Rosselyn
(jitz) – Le pianiste anglais John Taylor cultive l’art de l’équilibre musical instable. Son dernier CD, produit par le label ECM, ne comporte que de la musique aux pulsations lentes et à la dynamique plutôt douce. Mais cette sérénité apparente est bien trompeuse: les mélodies sont à peine saisissables, les phrases se développent sans début ni fin apparentes, et les tensions harmoniques ne trouvent que rarement la résolution que l’on attend en toute logique. Le contrebassiste Marc Johnson, avec ses contrepoints inhabituels, et le batteur Joey Barron, qui fait résonner ses cymbales et peaux sans coups secs, soutiennent à merveille cette philosophie musicale de l’alerte tranquille. Ni brume, ni soleil, mi-déroutante, mi-rassurante, la musique de ce CD, sorti au printemps, accompagnera à merveille les mélancolies générées par les prochaines grisailles automnales.
John Taylor. „Rosselyn“, ECM 1751

