Secteur cinématographique : Pas de solution en vue

Le secteur de production cinématographique est un fleuron dont les politiques aiment bien se targuer… quand tout va bien. Par contre, en temps de crise, ils sont aux abonnés absents.

(©flickr)

Quand en mars 2014 Laurent Witz et Alexander Espigares remportèrent le premier Oscar luxembourgeois pour leur court métrage « Monsieur Hublot », non seulement le public était aux anges, mais ce moment est devenu aussi une référence pour les politicien-ne-s quand il s’agit d’évoquer la prétendue bonne santé du secteur culturel luxembourgeois – et de faire un peu de nation branding en passant.

Certes, le financement de la production cinématographique, qui passe par le Film Fund Luxembourg, n’est pas directement assuré par le ministère de la Culture (où il ne figure pas au budget) – il est sous la tutelle du ministère d’État. Raison de plus pour le premier ministre, qui a aussi la culture dans ses attributions, de chercher rapidement des solutions pour ce secteur qui a été bâti à grands coups de subventions depuis une trentaine d’années.

Or cela ne semble pas faire partie de ses priorités : à une question de la députée verte Sam Tanson (dont le frère Loïc travaille dans le secteur) sur les possibilités d’obtenir des mesures de chômage partiel pour ces entreprises, le ministre d’État Xavier Bettel et le ministre de l’Économie Étienne Schneider pataugent et esquivent.

Dans leur réponse, sont d’abord énumérés les quatre régimes de chômage partiel : en cas de problèmes économiques conjoncturels ou de problèmes économiques structurels, en cas de force majeure ou en cas de problèmes liés à un lien de dépendance économique.

Mais, écrivent-ils, « il s’avère malheureusement que les différents régimes de chômage partiel ne sauraient s’appliquer à l’heure actuelle au secteur cinématographique » – et de se référer à un audit en cours au Film Fund sur base duquel des mesures seront prises. Un audit qui ne sera probablement pas terminé avant les prochaines élections. La dèche continuera alors à régner sur ce secteur et ce seront avant tout les maillons faibles – le secteur compte un grand nombre d’intermittent-e-s – qui en pâtiront le plus.


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