Exposition collective: Histoire(s) de perspective(s)

« micro – Macro » est une collaboration entre l’association Musel Link et la galerie Durden and Ray à Los Angeles. Des travaux de qualité parfois inégale, mais qui réussissent à convaincre néanmoins.

Né d’une rencontre fortuite à la foire d’art contemporain Supermarket ­Stockholm, le projet de l’association mosellane et de la galerie californienne est d’examiner « la condition humaine à travers les spécificités, les similitudes et les contradictions entre micro et Macro », comme l’explique le texte de l’expo – d’ailleurs déjà montrée à Los Angeles au cours du mois d’août.

S’il est un peu regrettable que le mélange des artistes luxembourgeois et américains ne soit pas trop poussé dans l’espace de l’exposition, cela n’enlève pas à celle-ci une certaine homogénéité. Côté luxembourgeois, ce sont les travaux de Katarzyna Kot-Bach qui impressionnent le plus au premier regard. De tailles petites et moyennes, les sculptures détonnent par leur proximité avec la nature, comme « Évolution », où des feuilles de bois fin sont enfermées dans un bloc de résine transparent. Les photographies grande taille de Neckel Scholtus, faites à la camera obscura, pénètrent aussi dans une intimité forestière tout à fait particulière. Plus humoristiques, les travaux de Nicolas Tourte : à grands coups de Photoshop, l’artiste a monté un petit bonhomme nu dans des photos macro – celle où une carte-mémoire écrase l’homme marque particulièrement l’esprit.

La pièce maîtresse est tout de même la seule vraie collaboration ­mosello-californienne : « Father John Misty ‘Mr Tillmann’ », du réalisateur luxembourgeois Jeff Desom (qui vient effectivement de la Moselle) et de Carlos López Estrada, réalisateur américain d’origine mexicaine, qui s’est fait connaître pour le film « ­Blindspotting », présenté à ­Deauville et au Sundance Festival tout de même. Le petit film d’à peine cinq minutes est une de ces boucles spatio-­temporelles dans lesquelles Desom s’est spécialisé. Un homme entre dans un hôtel et remarque une maquette du même hôtel avec une figurine de lui sur le toit, sur le point de basculer dans le vide ; en sortant, il se rencontre lui-même crashé sur le toit d’un taxi… Par un jeu de maquettes et de hors-champ captivant, le court métrage se révèle un petit joyau qu’il n’est pas interdit de regarder plusieurs fois pour s’attacher aux détails.

Du côté de la Californie, on remarquera surtout les travaux de Carlos Beltran Arechiga et ses « Cabeza Series », des miniatures aussi charmantes que dérangeantes. Côté humour toujours, car ce dernier se cache souvent dans les contrastes, on trouve « GOCA », d’Ed Lopez, une salle d’exposition portable dans un coffre de voyage.

Un peu hors contexte, mais toujours beaux à voir, les « Ghosts » et « ­Glimmer » de la peintre Alison Woods, qui réexplore les codes de l’abstraction à sa façon. Restent encore les miniatures de Gay ­Summer Rick, qui s’amuse à refaire des classiques de l’impressionnisme sur des formats de très, très petite taille qui retiennent l’attention. Sinon, ce versant de l’exposition démontre surtout que le grand-duché n’a pas grand-chose à envier à l’Amérique : certaines œuvres sont tout simplement banales, au point qu’elles provoquent des impressions de déjà-vu dans des expos de province.

En somme, une exposition aussi petite que rafraîchissante qui vaut le détour par le Grund.

Jusqu’au 29 septembre à Neimënster.

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