Claire Saim, originaire de Thionville, voue une véritable passion à Jane Austen. Aux côtés de Gwen Giret, une autre fervente admiratrice de la romancière, elle a coécrit une superbe Encyclopédie visuelle qui foisonne de détails sur l’univers de cette autrice so British et explore sa vie, sa famille, ses lieux de vie, son œuvre ainsi que les innombrables adaptations de ses romans. À l’occasion du 250ᵉ anniversaire de la naissance de celle que l’on considère, tant sur le plan académique que sur le plan émotionnel, comme l’une des plus grandes figures de la littérature anglaise, Claire Saim partage avec le woxx quelques anecdotes sur cette écrivaine intemporelle.

Claire Saim, fervente janeite ! (© Djihane Chérif)
woxx : D’où vient votre amour pour Jane Austen ? Quel est le premier livre que vous avez lu d’elle ?
Claire Saim : J’ai eu la chance de grandir avec une tante anglaise, Christine, dont je suis très proche et qui m’a ouvert à la culture anglaise. Je me rappelle avoir adoré toute mon adolescence les sœurs Brontë et avoir été exaltée comme on peut l’être à cet âge-là par « Jane Eyre » ou « Les Hauts de Hurlevent ». Sa mère, ma grand-tante Helen, qui vivait au Royaume-Uni, m’a alors conseillé de me tourner vers Jane Austen et m’a offert « Mansfield Park », peu après le bac – livre que j’ai toujours en ma possession et qui est un véritable trésor pour moi. Mais le premier roman que j’ai vraiment lu, c’est « Raison et Sentiments », après avoir vu le film d’Ang Lee, avec Emma Thompson.
Comment, avec Gwen Giret, avez-vous été amenées à écrire une encyclopédie consacrée à Jane Austen ?
Nous vivotions toutes les deux sur les réseaux sociaux. En 2012, j’ai créé la page Facebook « Jane Austen lost in France » pour partager tous les événements liés à Jane Austen. Gwen alimentait pour sa part la page « Jane Austen and her world », ainsi qu’un blog du même nom. En 2022, après avoir été contactée par Hachette pour réaliser une encyclopédie visuelle sur Jane Austen, Gwen m’a proposé de la rejoindre dans cette aventure. Je me suis dit : « Si je refuse, je vais le regretter toute ma vie ! », alors j’ai accepté. On avait carte blanche pour montrer que Jane Austen est une icône du 21e siècle et produire un ouvrage qui s’adresse tant aux personnes qui aiment Jane Austen qu’aux néophytes. Je me suis servie de carnets de route que j’avais déjà réalisés à titre personnel, nous nous sommes rendues en Angleterre pour enquêter et avons échangé avec l’un de ses descendants ainsi qu’avec des spécialistes de Jane Austen. Nous nous sommes aussi servies des nombreuses ressources en ligne disponibles, et j’ai personnellement beaucoup travaillé à la Bibliothèque nationale de France, qui a un fonds très important sur Jane Austen, avec des premières éditions, des biographies, des critiques, des thèses…
Sans oublier un important travail de relecture…
Bien sûr ! Nous tenions par exemple à réaliser un carnet de personnages. Or, Jane Austen décrit très peu ses personnages, elle procède surtout par allusions. Il a fallu consigner tous les détails disséminés ici et là pour pouvoir en rédiger des portraits. Nous tenions également à explorer ce qui est souvent mis de côté : sa correspondance, ses romans inachevés – « Les Watson » et « Sanditon » –, ou encore ses œuvres de jeunesse, comme les « Juvelinia » – de petits récits parodiques inspirés de ses lectures. Il y a tellement à dire qu’on aurait pu produire un tome 2.
En dépit de toutes ces sources, Jane Austen semble garder une part de mystère, d’autant qu’une grande partie de sa correspondance a été brûlée.
Il ne faut pas oublier qu’elle a vécu il y a plus de deux siècles : c’est normal qu’il soit difficile d’être en possession de tous les éléments. Concernant sa correspondance, on a toujours dit que ses lettres avaient été brûlées parce qu’elles contenaient des secrets. Il y a du vrai : elle y évoquait à n’en pas douter des personnes encore vivantes, et, avec l’esprit piquant qu’on lui connaît, elle aurait pu les blesser. En outre, Cassandra Austen a peut-être voulu préserver sa sœur pour la postérité. Du vivant de Cassandra, la correspondance de l’écrivaine Maria Edgeworth avait en effet été publiée, et certains éléments alors dévoilés avaient eu une réception défavorable dans les journaux. Sans doute Cassandra a-t-elle voulu éviter cela à Jane. Toutefois, on brûlait souvent les lettres à cette époque, ce n’était pas non plus anormal. On peut cependant combler beaucoup de blancs par des biais détournés. Par la lecture de ses romans déjà : on sait que Jane Austen n’écrivait que sur ce qu’elle connaissait. Alors, quand elle décrit la petite ville de Meryton, dans « Orgueil et Préjugés », on peut imaginer qu’elle ressemble à Steventon, le village où elle est née. Le cottage des sœurs Dashwood, dans « Raison et Sentiments », correspond au cottage de Chawton, où elle vit à partir de 1809. On peut également avoir une idée de son quotidien ainsi que de la société qu’elle fréquentait. Son père était pasteur par exemple, elle fréquentait donc ce genre de personnes, d’où la présence de pasteurs assez cocasses dans ses romans. On apprend aussi d’autres éléments grâce à des documents administratifs. Par exemple, Jane Austen a un frère handicapé, George, dont on sait peu de choses et qui a été placé. Mais on sait que ses frères ont toujours fait en sorte de payer les frais de George, qui a vécu jusqu’à environ 70 ans. La biographie réalisée par son neveu James Edward Austen-Leigh est certes édulcorée, mais celui-ci a tout de même recueilli des témoignages de ses proches. On peut aussi se demander pourquoi cette biographie est aussi aseptisée. Or on voit dans ses romans, ainsi que dans certaines lettres, toute l’ironie, parfois cruelle, dont elle était capable. Dans une de ses lettres par exemple, elle se moque d’une femme qui a fait une fausse couche suite à une frayeur. Jane Austen écrit : « Je suppose qu’elle a regardé son mari sans s’en rendre compte » ! On devine un tempérament fort, quelqu’un qui ne s’en laisse pas conter. Je suppose qu’il fallait de toute façon un certain caractère pour réussir à s’imposer en tant que femme et rester célibataire malgré le spectre de la pauvreté.
Comment a-t-elle pu accéder à une telle liberté ?
Il faut garder en tête que ses parents ont fait un mariage d’amour. William George Austen était orphelin et a été recueilli par un oncle, qui a fait en sorte qu’il puisse faire des études à Oxford – ce qui n’est pas anodin. C’est là qu’il rencontre sa future épouse, elle aussi prénommée Cassandra, qui descend d’un milieu aristocratique et est la nièce d’un des directeurs d’Oxford. Le mariage n’a pas pu être encouragé à l’époque au vu de leurs milieux respectifs, mais c’est un mariage harmonieux duquel vont naître huit enfants. Au travers d’un certain nombre de lettres, on peut déduire que Cassandra Austen était probablement haut potentiel. C’est une famille qui écrit, s’instruit et s’aime. Son père a donné à Jane une sorte de blanc-seing, ce qui lui a probablement ouvert des portes et enlevé toute culpabilité. Elle a pu décider pour elle-même, c’est rare pour cette époque.
Pourquoi a-t-elle choisi de rester célibataire, elle qui a écrit des histoires d’amour qui ont marqué d’innombrables lecteur·rices ?
Elle a eu un flirt avec Tom Lefroy, à l’âge de 20 ans. Elle l’évoque avec beaucoup d’humour dans sa correspondance et passe très vite là-dessus. Ils étaient jeunes, mais la famille de Tom, composée de 12 enfants dont il était l’aîné, comptait sur lui pour subvenir aux besoins et souhaitait donc qu’il épouse une femme issue d’un milieu aisé. Or Jane Austen n’avait pas de dot. À 27 ans, elle accepte d’épouser le frère d’amies à elle, Harris Bigg-Weather, de six ans son cadet, mais se rétracte dès le lendemain. On ignore pourquoi : on sait juste qu’elle et sa sœur ont passé la nuit à discuter. Se marier sans amour semble impossible pour Jane Austen. Le choix du célibat ne l’a en tout cas pas rendue malheureuse, elle a su trouver en l’écriture de quoi combler son existence. Elle n’a pas forcément gagné beaucoup d’argent de son vivant, mais elle a été fière des sommes reçues, comme en témoignent ses lettres. Elle est parvenue à avoir de quoi payer ses propres obsèques, ce qu’elle tenait absolument à faire, ainsi qu’à léguer une somme d’argent, entre autres, à la préceptrice des enfants de son frère Edward, preuve de sa générosité.
Dans ses romans, Jane Austen montre bien les difficultés rencontrées par les femmes de son époque et l’injustice financière dont elles étaient parfois victimes. Peut-on la qualifier de féministe ?
Ce n’était pas le but de ses œuvres, mais elle met un soin particulier à décrire les situations ubuesques dans lesquelles sont mises les femmes, comme les sœurs Dashwood dans « Raison et Sentiments », qui se retrouvent sans rien tandis que le frère hérite de tout. Ou les filles Bennett, dans « Orgueil et Préjugés », que la mère essaie à tout prix de marier, car à la mort du père ce sera un lointain cousin, le pasteur Collins, qui sera héritier. Ce sont des situations que Jane Austen a constatées autour d’elle, alors que les testaments auraient pu être modifiés. En tant que fille de pasteur, dans une famille estampillée Tories (conservatrice, ndlr), il lui était impossible de prendre des positions radicales. Mais elle dépeint des situations que le lecteur va peut-être percevoir comme étant anormales. Elle dit les choses à sa manière, son œuvre est un long fleuve tranquille, sans bourrasques. Il est vrai qu’on décortique cet aspect féministe en 2025, en miroir avec notre époque. Il faudrait se pencher sur la critique de Jane Austen en fonction des différentes époques. Sachant que les critiques n’étaient quasiment que des hommes jusqu’à l’entre-deux-guerres. Une exception notable : Léonie Villard fut la première en France à soutenir une thèse consacrée à Jane Austen, en 1915 – mais elle a été invisibilisée durant des années.
Jane Austen est décédée prématurément, à 41 ans. Le mystère entourant sa maladie est-il résolu ?
Il y a aujourd’hui consensus pour dire qu’elle était atteinte d’un cancer, du sang selon le dernier article sur le sujet. Elle a souffert d’une maladie dégénérative, qui a eu beaucoup d’effets secondaires, bien qu’elle ne s’en soit jamais plainte : otites violentes, zonas, démangeaisons, douleurs inexpliquées. Mais elle continuait d’écrire, bien qu’il soit difficile de manier la plume : le papier crisse, les doigts s’engourdissent, on a les mains sales. Cela demande un effort physique d’écrire à cette époque. Il faut aussi éviter de se tromper, le papier et l’encre coûtaient cher. Un effort de concentration au préalable est donc nécessaire. Une fois prête, Jane Austen déverse. Avec une écriture penchée, très serrée, comme économisée. On sent toute la réflexion derrière. Lorsqu’elle se trompait, elle faisait des découpages et épinglait les morceaux de papier sur lesquels elle réécrivait, sans doute inspirée par la couture, qu’elle appréciait. C’est l’équivalent de notre copier-coller actuel ! Sa sœur relisait attentivement ses écrits, car Jane Austen faisait beaucoup de fautes d’orthographe. Certains pensent qu’elle était dyslexique, notamment parce qu’elle fait cette faute récurrente d’inverser l’« e » et l’« i ». Faute d’ailleurs conservée sur les éditions anglaises de « Love and Freindship » (« Amour et Amitié », ndlr).
Quelles ont été ses influences littéraires ?
Jane Austen était une grande lectrice. La bibliothèque de son père contenait environ 500 ouvrages. Nous n’en avons pas la liste exhaustive, mais on sait que Jane Austen admirait beaucoup les femmes qui parvenaient à se faire publier, notamment Maria Edgeworth et Frances Burney. Celles-ci ont eu un grand succès de leur vivant, et leurs œuvres sont toujours présentes dans les librairies londoniennes, mais on ne les connaît pas dans les pays francophones.
Comment expliquer le succès de Jane Austen depuis 250 ans ?
Il y a eu des creux. Son succès va de pair avec ce qu’en font les éditeurs. Jane Austen a eu du mal à se faire éditer, et a d’abord publié sous le terme générique « By a lady », ce qui était assez courant à l’époque. Il y avait en effet un côté un peu honteux à publier un roman, d’autant plus lorsqu’on était une femme – les sonnets ou les pièces de théâtre étaient dignes. Et puis elle ne voulait pas prendre le risque d’humilier sa famille. Dans les années 1830, des éditeurs ont sorti des éditions à succès avec des illustrations victoriennes, qui ont d’ailleurs contribué à créer un amalgame entre la véritable époque de Jane Austen – la Régence anglaise – et l’époque victorienne, plus tardive. On a pu observer qu’elle a remonté le moral des troupes pendant la Première Guerre mondiale, épisode dont Rudyard Kipling a d’ailleurs tiré une nouvelle, « Les Janeites », en 1924. Car Jane Austen a une valeur patriotique et refuge, vers laquelle on revient quand ça ne va pas. Elle est étudiée très tôt à l’école au Royaume-Uni. Son œuvre est riche, on ne s’ennuie pas en la lisant. Elle transcende les barrières du temps et les frontières. Je n’ai pas trouvé d’équivalent en France. Madame de Staël était une véritable célébrité de son temps, ce qui n’est plus tant le cas aujourd’hui. Il y aurait bien George Sand, la comtesse de Ségur ou Colette, mais cette dernière est plus flamboyante et plus tardive, et ces autrices ne dépassent pas autant les frontières. Jane Austen est plus circonscrite dans ses thématiques, plus sobre, ce qui la rend sans doute plus universelle.
Comment expliquer que son œuvre reste souvent cantonnée à une lecture genrée, en dépit d’une finesse d’écriture et d’une perspicacité reconnues par le monde académique ?
Plusieurs raisons à cela. Lorsqu’on lit Jane Austen dans le texte, en anglais, on perçoit immédiatement la profondeur, l’ironie, la richesse du vocabulaire, tout le travail effectué sur le texte. Les traductions, surtout celles tombées dans le domaine public, ne sont pas toujours fidèles et ne vont pas systématiquement creuser le texte, chercher le mot caché derrière l’allusion. Elles vont se contenter de raconter une belle histoire, et souvent une belle histoire d’amour. On est aussi dépendant de l’image que l’éditeur va vouloir véhiculer et de l’emplacement du livre dans les librairies. Il suffit de regarder la plupart des éditions actuelles, qui ont un côté très « girly » (véhiculant des clichés féminins, ndrl). Chez les Anglo-Saxons, cette image peut aussi être mise en avant, et les romans de Jane Austen rangés aux côtés des « Bridgerton ». Mais ils peuvent aussi être édités chez Oxford et Cambridge, agrémentés de notes colossales, et rangés au rayon universitaire. Ce serait intéressant de faire un colloque européen pour voir comment Jane Austen est traduite dans les autres langues. Sans oublier qu’il y a toujours une forme de réticence quand l’auteur est une femme. Récemment encore, J. K. Rowling n’a pas pu utiliser son prénom pour publier « Harry Potter », car les éditeurs avaient peur que les livres ne se vendent pas.
En quoi les traductions en français de Jane Austen ont-elles pu être particulièrement préjudiciables à son œuvre ?
Il y a effectivement un problème avec les premières éditions. Isabelle de Montolieu, la première à avoir intégralement traduit un roman de Jane Austen, ne parlait pas anglais. Elle a repéré Jane Austen grâce à des amis et a commencé à « traduire » ses textes et à les publier dans une revue genevoise. On ne peut pas lui en vouloir, c’est une femme qui s’est retrouvée à devoir gagner sa vie. Mais elle s’est réapproprié les écrits, en a changé les titres, les noms des personnages, parfois la fin. Or ces traductions sont tombées dans le domaine public. Les éditeurs ont toutefois fini par remettre des éléments des romans de Jane Austen en place, ainsi que les fins originales. Pour les personnes qui ne lisent pas dans le texte, je conseillerais la Pléiade, qui apporte beaucoup d’informations, ou alors une édition avec des notes et une bonne introduction. Car, par exemple, Jane Austen écrit en pleine guerre napoléonienne et le sous-texte en est chargé, avec la peur de l’invasion. On l’oublie, parce qu’elle n’en parle pas explicitement. C’est par exemple pour cela qu’il y a des soldats en garnison à Meryton, dans « Orgueil et Préjugés ». Josette Chicheportiche est une bonne traductrice de l’œuvre de Jane Austen.
« Jane Austen – l’Encyclopédie visuelle » de Claire Saim et Gwen Giret, Hachette Heroes, 312 pages. Disponible en français, anglais et espagnol. Les réseaux de Claire Saim : « Jane Austen lost in France » sur Facebook et « jane_austen_france » sur Instagram.
Janeites et Jane Austen Societies
Le terme « janeite » désigne un·e admirateur·rice de l’œuvre de Jane Austen. Il a été inventé par le critique et historien littéraire George Sainstbury en 1894, dans son introduction à une nouvelle édition de « Pride and Prejudice » (« Orgueil et Préjugés »). Les janeites se réunissent autour d’activités pour célébrer leur autrice préférée : lectures, pièces de théâtre et cinéma, événements costumés, visites des lieux liés à Jane Austen… Souvent, ils et elles participent à des clubs et des sociétés austeniennes pour échanger, débattre ou assister à des conférences. Une Société Jane Austen vient d’ailleurs de voir le jour en France, la première pour le versant francophone. Elle est coprésidée par Marie-Laure Massei-Chamayou, maîtresse de conférences en anglais à la Sorbonne et spécialiste de l’œuvre de Jane Austen, et par Claire Saim. La Société Jane Austen est ouverte à tout le monde, francophone ou pas, et aura surtout pour vocation (sans que ce soit exclusif) de promouvoir l’œuvre de Jane Austen en langue française, ainsi que d’organiser des événements autour de Jane Austen dans la francophonie. Un site internet devrait prochainement voir le jour.
La Jane Austen mania

Portrait de Jane Austen, d’après une esquisse au crayon réalisée par sa sœur Cassandra vers 1810.
Jane Austen voit le jour le 16 décembre 1775 dans un petit village reculé du Hampshire, dans le sud de l’Angleterre, au sein d’une famille respectable et unie de huit enfants, mais pas très riche. Fait rare pour l’époque, ses parents accordent une importance constante à son éducation ainsi qu’à celle de sa sœur aînée Cassandra, dont elle sera extrêmement proche tout au long de sa courte vie, qui s’achève en 1817, à 41 ans, des suites d’une maladie. Jane Austen est l’autrice de huit romans, dont deux inachevés, ainsi que de deux autres œuvres de jeunesse. Ses portraits acérés de la société anglaise du 19e siècle, ses héroïnes indépendantes, la finesse de son style et son ironie mordante lui ont apporté la reconnaissance de la critique et l’amour du grand public, qu’elle continue de fasciner et d’inspirer deux siècles plus tard. Ses romans figurent toujours parmi les plus vendus au monde, et leurs adaptations cinématographiques et télévisuelles marquent des générations entières. Sans compter les films et livres qui s’en sont librement inspirés, comme « Bridget Jones » (inspiré d’« Orgueil et préjugés ») ou « Clueless » (inspiré d’« Emma »). La « Jane Austen mania » prend aujourd’hui des formes diverses et variées : festivals, bals, croisière, goodies de toutes sortes (t-shirt, bijoux, jeux de société, articles ménagers, figurines…), etc. Depuis 2017, l’écrivaine est même la figure du billet de 10 livres au Royaume-Uni. Pour marquer le 250e anniversaire de sa naissance, plusieurs événements sont organisés tout au long de l’année à travers le monde, dont beaucoup sont répertoriés sur le site de la Jane Austen Society UK. À noter que les éditions Finitude publieront en octobre, pour la première fois en français, l’intégralité des lettres que Jane Austen a adressées à sa sœur Cassandra. Rien n’est à ce jour prévu au Luxembourg, et l’incontournable festival de Bath, qui plonge les janeites du monde entier en pleine Régence, affiche complet depuis bien longtemps. Mais l’excellente comédie musicale « Orgueil & Préjugés… ou presque » d’Isobel McArthur, adaptée en français par Virginie Hocq et Jean-Marc Victor, sera à nouveau représentée à Paris, au Théâtre Saint-Georges, à partir du 26 août. Une adaptation décalée, pop et absolument hilarante du célèbre roman de Jane Austen, à ne pas manquer.

