PUNK: Révolution professionnelle

von | 02.06.2006

Depuis une bonne vingtaine d’annĂ©es le Luxembourg dispose d’une minuscule scène punk. Cette scène qui fĂ»t d’abord très engagĂ©e politiquement, est en train de connaĂ®tre la relève d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration.

Le public lors d’un concert organisĂ© par Ashcan Records. Le mouvement punk est devenu plus populaire, mais aussi moins radical. (photo: Ashcan Records)

Pour commencer, un peu d’histoire. C’est vers le dĂ©but, milieu des annĂ©es 80 que naĂ®t la scène punk luxembourgeoise – avec ce petit retard habituel que le pays semble accuser dans toutes les mouvances culturelles. CommunĂ©ment, tout le monde tombe d’accord pour dire que le berceau de ce mouvement fĂ»t la Kulturfabrik Ă  Esch-Alzette – alors un ancien abattoir squattĂ© – le terrain d’expĂ©rimentation pour des groupes comme les Rotzbouwen, Toxkäpp, Subway Arts, Wounded Knee et autres.

Justement: pourquoi une nostalgie de la scène punk? Elle existe toujours bel et bien, en regardant un peu les affiches ou en lisant les agendas, on doit se rendre Ă  l’Ă©vidence que les concerts de punk fusent mĂŞme un peu partout dans le pays. Et cela non seulement depuis que la Kufa programme aussi des soirĂ©es salsa. Peut-ĂŞtre parce que ce n’est plus la mĂŞme chose. Les premiers groupes de la mouvance punk et hardcore luxembourgeoise se dĂ©finissaient avant tout par leur engagement politique radical. Toujours activement opposĂ©s au système, au capitalisme en gĂ©nĂ©ral et presque entièrement vĂ©gĂ©talienne, cette petite communautĂ© a dĂ» se battre pour conquĂ©rir sa place dans une sociĂ©tĂ© qui Ă  l’Ă©poque ne connaissait les allures des punk rockers que des magazines Ă©trangers.

Et c’est peut-ĂŞtre aussi une approche possible des changements qui se sont produits depuis. Qui choquer quand mĂŞme le troisième âge ne recule plus devant une crĂŞte iroquoise? Cette absence d'“ennemis“ concrets a eu ses consĂ©quences inĂ©vitables sur la façon dont la scène se conçoit elle-mĂŞme.

Aussi simple qu’efficace

Paul Matzet n’a pas tout Ă  fait l’air d’un activiste punk. Avec son sweat shirt Ă  capuche et son visage très jeune, il a plutĂ´t l’air d’un jeune bachelier un peu larguĂ©. S’il est vrai qu’il est sur le point de passer son bac, il est aussi Ă  l’origine du dernier-nĂ© des labels punk du Luxembourg: Ashcan Records. Il y a un an et demi, lui et un pote ont fondĂ© cette structure qui Ă©dite des CD et organise des concerts. Dans l’organisation interne, Paul est en charge de l’Ă©dition des albums et compilations. D’ailleurs, ils viennent de sortir une intitulĂ©e „Music for the Living“, qui regroupe des groupes luxembourgeois, comme The Disliked – qui sont très proches du label – mais aussi des groupes d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Si on lui demande pourquoi il leur a fallu monter un label, vu que depuis quelques annĂ©es des structures existent, comme le label Winged Skull par exemple, il argumente qu’ils avaient voulu faire quelque chose dans le pur genre punk et ska. Et que les autres labels luxembourgeois, mĂŞme s’ils ont aussi des groupes punk dans leurs Ă©tables, sont plutĂ´t intĂ©ressĂ©s Ă  la diversitĂ© maximale qu’Ă  la promotion d’un seul style de musique.

Ce qui promet d’un cĂ´tĂ© une programmation constante, mais exclue aussi les surprises. Car en Ă©coutant leur dernière compilation, on constate assez vite qu’il est difficile de faire la diffĂ©rence entre les groupes. La production est très professionnelle, donc homogène, mais on peut dĂ©cĂ©ler en mĂŞme temps un manque d’invention de cette musique, qui tarde ou qui mĂŞme refuse Ă  se renouveler. „Mais c’est ça l’essence du punk,“ explique Paul Matzet, „une musique aussi simple qu’efficace, que tout le monde peut jouer, et dont tout le monde peut se rĂ©jouir.“

Il n’y a plus de Sex Pistols

Alors, les punks du 21e siècle, une lĂ©gion collective de lutte contre la sociĂ©tĂ©? Pas tout Ă  fait, car derrière cette homogĂ©nĂ©isation se cache aussi autre chose. Etant donnĂ© que les grandes luttes pour l’accceptance sociĂ©tale ne relèvent plus que de poses plus ou moins pĂ©nibles, le punk de la post-moderne joue le jeu, et veut lui aussi sa part du gâteau. On parle d’expansion. „Jusqu’ici, les concerts que nous avons organisĂ©s se passaient tous dans des petits cafĂ©s et n’Ă©taient que moyennement visitĂ©s. Pour le futur, nous envisageons moins de concerts, mais des plus grand,“ argumente-t-il. Par exemple dans la Rockhal, oĂą en janvier ils avaient organisĂ© un festival ska-punk Ă  succès. „En tout cas, nous avons retenu la date pour l’annĂ©e Ă  venir“.

MĂŞme son de cloche concernant les collaborations avec l’Ă©tranger, si l’ancienne scène de la Kufa n’Ă©tait pas tout Ă  fait nombriliste, elle ne s’est pas Ă©tendue de la mĂŞme façon et Ă  la mĂŞme vitesse. Les CD de Ashcan Records sont distribuĂ©s en Allemagne par exemple, via un mail order (Fond of Life) et „leurs“ groupes sont assez frĂ©quemment en tournĂ©e Ă  l’Ă©tranger. On peut donc y voir surtout une professionnalisation de la scène, plutĂ´t tournĂ©e vers une expansion maximale que motivĂ©e par un engagement consĂ©quent et politique. Le responsable d’Ashcan s’explique „Je ne pense quand mĂŞme pas que les groupes d’aujourd’hui soient complètement dĂ©nuĂ©s de sens politique. Il n’y a plus de Sex Pistols bien-sĂ»r, mais un message passe toujours.“ Et d’ajouter que le „Asi-Punk“ classique ne les intĂ©resse guère. D’ailleurs Paul Matzet affirme que jusqu’ici ils n’ont jamais fait de perte financière avec leurs CD’s et leurs concerts, sans toutefois ĂŞtre Ă  la recherche de profits, ce qui serait, mĂŞme de nos jours, trop loin de tout. Mais ils ne rechignent pas Ă  s’afficher avec des sponsors commerciaux, ce qui autrefois aurait Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un acte de haute trahison.

L’engagement concret des dĂ©buts a donc fait place Ă  une attitude plus ou moins diffuse, mais beaucoup plus diffusĂ©e. Dans ce sens, un des buts affichĂ©s des Ashcan – sortir le nord du pays du no man’s land musical – n’Ă©tonne guère.

Loin de vouloir prĂ©tendre que le punk est mort au Luxembourg comme ailleurs, on devra peut-ĂŞtre se faire Ă  l’idĂ©e que de nos jours, alors que la symbolique des gestes rĂ©volutionnaires s’Ă©rode, disperser un maximum des idĂ©es – mĂŞme diffuses – de rĂ©bellion est probablement le moyen le plus efficace pour continuer Ă  rĂ©sister.

www.ashcanrecords.com

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Assises sectorielles du chant choral: Junge Chorsänger*innen gesucht

Die „Assises sectorielles du chant choral“ vom vergangenen Samstag offenbarten, wo den Chören hierzulande der Schuh drĂĽckt. Es mangelt an Sichtbarkeit, pädagogischem Know-how und vor allem an Nachwuchs.   Wie bei Rundtischgesprächen ĂĽblich, boten die „Assises sectorielles du chant choral“ vergangenen Samstag einen Morgen voller leiser...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, Aktivitäten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der Schlüssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene Vorläufer

Allzu schwer fällt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebüßt. Interessanter ist ein Blick auf die Ursprünge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...