Cape Ettelbruck 
: Ratisser large

von | 31.07.2017

Carl Adalsteinsson a pris les rĂȘnes du Cape Ettelbruck en 2014. Depuis, le centre culturel au Nord du Luxembourg a constamment affinĂ© son programme. Rencontre avec un ocĂ©an de calme confrontĂ© Ă  une pĂ©riode pleine de petites et grandes tempĂȘtes.

Un bĂątiment ultra-moderne pour une mission d’équilibriste : le Cape Ettelbruck. (PHOTO : ©Wikimedia)

Il ne se laisse pas, ou difficilement dĂ©stabiliser. Venu parler au woxx de sa nouvelle programmation dans une minuscule arriĂšre-salle d’un bistrot Ă  Kirchberg – pas dans les palais de verre, mais dans cette partie inconnue du grand public oĂč l’on entrevoit par-ci et par-lĂ  que ce quartier fut jadis trĂšs rural – il ne cligne pas des yeux quand on le met devant la « Gretchenfrage » du moment : « Que retenez-vous du bilan intermĂ©diaire des assises culturelles qui viennent de s’achever ? » – « Que dois-je dire ? C’est tellement ambivalent. D’un cĂŽtĂ©, le processus est important : tout ce qui Ă©tait prĂ©-assises, les rencontres avec les diffĂ©rents secteurs et les post-assises. MĂȘme si c’est compliquĂ©, on apprend Ă  mieux se connaĂźtre entre acteurs culturels et aussi Ă  explorer de nouvelles constellations, parfois mĂȘme atypiques. De l’autre cĂŽtĂ© je dois admettre qu’en ce qui concerne le bilan prĂ©sentĂ© rĂ©cemment, il ne s’agit que d’une interprĂ©tation de la part de Jo Kox. Et ce qui m’a extrĂȘmement Ă©tonnĂ©, c’est de voir qu’à partir de maintenant, les choses vont se prĂ©cipiter de plus en plus et que dans un an nous aurons donc un plan de dĂ©veloppement culturel. »

Et de comparer l’élaboration de ce plan Ă  des plans culturels similaires Ă  l’étranger, mais aussi Ă  des plans Ă©laborĂ©s au niveau communal comme rĂ©cemment Ă  Esch, qui ont tous pris au moins sept ans de gestation : « Ce qui me manque le plus, c’est le cĂŽtĂ© scientifique. Si on crĂ©e une chaire universitaire pour le ‘Space Mining’ et les astĂ©roĂŻdes, pourquoi ne pas en faire une pour la culture ? ». Selon Carl Adalsteinsson, cela aiderait aussi Ă  bĂ©tonner le sĂ©rieux des questions culturelles. Il conclut : « Pour moi, on a assez discutĂ© sur ce plan, il est temps qu’on nous montre des chiffres concrets et qu’on nous dise oĂč la barque sera menĂ©e. »

Sceptique sur le plan de dĂ©veloppement culturel, Adalsteinsson l’est beaucoup moins quand il s’agit de dĂ©crire les spĂ©cificitĂ©s de sa maison. Le Cape Ă©tant un des rares centres culturels se situant au-dessus du mĂ©ridien de la capitale, il a aussi quelques missions Ă  accomplir : « Contrairement Ă  d’autres centres culturels du Nord, comme le Cube 521, nous n’avons pas tellement d’ouvertures Ă  l’étranger. Nos avons en principe deux rĂ©gions – hors Ettelbruck – dont nous attirons les habitants. D’un cĂŽtĂ© la vallĂ©e de l’Alzette, jusqu’à Mersch plus ou moins, et puis aussi vers le Nord, direction Redange – surtout depuis la fermeture de ‘L’Inouï’, ce qui a provoquĂ© un appel d’air dont nous pouvons profiter. »

Fragile Ă©quilibre entre satisfaction et Ă©ducation ‹du public.

Pour le directeur du Cape, le but essentiel de sa programmation est de donner des envies de culture Ă  ses publics, une sorte de « service de proximitĂ© culturel » comme il le dĂ©crit. Ainsi, s’il compare le Cape au Kinneksbond de Mamer, Carl Adalsteinsson constate tout de mĂȘme quelques diffĂ©rences capitales : « À Mamer, la programmation a une vĂ©locitĂ© plus appuyĂ©e. De par sa proximitĂ© avec la capitale – on peut y aller en bus – le Kinneksbond atteint un public qui est plus poussĂ© par un besoin, une faim de culture. Au Cape, je ne dirais pas que les gens n’ont pas faim de culture, mais c’est un appĂ©tit tout Ă  fait diffĂ©rent. Par exemple la culture populaire fonctionne trĂšs bien – sans pour autant ne mettre en avant que du théùtre rural. Mais les ‘institutions’ luxembourgeoises, comme la Revue ou d’autres piĂšces en langue luxembourgeoise marchent trĂšs bien. C’est aussi parce que les rĂ©sidents luxembourgeois habitent Ă  quatre cinquiĂšmes dans des rĂ©gions rurales, donc c’est notre public. »

Pourtant, cela ne veut pas forcĂ©ment dire que le Cape ne verserait que dans le cabaret ou le théùtre populaire : « Notre ambition affichĂ©e est de partager des crĂ©ations en langue luxembourgeoise, ou par des auteurs et artistes luxembourgeois, avec notre public. Comme par exemple ‘Rumpelstilzchen’ dans une co-production avec le Grand Théùtre, réécrit par Ian De Toffoli. C’est un donnant-donnant qui marche plutĂŽt bien », estime-t-il.

Une affaire d’équilibre donc, toujours entre satisfaction et Ă©ducation du public, qui s’étale d’ailleurs aussi sur d’autres pans de la programmation. Comme en ce qui concerne la musique, oĂč cohabitent rĂ©guliĂšrement des formations comme la musique militaire Ă  cĂŽtĂ© de groupes de jazz ou d’électro ayant une touche plus internationale. MĂȘme s’il ne veut pas aller jusqu’à dire que la musique est tout de mĂȘme la discipline sur laquelle le Cape mise le plus – car plus aisĂ©ment transposable et suscitant plutĂŽt un intĂ©rĂȘt spontanĂ© du public – Adalsteinsson n’en est pas moins fier : « La musique sait rassembler les gens plus que d’autres disciplines artistiques. De plus, nous avons trouvĂ© notre niche sur le marchĂ© plutĂŽt saturĂ© du grand-duché ». Si vous ne verrez donc jamais de concert mĂ©tal, punk ou expĂ©rimental au Cape, ce n’est pas parce que le directeur ne les apprĂ©cie pas, mais parce que d’autres maisons sont dĂ©jĂ  sur ce segment. Ce qui fait que le Cape est devenu un lieu pour les aficionados de petits concerts plus classiques, de rĂ©citals et de formations de jazz de tous les horizons.

Cela ramĂšne la discussion vers un des principaux dĂ©fis auquel toutes les institutions culturelles du pays sont confrontĂ©es : ne pas empiĂ©ter sur les plates-bandes de l’autre, au risque de se retrouver avec des salles vides. Ainsi, le Cape essaie de se coordonner au mieux avec le Mierscher Kulturhaus, avec lequel il partage d’ailleurs un abonnement, pour Ă©viter des doubles programmations, voire des Ă©vĂ©nements trop rapprochĂ©s. « On se partage aussi les cabarets », dĂ©taille Adalsteinsson, «  Mais cela ne dĂ©passe que rarement notre rĂ©gion. Par exemple, faire de mĂȘme avec une Kulturfabrik Ă  Esch serait dĂ©nuĂ© de sens. Le public, la programmation et l’emplacement sont tellement diffĂ©rents qu’on imagine mal comment on pourrait entrer en conflit. »

Pour complĂ©ter le tour d’horizon, le Cape propose un petit programme « CA’Pedia » avec un cycle de confĂ©rences du critique d’art et curateur Christian Mosar – un projet d’abord initiĂ© au Mudam. S’y ajoutent les traditionnelles soirĂ©es « Exploration du Monde ».

Et puis, il y a aussi les expositions. Sans elles, le Centre des arts pluriels d’Ettelbruck ne remplirait pas totalement sa mission. Ici, tout est question d’équilibre : entre vieux et jeunes, entre collectif et monographie. Ainsi, ce sera Ă  Max Mertens d’ouvrir le bal fin septembre avec son « Edifice of Thought » oĂč il expose des installations-sculptures participatives. Ensuite, ce sera au tour de Pit Wagner de montrer des travaux qui dĂ©passent son mĂ©tier habituel d’illustrateur avec « Die wahre Wirklichkeit und andere Geschichten ». Finalement, le Cape accueillera la deuxiĂšme Ă©dition des « SinCityPics Nordstad » – une exposition aussi collective que participative.

Le pessimisme culturel ambiant peut aussi ĂȘtre dĂ©jouĂ© avec une bonne dose de pragmatisme et d’action, et le Cape Ettelbruck le dĂ©montre.

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, AktivitĂ€ten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der LĂ«tzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der SchlĂŒssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene VorlĂ€ufer

Allzu schwer fĂ€llt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebĂŒĂŸt. Interessanter ist ein Blick auf die UrsprĂŒnge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...