BONNES FEUILLES (3/6): Berlin ne répond pas

Dans cette troisième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso, nous voyons comment les commissions luxembourgeoises s’étaient trompées en voulant troquer collaboration contre souveraineté.

Dernière révérence à la souveraine :
un concert de bienfaisance en
son honneur à la Place d’Armes.

Pour garantir l’avenir du pays et permettre qu’il se réforme en toute indépendance, il importait d’abord à Emile Reuter et Albert Wehrer de faire revenir le Reich sur sa déclaration de guerre. Le 5 juillet 1940, la Commission administrative adressa un mémorandum au gouvernement du Reich, qui rappelait les garanties que ce dernier avait données au Grand-Duché quant au respect de sa neutralité et soulignait les bons rapports qui avaient jusque-là prévalu avec l’administration militaire allemande. mehr lesen / lire plus

HISTORIOGRAPHIE: À retardement

Alors que les témoins – juifs et non juifs – de la Seconde Guerre mondiale commencent à se faire rares, le gouvernement se montre prêt à financer des recherches sur le rôle de l’Etat dans la persécution des juifs.

L’initiative prise par l’historien Serge Hoffmann en automne dernier, pour demander au premier ministre s’il n’était pas grand temps de présenter des excuses à la communauté juive à cause de la collaboration de la Commission administrative en 1940 porte enfin – et après maints détours – ses fruits, puisque le jeune chercheur Vincent Artuso, bien connu par nos lectrices et lecteurs, vient de se faire engager par le gouvernement pour lever le voile sur cet épisode sombre. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (2/6): Adaptation

Dans la deuxième partie des bonnes feuilles extraites de la thèse de doctorat de Vincent Artuso sur l’histoire de la collaboration, nous nous penchons sur comment les responsables luxembourgeois ont voulu tirer les leçons de la victoire allemande.

Une des conséquences les plus directes de l’invasion allemande : les évacuations de la population – ici dans la ville de Luxembourg. Après cette période de remous, les ressentiments de la population se tassaient petit à petit – commence alors « l’époque sombre » de la collaboration qui n’est pas encore assez étudiée.
PHOTO : ©photothèque de la ville de Luxembourg_auteur Batty Fischer

A la fin de la campagne de France, la situation du Grand-Duché de Luxembourg était des plus défavorable. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (1/6): La naissance d’un contre-gouvernement 

Dans le premier chapitre de son mémoire de thèse, l’historien revient sur la naïveté dangereuse du gouvernement, qui n’avait rien préparé pour le cas de l’invasion. Laissée seule avec les problèmes du pays, la Commission administrative accepta la coopération avec les Allemands.

Avec le début de l’occupation allemande au Luxembourg commença d’abord et surtout une épisode de doutes où rien n’était clair.

A la veille de l’invasion, l’éventualité d’un départ du gouvernement avait à peine été évoquée. Albert Wehrer indique que ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 1940 que Joseph Bech, ministre des Affaires étrangères, lui fit savoir, sans plus de précision, qu’en cas d’invasion, le gouvernement envisagerait de se retirer « à la frontière opposée à celle par laquelle l’invasion se ferait et de quitter éventuellement le pays si l’intégralité du territoire était occupée ». mehr lesen / lire plus