
(Photo : www.cineast.lu)
Un coin sauvage sur la côte bulgare, c’est là que Luciana a choisi de passer ses vacances avec son mari, son fils et un couple d’ami·es. Comme le laisse présager l’ironie du titre, ce lieu est loin d’être sûr, et un homme ressurgit dans la vie de Luciana, venant bouleverser l’ensemble des protagonistes. À la beauté des paysages et à la convivialité apparente du séjour répondent le regard vide et les silences tourmentés de la jeune mère. Installée dans une routine et ayant abandonné sa carrière pour se consacrer à sa famille, Luciana semble traverser une profonde crise existentielle. Par de longs plans d’errance ou des cadrages serrés sur les corps nus, la réalisatrice roumaine Cecilia Ștefănescu tente de saisir l’ennui et le désir inassouvi qui couvent chez son personnage. Mais cette approche contemplative peine à faire naître l’émotion, et Luciana, oscillant entre apathie et mépris pour ses compagnon·nes, ne suscite aucune empathie. Cecilia Ștefănescu brosse ainsi un portrait peu flatteur de « la génération de femmes à laquelle elle appartient ». À force de laisser son personnage s’enfermer dans son malaise sans véritablement en éclairer les ressorts, le film finit surtout par laisser une impression de froideur et de vacuité.

