Réfugiés : Politique du spectacle

von | 06.04.2017

La réunion d’information sur l’accueil d’une centaine de réfugiés dans l’ancienne « Ediff » entre Lallange et Mondercange a montré les limites du dialogue mis en scène entre gouvernement et citoyens.

Ils en avaient gros sur la patate, les socialistes eschois, lundi dernier. Et on les comprend : alors que pour la structure d’accueil planifiée sur le quai Neudorf – qui devrait ouvrir ses portes l’année prochaine -, ils s’étaient empressés d’installer la confiance et de désarmer les conflits potentiels par le dialogue, le gouvernement les a pris de court en leur mettant une nouvelle structure improvisée sous le nez. Pas étonnant dès lors que la bourgmestre Vera Spautz ne se soit pas installée sur le podium ce soir-là, préférant introduire la soirée depuis le public. La raison n’en est pas seulement la décision unilatérale des ministères concernés, mais aussi parce que techniquement, le nouveau centre d’accueil se situe sur le terrain de la commune de Mondercange. Bien que présente, Christine Schweich, la bourgmestre socialiste de la ville voisine, ne s’est pas non plus mise en avant – laissant la scène aux ministres Corinne Cahen et Dan Kersch, ainsi qu’aux responsables de l’Olai, de la police et de la Caritas.

Failles dans la communication

Que s’est-il passé ? Le plan n’avait été indiqué par le ministre de l’Intérieur qu’en marge de la dernière réunion publique concernant le quai Neudorf, et les habitants de Lallange, qui sont géographiquement plus proches du nouveau centre, ont été mis devant le fait accompli : une centaine de réfugiés ont été installés dans l’ancienne « Ediff » – situé dans un cul-de-sac depuis que la route entre Esch et Mondercange a été coupée par le glissement de terrain de la décharge en 2014.

Depuis l’incident, les travaux de réfection de cette route traînent et le ras-le-bol des habitants du quartier, qui n’est pas le plus huppé de la métropole du fer, n’a fait que monter. Ajoutez-y le fait qu’il s’agit essentiellement de réfugiés masculins et célibataires, et vous laissez libre cours aux rumeurs les plus folles. Les passages quasi quotidiens de la police avec gyrophares et sirènes vers le centre d’accueil n’arrangent rien.

Bref, si le gouvernement voulait semer la panique et la méfiance entre les riverains et les nouveaux venus, c’était exactement le plan à suivre. Certes, la présence d’individus ouvertement racistes au hall sportif de Lallange lundi dernier est indéniable – mais s’ils se sont fait entendre plus ouvertement, c’était aussi parce qu’ils se sentaient forts. Et la raison de cette attitude était la mauvaise dynamique enclenchée par la non-information des habitants du quartier. Ce qui provoque très vite un conflit imaginé entre « eux là-haut » et « nous en bas ». De ce point de vue, admettre d’emblée des failles dans la communication des deux ministres semblait la bonne stratégie pour désamorcer un tant soit peu la tension qui électrisait la salle.

Car remporter avec succès une telle réunion est un exercice d’équilibriste – et cet équilibre a bien failli se rompre lundi dernier. De ce point de vue, il était intéressant de voir qu’une des interventions qui a rectifié un peu le tir ne provenait pas des invités – probablement imposés par le ministère – comme la présidente de la Caritas ou l’ancienne ministre Marie-Josée Jacobs, mais d’un citoyen qui proposait la création d’un comité de suivi pour entrer enfin en dialogue avec les nouveaux venus du quartier.

Car peu importe si la promesse de Dan Kersch de démanteler la structure – et d’y installer l’école de police – quand celle du quai Neudorf ouvrira ses portes sera tenue ou non. Ce n’est que par le dialogue et le respect qu’une intégration des demandeurs de protection internationale pourra réussir. Un respect qui vaut pour tous les concernés. Et une leçon à retenir.

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