LUXEMBOURG 2007: Pas que des vampires …

von | 06.10.2006

Luxembourg, la Grande Région et Sibiu: des partenaires à première vue dissemblables. Pourtant, si on y regarde bien, des points communs émergent.

En pleine restauration: la cour intérieure du Brukenthal Museum à Sibiu. (photo: woxx)

Le visiteur qui, en flânant sur la grande place de Sibiu-Hermannstadt, s’Ă©prend de la beautĂ© des vieilles maisons saxonnes fraĂ®chement restaurĂ©es, de leurs toits d’oĂą Ă©mergent les „yeux“ de Sibiu – des lucarnes spĂ©ciales sensĂ©es veiller sur la ville – ne perd rien en regardant de temps en temps par terre. Car les plaques d’Ă©goĂ»t flambant neuves possèdent aussi leur attrait. Y sont gravĂ©s non seulement les deux Ă©pĂ©es qui forment le sceau de la ville, mais aussi une date: 2007.

Ainsi toute la ville tend vers le futur proche, comme si elle y Ă©tait dĂ©jĂ . Presque la moitiĂ© des hommes rencontrĂ©s dans les rues de Sibiu sont des ouvriers, travaillant sans relâche Ă  l’embellissement du centre-ville. Le turbo-capitalisme frappe fort Ă  Sibiu, donnant lieu Ă  des scĂ©narios plutĂ´t Ă©tranges. Comme ce chemin qui mène de l’aĂ©roport au centre-ville: la route est longĂ©e de vieilles bâtisses en ruines datant du communisme, avoisinant de nouvelles usines ou garages de grandes firmes occidentales. Eh oui, mĂŞme Ronald MacDonald a trouvĂ© son chemin vers la Transylvanie. De plus, la ville est, après Bucarest, celle qui possède le plus grand nombre de voitures en Roumanie. Sibiu est en plein essor Ă©conomique et rien ne semble arrĂŞter le progrès qui – tout compte fait – a mis un certain temps pour arriver en Roumanie. C’est aussi pourquoi il prend pied aussi facilement. „Les gens s’en foutent de comment on arrive Ă  faire progresser les choses. L’important est que ça fonctionne“, commente Klaus Johannis, le maire de Sibiu. Et d’ajouter que la vie publique roumaine n’est pas encore assez politisĂ©e pour critiquer ce qui arrive, „et la presse ne remplit pas encore le mĂŞme devoir critique et dĂ©mocratique qu’Ă  l’Ouest“.

Johannis, un homme imposant au visage Ă  traits grinchants, est le premier maire de la ville Ă  ĂŞtre issu du forum dĂ©mocratique des allemands en Roumanie. Un parti qui devrait ĂŞtre minoritaire, vu que sur les quelque 160.000 habitant-e-s seulement 2.000 sont allemand-e-s. „Mais les gens en avaient marre des partis traditionnels, qu’ils soient de gauche ou de droite. Avant Johannis, Sibiu ressemblait plutĂ´t Ă  un village qu’Ă  une ville. Il fallait bien quelqu’un de pragmatique pour faire avancer les choses“, explique Marius Constantin, le responsable presse de l’annĂ©e culturelle 2007 Ă  Sibiu. C’est aussi pourquoi Johannis a Ă©tĂ© reĂ©lu pour un second mandat en 2004 avec 90 % des voix. Un rĂ©sultat qui devrait rappeller les Ă©pisodes les plus sombres du pays. Pourtant personne ne le conteste.

Sibiu normal

Du point de vue culturel, Sibiu n’a de toute façon aucune raison de rougir face au pays du cerf bleu. La ville possède pas moins de quatre universitĂ©s frĂ©quentĂ©es par 26.000 Ă©tudiant-e-s – alors que le Luxembourg peine Ă  en crĂ©er une digne de ce nom – des musĂ©es prestigieux, comme le Brukenthal Museum, qui va bientĂ´t se voir restituer tous ses Rubens et autres toiles de maĂ®tres confisquĂ©es par les communistes bucarestois. En ce qui concerne l’histoire, la ville fondĂ©e en 1150 par des Allemands – la lĂ©gende parle d’un certain Hermann comme fondateur de Hermannstadt – est passĂ©e de main en main Ă  travers les siècles: dĂ©truite par les Tatares en 1241, mais vite reconstruite, puis importante ville de commerçants, fortifiĂ©e contre les agressions turques elle fĂ»t politiquement hongroise pendant deux siècles jusqu’Ă  la fin de la Grande Guerre. Puis, après la Seconde Guerre mondiale, la chape de plomb communiste s’abattit sur le bloc de l’Est. A part ce dernier Ă©pisode donc, une histoire assez comparable Ă  celle du Luxembourg: une bourgade commerçante, multi-Ă©thnique et pluri-confessionnelle indĂ©pendante et toujours soumise aux risques d’invasions extĂ©rieures. Relevons que la lĂ©gende que les habitants de Sibiu parleraient un patois qui s’apparente au luxembourgeois s’avère loufoque, ce qu’ont mis en Ă©vidence les essais infructueux de la secrĂ©taire d’Etat Ă  la culture Octavie Modert Ă  parler luxembourgeois avec les locaux. NĂ©anmoins les liens culturels entre Luxembourg et Sibiu commencent Ă  rĂ©ellement fonctionner. L’idĂ©e d’associer une ville partenaire Ă  chaque capitale culturelle europĂ©enne date de 2002. Erna Hennicot-Schoepges, la ministre de la culture de l’Ă©poque, avait avancĂ© ce concept, tout en prĂ©conisant de toujours associer une ville de l'“ancienne“ Europe Ă  une situĂ©e dans un nouvel Etat-membre. Ce partenariat constitue donc une première en soi. De plus le thème choisi par l’Ă©quipe du cerf bleu, Ă  savoir les migrations, peut aussi bien ĂŞtre appliquĂ© et Ă  l’histoire de Sibiu et aux flux migratoires qui commencent Ă  s’installer entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. C’Ă©tait donc un merveilleux hasard que la visite officielle de la semaine dernière ait coĂŻncidĂ© avec la nouvelle que la Roumanie Ă©tait dĂ©finitivement acceptĂ©e dans l’Union europĂ©enne.

Vampire contre cabine téléphonique

La partie roumaine du programme – dotĂ©e d’un budget de 10,4 millions d’euros – est tout aussi spectaculaire que celle du Luxembourg et de la Grande RĂ©gion, qui en dĂ©pensera 45 de son cĂ´tĂ©. Entre les 1.200 propositions reçues, le comitĂ© d’organisation en a retenues 220, dont 25 qui associeront directement Luxembourg et Sibiu. L’institution partenaire principale pour ces projets sera la Kulturfabrik d’Esch, qui, après avoir Ă©tĂ© honteusement dĂ©laissĂ©e par les responsables du centenaire de la Ville en 2006, prend Ă  nouveau les devants. Entre autres auront lieu des soirĂ©es littĂ©raires et musicales, des expositions de photographies conjointes, des programmes d’Ă©changes entre jeunes qui comprennent aussi une collaboration avec le musĂ©e Astra – un des plus grands musĂ©es en plein air d’Europe, dĂ©diĂ© Ă  l’ethnographie roumaine.

On est donc loin des clichĂ©s de la Transylvanie et des petits villages des Carpates: paysans illettrĂ©s coupĂ©s du monde hantĂ©s par des vampires, la ville de Sibiu n’a rien d’arriĂ©rĂ©. D’ailleurs, s’il est vrai que le fils du „vrai“ Dracula Vlad Tepes fĂ»t poignardĂ© par ses adversaires devant l’Ă©glise principale de Sibiu, les locaux ne veulent pas vraiment entendre parler de ce mythe. „MĂŞme si on pourrait facilement en faire une image de marque“, comme le constate le maire de la ville. Et en images de marque, il s’y connaĂ®t. Ce n’est pas pour rien que pour sa campagne Ă©lectorale, il a engagĂ© l’agence de communication allemande Scholtz&Friends, celle-lĂ  mĂŞme qui a assurĂ© la victoire Ă©lectorale de la chancelière allemande Angela Merkel. La mĂŞme agence s’occupe de la campagne de Sibiu 2007. Le cerf bleu n’est donc pas hantĂ© par des chauve-souris assoiffĂ©es de sang humain, mais devra s’habituer Ă  la vue d’une cabine tĂ©lĂ©phonique et d’autres objets de la vie quotidienne, suivant le thème choisi par le comitĂ© organisateur: Sibiu Normal. „On voulait Ă©chapper aux clichĂ©s. Et on sait bien que notre rĂ©gion y est prĂ©destinĂ©e. Avec notre campagne on veut surtout attirer des gens interĂ©ssĂ©s par la Roumanie d’aujourd’hui et non pas ceux qui cherchent des vampires“, explique Marius Constantin.

Sur place Ă  Sibiu, au cours des discussions autour de l’annĂ©e culturelle, on retrouve presque les mĂŞmes diffĂ©rends qu’au Luxembourg. Tandis que le maire Johannis prĂ©fère parler d’un programme culturel Ă  dĂ©veloppement durable, qui comprend aussi la restauration des infrastructures de la ville, d’autres voix contredisent la version officielle. Ainsi Silviana Dan, la directrice du musĂ©e Brukenthal de Sibiu – qui est en passe d’ĂŞtre entièrement restaurĂ© – trouve que le programme mise beaucoup trop sur l’Ă©vĂ©nementiel: „On aurait pu aller beaucoup plus loin avec tout cet argent, c’est sans doute une occasion exceptionnelle qui ne reviendra plus jamais“, explique-t-elle. Quand elle se rendra au Luxembourg en 2007, oĂą elle participera Ă  un projet commun avec le Casino d’art contemporain, elle pourra se rendre compte qu’elle n’est pas la seule Ă  tenir ce genre de raisonnement.

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Assises sectorielles du chant choral: Junge Chorsänger*innen gesucht

Die „Assises sectorielles du chant choral“ vom vergangenen Samstag offenbarten, wo den Chören hierzulande der Schuh drĂĽckt. Es mangelt an Sichtbarkeit, pädagogischem Know-how und vor allem an Nachwuchs.   Wie bei Rundtischgesprächen ĂĽblich, boten die „Assises sectorielles du chant choral“ vergangenen Samstag einen Morgen voller leiser...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, Aktivitäten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der Schlüssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene Vorläufer

Allzu schwer fällt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebüßt. Interessanter ist ein Blick auf die Ursprünge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...