ont loupé de peu le siège restant qui aurait donné plus de poids à leur victoire. Due à des circonstances locales, celle-ci risque de rester sans lendemain. Tandis que les socialistes, même perdants, ont gagné leur ticket d’accès au conseil échevinal et se retrouveront probablement dans le lit douillet d’une grande coalition.


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