Smart Kremart : Helminger et Forgiarini s’y collent

1386kulturspalte_SmartbooksAvec quatre titres de plus, la collection de livres petit format en luxembourgeois des éditions Kremart s’approche de son ultime numéro, qui sera le vingtième. La dernière livraison propose des auteurs reconnus et des petits nouveaux, avec une qualité littéraire logiquement fluctuante. Luc Belling ouvre le bal avec « An elo mol… op Lloret ! », bref journal d’un élève de dernière année de lycée qui, après son examen final, se lance dans une réflexion existentielle sur sa relation avec sa copine, son amitié sur Facebook avec son père et surtout sur le choix cornélien d’une université et d’un cursus d’études. Quelques pointes d’humour viennent pimenter à peine un texte assez prévisible dans lequel se reconnaîtront certes nombre d’élèves luxembourgeois, mais qui n’apporte pas de point de vue original. Plus amusant sur un thème plutôt proche, l’ouvrage de Karin Goedert, « Maacht mer keen Ouer », donne à découvrir les affres de la vie d’une enseignante dans le fondamental. Avec une écriture vivante et parsemée d’ironie, l’auteure parvient à capter l’attention. Dommage que la belle trouvaille finale, annoncée par le titre, ne soit pas exploitée : difficile de maîtriser la contrainte de longueur… que Tullio Forgiarini contourne habilement en incluant des illustrations dans son opus. À juste titre d’ailleurs, puisque « De Ritter an der Kartonsrüstung » est un agréable conte où deux chevaliers et leurs montures improbables apprennent à se connaître. Le style est plaisant et drôle, et l’ouvrage fera mouche auprès des petits comme des grands enfants. C’est Nico Helminger qui sort du lot pour cette fournée, avec son « Flakka », plongée obscure dans une ville d’Esch « wou et kaum méiglech ass, e Liewen ze féieren, dat een normal kéint nennen ». Le livre est une dystopie poisseuse et prenante, où le crime est le quotidien et la pègre, toute-puissante. Avec sa tour d’église « wéi eng grouss Injektiounsnol », Esch-sur-Alzette se transforme en cité lugubre où tout peut arriver, surtout le pire. Un vrai régal noir.


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