Scandale des Galloway : la suite

Quand on laisse des animaux d’élevage mourir, exposés à l’humidité et au froid, alors qu’ils sont infestés de parasites, cela peut-il rester sans conséquences ? En novembre dernier, sept bovins de race Galloway faisant partie du programme labellisé « Naturschutz Fleesch » (viande de protection de la nature) sont morts à Mensdorf dans ces conditions atroces. Sollicité à travers une question parlementaire de Françoise Hetto-Gaasch, le ministre de l’Agriculture avait qualifié cela de « maltraitance animale » et annoncé vouloir transmettre le dossier au parquet. Du côté des sanctions pénales, pas de nouvelles depuis, mais du côté de la responsabilité des autorités publiques, une deuxième question de la même députée a relancé le ministère. Ce dernier explique en détail quelles sont les sanctions prévues quand un éleveur ne respecte pas les règles. Dans le cadre des contrats biodiversité et de la législation en matière vétérinaire, la sanction est normalement tout au plus une réduction des primes. Quant au non-respect du cahier des charges du « Naturschutz Fleesch », il peut entraîner une exclusion durable du programme… mais seulement à la troisième récidive. À défaut de précision de la part du ministère, on peut penser que, formellement, les sept animaux morts ne comptent que comme une infraction… Théoriquement, différents contrôles, dont les modalités sont détaillées dans la réponse, devraient permettre de constater des dysfonctionnements et des infractions chez un éleveur avant que la situation ne dégénère. Or, le ministère se garde bien d’indiquer le nombre de contrôles réellement effectués par an – il y en a certainement beaucoup trop peu. Il doit cependant admettre qu’il y a une lacune précisément pour les programmes de biodiversité avec des bovins de type Galloway, pouvant être laissés au pâturage toute l’année : aucune inspection par un vétérinaire n’était exigée jusqu’ici. En réaction à l’affaire de Mensdorf, un contrat d’épidémiosurveillance sera rendu obligatoire dans ce cas-là également. Ce n’est pas la seule conséquence, car une partie de la responsabilité dans l’affaire revient peut-être au programme public « Naturschutz Fleesch » – critiqué d’ailleurs par les ONG environnementales et à ne pas confondre avec des labels bio. Certes, le ministère insiste sur le fait que le programme prévoit un pâturage extensif sur des terrains agricoles « difficiles » dans un sens général, tels que les pelouses sèches ou les terrains en pente. Mais de fait, l’élevage de races comme les Galloway est souvent favorisé en combinaison avec l’entretien de prairies humides – particulièrement précieuses en termes de biodiversité, mais pas spécialement propices au bien-être animal. Désormais, il sera obligatoire d’avoir au moins un cinquième de la surface de pâturage au sec. En plus, le ministère s’engage à prescrire une visite annuelle au pâturage effectuée par des services étatiques.


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