Un concert Bach à saisir

Ce dimanche 13 mai, entre deux dates à Cologne et à Vienne, les English Baroque Soloists et le Monteverdi Choir feront étape à la Philharmonie. Un concert d’exception pourtant pas encore complet.

(Photos : monteverdi.co.uk)

Sous la direction de John Eliot Gardiner, l’ensemble orchestral britannique et son chœur associé proposeront un programme entièrement consacré à des cantates de Bach. Soigneusement choisies parmi celles composées pour diverses occasions religieuses (le cantor de Leipzig a aussi écrit de nombreuses cantates profanes), elles résonneront dans le grand auditorium de la Philharmonie dans le cadre d‘une longue tournée européenne tant dans des salles de concert que dans des églises. Un peu comme en 2000, où le chef britannique avait mené les mêmes ensembles dans un gigantesque périple passant par l’Europe et les États-Unis, dans 60 lieux différents, interprétant l’intégralité des 198 cantates religieuses de Bach.

Au-delà de l’aspect performatif d’une telle tournée, même si l’échelle est cette année un peu moindre, ce concert au grand-duché offre l’occasion de découvrir ou de redécouvrir des œuvres moins prisées d’un compositeur fort heureusement remis sur le devant de la scène par Felix Mendelssohn. La représentation sera d’ailleurs précédée d’une introduction par Patrice Veit en forme de conférence, intitulée « Felix Mendelssohn-Bartholdy et le retour à la musique vocale de Bach au 19e siècle ». Car les cantates de Bach font la part belle aux cordes vocales, dans toutes les combinaisons qui vont de la voix soliste au chœur complet. Grâce au génie musical de celui dont les chorals font encore office d’école pour apprendre l’harmonie, les voix se font mélodieuses, colériques, abattues ou angéliques. On en viendrait presque à fréquenter les églises pour la beauté de la musique… Savante certes, complexe parfois, mais jamais ostentatoire ni démonstrative, elle donne à entendre toutes les passions humaines, au-delà du message religieux. Rien d’exclusivement réservé aux grenouilles de bénitier, donc.

De plus, les English Baroque Soloists et le Monteverdi Choir, tout comme leur directeur musical (qui a tout de même dirigé le chœur pour la première fois il y a plus de 50 ans !), connaissent évidemment ce répertoire sur le bout des doigts. Le choix de jouer sur des instruments d’époque donne un cachet intéressant au son de l’orchestre, même si, bien entendu, nul ne peut savoir avec certitude comment les œuvres baroques étaient interprétées. Il n’empêche qu’en la matière, les Britanniques comptent parmi les quelques formations d’excellence mondiale depuis bien longtemps. Ils seront accompagnés pour les voix solistes de Mary Bevan (soprano), Reginald Mobley (contreténor) et Matthew Brook (baryton-basse).

En bref, le rendez-vous du 13 mai est pour le moins exceptionnel. Les concerts de la Philharmonie ont rarement lieu le dimanche, et peut-être qu’à cela s’ajoute la période de l’année : en tout cas, à l’heure où ces lignes sont écrites, la salle est loin d’afficher complet. Avis aux amatrices et aux amateurs qui voudraient conclure un long week-end par un concert de prestige. Rappelons aussi, au vu du prix certes élevé des billets, qu’en caisse du soir et dans la limite des places disponibles, la Philharmonie propose un tarif préférentiel de 10 euros pour les moins de 21 ans. Et là, c’est une excellente affaire.


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