Collages : Voyager sur papier


von | 17.11.2016

Les collages de Renée Oberlinkels à la galerie Simoncini sont une invitation bienvenue au voyage dans l’imaginaire du visiteur.

« Invasion », collage, papier marouflé sur toile.

« Invasion », collage, papier marouflé sur toile.

Née à Ettelbruck en 1949, Renée Oberlinkels est une habituée de la scène artistique luxembourgeoise depuis déjà plusieurs décennies. Les plus prestigieuses collections locales (Musée national d’histoire et d’art, Ville de Luxembourg, Chambre des députés, Spuerkeess, etc.) ont acquis certaines de ses œuvres et elle a figuré dans nombre d’expositions tant collectives que personnelles depuis les années 1980. Pour cette cinquième occupation en solo de la galerie Simoncini, l’artiste a choisi un éventail de collages assez éclectique, mais où transparaît tout de même une certaine affinité avec les thèmes de la nature et de la place de l’être humain en son sein.

Le ton est d’ailleurs donné dès le premier tableau. « Espèce protégée » présente sur la toile deux vignettes. La première contient un animal d’espèce pas forcément identifiable avec certitude, tortue peut-être, mais l’imagination peut prendre le relais. La seconde, plus abstraite, joue avec les couches collées les unes sur les autres et une couleur qui, au vu du titre, pourrait évoquer le sang et préfigurer un massacre. Là aussi, la technique utilisée par Renée Oberlinkels n’est pas suffisamment figurative pour donner immédiatement les clés de l’interprétation – tant mieux pour l’imagination du visiteur. En bas de la toile est collée une sorte de frise au motif géométrique répétitif mais dont la réalisation à la main souligne la fragilité. Ce type de frise se retrouvera d’ailleurs, avec des variantes, sur l’ensemble des œuvres, structurant en quelque sorte l’exposition.

De la protection des espèces, on passe aux espèces invasives avec « Invasion », le deuxième collage. Ici, c’est une figure très nettement humaine qui semble, dans une configuration similaire, subir l’assaut de créatures qui percent la frontière entre les deux cadres. À ce stade de la visite, on peut déjà admirer la technique éprouvée de l’artiste qui, dans ses collages, utilise diverses matières tout en donnant l’impression, de loin, d’une grande unité de style. Cette interaction avec la nature, et en particulier la faune, se retrouvera également dans d’autres collages où figurent des gorilles ou des léopards. Extension logique de la présence humaine, le paysage urbain sera aussi évoqué, avec force lignes verticales représentant des gratte-ciel.

« Face à la mer », collage et peinture, papier marouflé sur toile.

« Face à la mer », collage et peinture, papier marouflé sur toile.

Les deux salles de la galerie Simoncini sont donc à l’avenant, avec une mention spéciale pour les trois collages intitulés « Face à la mer » qui se trouvent à l’étage. Ici, l’imprécision voulue dans le modelage des formes se transforme en ambiguïté génératrice de stimulation intellectuelle : ces silhouettes qui se détachent sur la mer, sont-elles des paquebots, des porte-conteneurs, des icebergs ? Tout en façonnant l’infini de la grande bleue, Renée Oberlinkels nous rappelle qu’il y a peu d’endroits au monde où la main de l’homme n’a pas, justement, donné forme ou tout du moins influencé la nature.

À l’heure où l’on parle beaucoup des grandes institutions culturelles du pays après l’affaire Lunghi, il n’est pas inutile de rappeler qu’une scène artistique locale modeste et néanmoins efficace existe encore dans les petites galeries. Loin des lumières médiatiques, elle n’en brille pas moins, et cette exposition en est la preuve.

Encore jusqu’au 27 novembre à la galerie Simoncini.

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