Les fonctionnaires du ministère du Travail vont devoir ressortir leurs calculettes pour adapter le salaire minimum aux exigences européennes. Dans un jugement très attendu, opposant le Danemark et la Suède à la Commission européenne, la Cour de justice de l’UE (CJUE) a validé, ce 11 novembre, la majeure partie de la directive salaire minimum adéquat, un texte porté par le socialiste Nicolas Schmit lorsqu’il était commissaire européen. La transposition en droit national de cette directive telle que proposée par le ministre du Travail, Georges Mischo, ne répond pas aux obligations de la directive. Pour être conformes, les États membres doivent aligner le salaire minimum sur 50 % du salaire brut moyen et 60 % du salaire brut médian en vigueur dans le pays, ce qui n’est pas le cas au Luxembourg. Actuellement fixé à 2.704 euros brut par mois, le salaire minimum devrait grimper à plus de 3.000 euros selon ces critères. Les juges européens ont également validé les plans d’action nationaux pour parvenir à 80 % de salarié·es couverts par une convention collective. Ce dernier point est à l’origine d’une grave crise entre OGBL et LCGB d’une part et ministre du Travail d’autre part, ce dernier ayant tenté de remettre en cause la légitimité exclusive des syndicats à négocier les conventions collectives. Dans une première réaction à la décision de CJUE, Georges Mischo a annoncé qu’il procédera à des ajustements, en prenant par exemple en compte le salaire des fonctionnaires dans le calcul du salaire minimum ou en y intégrant des services gratuits, comme l’école ou les transports publics (lire également page 6).
Santé : Les métiers du soin toujours en tension
Le secteur de la santé et du social peine à recruter au Luxembourg. Selon le premier baromètre du recrutement de MediNation.lu, près de la moitié des 60 structures interrogées font face à de sérieuses difficultés pour trouver du personnel.

