EXPOSITION COLLECTIVE: Mélange post

La nouvelle exposition collective de la galerie Zidoun-Bossuyt montre un mélange d’artistes éclectique, dont on ne voit pas trop ce qui pourrait les rassembler.

L’art de Robin Rhode se situe entre performance et autoportrait.

Un homme, un appareil photo, des serpillières et un peu d’effort sportif – et hop, on a une oeuvre d’art. Si le travail de Robin Rhode, qu’on aperçoit dès le premier pas franchi dans la petite galerie, ne parle pas du premier coup au spectateur, il lui reste un certain degré de comique. La série de photos montre comment l’homme tourne sur lui-même à même le sol et commence ainsi à dessiner un motif géométrique par terre, à l’aide de ses serpillières. A la fin, il est devenu une sorte de compas à taille humaine, ayant laissé derrière lui plusieurs bribes de cercles. Le contexte de Rhode en dit peut-être plus sur cette oeuvre : né en 1978 en Afrique du Sud, au Cap, il thématise surtout la vie urbaine, les plaies de l’apartheid qui sont encore restées ouvertes et préfère, pour illustrer ses propos, se servir de bases à deux dimensions, dans ses oeuvres comme dans ses performances.

Plus parlante est peut-être l’oeuvre de Rashid Johnson, un artiste afro-américain qui officie sous le label « Post Black Art ». Sa photographie recopiée par trois fois qui montre un jeune Noir sur le point de se prendre le bâton d’un policier blanc à la figure surdessinée avec des marques de chocolat est emblématique de cette nouvelle tendance qui veut sortir l’art afro-américain de l’ornière revendicative et raciale, tout en conservant un regard empreint des anciennes luttes. Une phrase de l’artiste, que l’on peut retrouver sur son site, résume assez bien cette approche un peu bipolaire : « J’étais très fier que Barack (Obama) soit élu. Mais je n’étais pas fier des gens noirs, mais plutôt des gens blancs. »

Dans un tout autre genre, il y a l’oeuvre de l’Allemand Gregor Hildebrandt. Ce qu’on pourrait assez vite classer sous le label « encore un monochrome en noir » est en fait une réflexion philosophique qui parle par la matière utilisée. Intitulée « Die Rückseite des Spiegels » – ou l’envers du miroir – la matière noire n’est rien d’autre que de la bande de cassette VHS. La réflexion dans laquelle nous entraîne Hildebrandt est d’abord existentielle, puisque l’envers du miroir dans ce cas renvoie aussi au monde du cinéma et des rêves autant qu’à celui des films personnels et donc vers le narcissisme. Et puis, il reste encore le paradoxe entre le mouvement enregistré de la cassette et l’instantané, à jamais fuyant, devant le miroir. Même si l’oeuvre en soi n’est pas du tout esthétique, elle perce tout de même par sa sensibilité.

En ce sens, elle dépasse les autres artistes Ryan Sullivan, Kelley Walker et David Deroo, dont les oeuvres ont certes leur place dans l’exposition, mais qui ne réussissent pas vraiment à capturer le regard autant que les trois premiers cités.

A la galerie Zidoun-Bossuyt, jusqu’au 11 janvier.


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