Sipri : Le monde réarme ?

Pour faire le point sur les dépenses militaires dans le monde, le rapport de l’institut suédois Sipri est une référence. Une partie a été traduite par le Grip afin de la rendre accessible en français.

Couverture du rapport publié par le GRIP

Le « budget militaire global » a atteint 1.739 milliards de dollars, presque douze fois plus que les dépenses globales d’aide au développement. C’est une des statistiques publiées par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (Grip) qui fait réfléchir. Ce think tank belge établi à Bruxelles a traduit la partie consacrée à l’armement du rapport annuel du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri).

Cette synthèse intitulée « Dépenses militaires, production et transferts d’armes – Compendium 2018 » insiste notamment sur la reprise de l’augmentation des dépenses militaires mondiales, ce qui annonce la fin définitive de l’ère des « dividendes de la paix ». Cela est dû en partie à la course à l’armement au Moyen-Orient, où la Turquie et les monarchies pétrolières poursuivent la modernisation de leurs forces aériennes en achetant des F-15 et des Eurofighter assez coûteux. Les dépenses par tête, en particulier, y ont atteint des niveaux impressionnants, l’Arabie Saoudite menant la course avec 2.107 dollars par tête. Cependant, le total des dépenses des pays membres de l’Otan a peu changé par rapport aux années précédentes. Et ceci malgré l’objectif de deux pour cent du PIB décidé au sein de l’alliance en 2014 d’une part, et le retour en force de la Russie d’autre part. Or, détail fort intéressant, la Russie a réduit ses dépenses militaires de 20 pour cent en 2017, ce que le Sipri lie à la baisse des recettes pétrolières russes.

À qui profitent les ventes d’armes ?

Le volet « production d’armes » reste dominé par les géants américains de l’aéronautique, qui profitent toujours de la prédominance stratégique des interventions aériennes. Sans oublier les contrats lucratifs des forces armées américaines, dont le budget énorme est à l’origine de plus d’un tiers des dépenses militaires mondiales.

En ce qui concerne le volume des transferts internationaux d’armes, le rapport note une augmentation de dix pour cent pour la période 2012-2017, principalement causée par les exportations des Occidentaux vers les pays arabes. Les monarchies sunnites notamment, désireuses d’endiguer l’influence iranienne, semblent profiter des offres alléchantes des fabricants d’armes.

À la lecture du résumé, il devient évident que les fabricants ne sont découragés ni par la situation des droits humains chez leurs clients ni par les restrictions gouvernementales déjà peu contraignantes. Pourquoi en effet les gouvernements restreindraient-ils leurs exportations d’armes ? Après tout, celles-ci génèrent des taxes, de l’emploi, et fournissent un appât diplomatique assez persuasif…


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