La galerie Toxic invoque les mauvais et les bons esprits dans son exposition « Heaven and Hell » – où une panoplie d’artistes internationaux et locaux déclinent de grand thèmes métaphysiques.
On ne peut que sourire au premier coup d’oeil sur « Heaven and Hell », l’exposition actuelle de la galerie Toxic, dans la rue de l’Eau. Un agréable mélange d’artistes frôlant le blasphème pour certains, la folie fanatique pour d’autres, y est exposé jusqu’au 25 février. L’exposition permet au visiteur de se faire sa propre image de la dichotomie religieuse de l’après-vie à travers une multitude d’artistes.
Les premières oeuvres qui tapent dans l’oeil sont deux immenses toiles qui représentent le ciel et l’enfer selon l’Américain William Thompson – qui prétend peindre après avoir eu des visions révélatrices. Des couleurs explosives et des vers bibliques inscrits un peu partout évoquent les créations d’un religieux ayant sombré dans la folie. Seulement quelques mètres plus loin, Stu Mead, un autre artiste américain, dépeint l’enfer d’une façon plus différenciée. Il utilise pour cela son style « dirty joke painting », qui mélange humour et critique religieuse. Comme le nom l’indique, un certain érotisme est au rendez-vous. Son oeuvre « Road to Hell » montre ainsi une femme quasi nue passant par la porte de l’enfer en jetant un regard séduisant au contemplateur, tandis que deux hommes la scrutent de haut en bas depuis l’arrière d’un arbre.
Murielle Belin, une artiste française, est représentée avec une série de tableaux d’une complexité fabuleuse. Son travail avec des banderoles dignes des plus grands artisans du Moyen Age entoure des peintures d’une obscurité et d’un gore à nul autre pareil. L’artiste essaie de mettre en valeur le cadre, lui donnant ainsi une importance égale à la peinture qu’il entoure. Huston Ripley, troisième Américain de l’exposition, propose des dessins représentant des personnages ecclésiastiques d’inspiration hindoue. Il utilise des arrangements rappelant les mandalas, formes géométriques religieuses de l’hindouisme et du bouddhisme.
Jean-Luc Koenig, seul Luxembourgeois de l’exposition, y présente une série d’oeuvres nommée « Anna ». Celles-ci racontent l’histoire d’une bonne soeur luxembourgeoise du 19e siècle ayant prétendu converser avec Dieu et se battre contre l’emprise du diable. L’artiste utilise ainsi des représentations de la religieuse entourée de démons ou du Christ. Jean-Luc Koenig a notamment fait parler de lui à travers l’utilisation de la « camera obscura », une technique photographique demandant un temps d’exposition allant de plusieurs minutes jusqu’à une demi-heure.
Il y a toutefois un artiste qui sort du lot : Atsuchi Tani. Il s’agit d’un photographe japonais qui rentre peut-être un peu moins dans le thème de l’exposition, mais qui y figure avec des photographies tout simplement fascinantes. Elles rappellent un peu le milieu de la prostitution, avec des photos très sombres de femmes représentées de façon sensuelle sous des formes démoniaques.
« Heaven and Hell » en propose donc pour tous les goûts. Quel que soit l’intérêt du visiteur pour la religion, l’exposition, qui rassemble une multitude de styles et d’artistes internationaux à travers des travaux radicalement différents, vaut le détour.
A la galerie Toxic, jusqu’au 25 février.