Transkrit 8 : encore de belles découvertes

1363kulturspalte_transkritL’excellent magazine luxembourgeois Transkrit (woxx 1327), consacré au dialogue poétique franco-allemand par la traduction et édité par la Kulturfabrik, vient de paraître pour la huitième fois. Fidèle à sa formule, on y découvre tout d’abord un Luxembourgeois méconnu : Pol Michels a été, en tant que traducteur des auteurs allemands d’avant-garde dans le Paris des années 1920, une figure importante de la diffusion du courant expressionniste. Mais il a aussi publié en Allemagne ou au Luxembourg. Le directeur littéraire de Transkrit, Jean Portante, a été « déterrer » – selon ses propres termes – cette figure de la littérature luxembourgeoise oubliée de nos jours. Le poète breton Paol Keineg, avec son itinéraire mouvementé de chaudronnier à professeur dans les universités américaines, se voit traduire en allemand, tandis que Jan Koneffke bénéficie d’une traduction en français. Si le texte de Keineg s’apparente un peu à un art poétique et ne donne pas la pleine mesure de l’éclectisme de l’œuvre de son auteur, on sent bien chez Koneffke le questionnement permanent de l’identité, entre l’Allemagne (son père a été enrôlé dans l’armée hitlérienne à 17 ans) et la Roumanie où il réside souvent. La revue continue donc son travail de présentation des poètes qui comptent en ébréchant quelque peu le mur linguistique que constitue le Rhin, frontière naturelle entre la France et l’Allemagne. Enfin, la découverte internationale de ce numéro, c’est le Maltais Immanuel Mifsud. Cet auteur majeur dans son pays, qu’on a pu entendre au dernier Festival des migrations, a été traduit en français pour l’occasion par sa compatriote poétesse Nadia Mifsud. Au fil des pages, on découvre un florilège représentatif de la variété des thèmes abordés par le poète. De l’introspection à l’évocation de l’être aimé, en passant par l’ironie mordante et l’actualité brûlante des réfugiés en Méditerranée, l’écriture d’Immanuel Mifsud prend aux tripes, comme dans ce poème bouleversant intitulé « Devant le cadavre de ma mère ». Ajoutons encore quelques coups de cœur, et voilà un numéro de Transkrit fourmillant comme d’habitude de découvertes stimulantes.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !

Flattr this!

Tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.