Serge Basso de March : Les concombres n’ont jamais lu Nietzsche

Après le polar, la pure poésie ou le théâtre, Serge Basso, directeur de la Kulturfabrik et littérateur éclectique, s’essaie donc à l’aphorisme, cet exercice de style un peu négligé dans le grand océan de la poésie contemporaine. Un genre fait pour lui, puisque l’impétrant n’a pas la langue dans sa poche et n’est jamais las de s’en servir. L’opuscule, publié en Belgique aux éditions du Cactus inébranlable, propose donc jeux de mots et réflexions à tire-larigot, dans de courtes phrases indépendantes dont tout gras a été élagué afin de mieux faire briller le trait d’esprit. En rapprochant les sens, en déconstruisant les clichés, en jouant d’homophonies approximatives et en triturant l’orthographe, Basso s’amuse et amuse son lecteur. Son credo ? « Le faiseur d’aphorismes n’est souvent, devant Dieu, qu’un pécheur à la ligne. » Tout un programme, illustré avec brio par Lefred-Thouron, un des caricaturistes du « Canard enchaîné », et avec des références philosophiques qui en font plus qu’un simple divertissement. « Quand on dit que l’homme a inventé la roue, le paon fait la gueule. » Difficile de faire la gueule en reposant le livre, par contre !


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