DANSEUSE: La nuit, tous les chats dansent

von | 07.06.2002

Sylvia Camarda dansera trois fois, lors du „Festival Théâtre des Capucins“. Le woxx en profite pour laisser le jeune talent luxembourgeois parler de son projet solo.

„Born in Luxembourg on the 21st of September 1978, she was Italian and changed her nationality to luxemburgish. She is a strong and risk taking dancer. She works powerfully, is very technical and her movement vocabulary stays very dynamic and free. Her subtile humor makes even hard work fun.“

VoilĂ  la petite introduction Ă  Sylvia Camarda, que l’on peut lire sur son CV. Ce dernier renseigne notamment Ă  propos d’un apprentissage de la danse dès l’âge de douze ans au Conservatoire, pour partir Ă  quinze ans dans un centre de danse Ă  Cannes et finir son Ă©ducation en 2000, avec la „London Contemporary Dance School“.

Une Ă©ducation sĂ©rieuse, donc, pour une artiste chez laquelle l’envie de danser naquit avec la dĂ©couverte d’une icĂ´ne fĂ©minine de la culture pop des annĂ©es 80: Madonna. Ce serait donc Ă  cause de „Borderline“, ou encore de „Papa don’t preach“, qu’un jour ses parents dĂ©cident „que j’avais assez abĂ®mĂ© le plancher“ et l’envoient Ă  l’Ă©cole de danse.

Depuis, le rĂŞve a grandi, et la jeune fan de Madonna travaille maintenant au sein de la compagnie belge „Les Ballets C. de la B.“, avec laquelle elle montera sur scène pour le spectacle „Just another landscape for some juke-box money“, lors du „Festival Cour des Capucins“. Festival durant lequel Sylvia Camarda montrera aussi un solo chorĂ©graphiĂ© et dansĂ© par elle, dans le cadre de la soirĂ©e „Courts Instants“.

„Travailler en solo est superbe, parce qu’on rĂ©alise ses sujets propres, et Ă  cause du challenge que cela reprĂ©sente. Mais c’est Ă©galement très prenant, parce qu’il faut vraiment s’occuper de tout. Le cĂ´tĂ© artistique doit parfois ĂŞtre nĂ©gligĂ©, car il faut trouver des solutions Ă  des problèmes techniques, et tĂ©lĂ©phoner souvent Ă  tous les gens impliquĂ©s. C’est stressant. Mes journĂ©es n’ont plus d’heures. Je travaille de huit heures du matin Ă  huit, dix heures du soir. Les relations publiques en font partie aussi. Il faut bien essayer Ă  se faire connaĂ®tre. Cela reprĂ©sente Ă©normĂ©ment de travail, mais aussi des occasions perdues pour passer du temps avec son corps, le perfectionner ou dĂ©velopper certains muscles. Dans une compagnie, on n’est lĂ  que pour danser. Et c’est parfois frustrant, parce qu’il faut obĂ©ir Ă  ce que le chorĂ©graphe te demande de faire. Mais on apprend aussi Ă©normĂ©ment de choses. Et moi, qui n’ai que 23 ans, j’ai encore beaucoup envie d’apprendre, pour affermir mon niveau et construire une base solide, pour, par après, me lancer vraiment.“ Ce qui veut dire: devenir chorĂ©graphe.

„Courts Instants“, ce sera des danses accompagnant des scènes de films. „J’ai choisi des films commerciaux traitant de sujets comme les drogues, l’alcool, le sexe, la violence, et la bagarre.“ Ce seront des scènes tirĂ©s de: Pulp Fiction – „Tout simplement merveilleux, au dĂ©but, quand John Travolta se pique et quand Uma Thurman prend une ligne de coke.“ – Baise-Moi – „Pour la violence.“ – Fight Club – „Pour la bagarre, bien sĂ»r. Mais il y a aussi le cĂ´tĂ© un peu absurde des grands acteurs cĂ©lèbres reprĂ©sentant le bas de l’Ă©chelle dans la sociĂ©tĂ©.“ – et Leaving Las Vegas, avec Nicolas Cage se perdant dans l’alcool.

„Avec ce programme, je m’intĂ©resse surtout Ă  la reprĂ©sentation de vices. Et je veux aussi reprĂ©senter la vie nocturne. Il y aura des tables et des chaises sur scène, des tabourets … tout en hauteur. En sortant le soir, on voit des milliers de gens. La nuit, tout est plus artificiel: tout le monde est pareil. Mais tu sais bien que chacun a aussi ses problèmes. Or, la nuit, personne ne viendra te demander quel est ton problème. On voit que quelqu’un est dĂ©pendant de drogues, par exemple, ou qu’il tripote les filles, qu’il boit trop, tu vois. Mais la nuit, tout cela reste superficiel.“

Ce sont les paroles d’une femme qui aime sortir le soir. Et qui dansera pour „Courts Instants – And another night-out“ sur de la musique house – „pour mettre les gens Ă  leur aise“ -, qui deviendra „de la musique Ă©lectronique plus minimaliste“ et finira en drum’n‘ bass. „Et le dernier morceau, c’est de la musique baroque de Henri Purcell.“

Pour accompagner sa danse, Sylvia Camarda veut Ă©galement utiliser les films: „Dans la première partie, tout est encore bien dans les films, et ce n’est qu’après qu’on entre dans les extrĂ©mitĂ©s. C’est notamment cela que je reprĂ©sente, dans la danse, par une manière plus commerciale au dĂ©but: on sort en disco et on se comporte normalement … et puis, les gens te rejettent parce que tu n’es pas comme eux. Je vais alors Ă  l’intĂ©rieur de moi-mĂŞme, pour finir dans un mouvement et une vitesse extrĂŞmes. A partir de lĂ , une certaine dĂ©livrance arrive aussi. Et puis, je n’ai pas voulu me concentrer sur les drogues. On en voit tout le temps sur les scènes de nos jours. Je me suis simplement intĂ©ressĂ©e au mouvement et Ă  l’Ă©motion avec laquelle je voulais jouer.“

SĂ»re d’elle, Sylvia Camarda est versatile sur le sujet de la danse. „C’est ma passion. C’est facile d’en parler. Et puis on me pose souvent des questions comme `Pourquoi t’es devenue danseuse‘?“ Nous revoilĂ  au sujet Madonna.

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„Festival Cour des Capucins – Danse et Théâtre gestuel“, du 7 au 22 juin 2002. Sylvia Camarda dansera le 15 juin – Les Ballets C. de la B. „Just another landscape for some juke-box money“ – et le 20 juin – „Courts Instants“, trois jeunes chorĂ©graphes luxembourgeois (avec aussi Annick PĂĽtz et Stefano Spinelli) prĂ©sentent leurs nouvelles crĂ©ations sur le thème du cinĂ©ma et du film. Un premier aperçu de cette soirĂ©e sera donnĂ© le 11 juin, lors des dĂ©libĂ©rations de la soirĂ©e finale du concours de danse „Tendances“, pour lequel l’entrĂ©e est libre.

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