Backcover: Miriam R. Krüger

En février, Miriam R. Krüger illustre la dernière page du woxx. Entretien avec une artiste pour qui la poésie est un socle inébranlable.

La « créature émotionnelle » de Miriam R. Krüger se nourrit d’émotions pour produire une poésie visuelle. (Photo : Miriam R. Krüger)

woxx : Tu sors d’une année 2022 particulièrement bien remplie, avec notamment une grande exposition à la Chambre des salariés.


Miriam R. Krüger : J’aurais dû la faire il y a deux ans, juste au moment où la crise de la covid a éclaté. Le temps qui s’est écoulé m’a permis de proposer une expo tout à fait différente de celle initialement prévue. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Divertimento

Avec cette autre histoire de cheffe d’orchestre qui sort sur les écrans en même temps que « Tár », on se situe dans le registre du récit d’ascension sociale grâce au talent, avec tous les clichés de mise – notamment sur l’opposition entre Paris et la banlieue. La réalisatrice, fidèle à son goût pour la fable sociale, illustre sans éclats un scénario sympathique mais prévisible. Reste la musique : difficile de ne pas se laisser emporter quand on est mélomane. Mais mieux vaut l’être pour apprécier le film.

L’évaluation du woxx : X
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Dans les salles : L’immensità

Difficile de croire au glissement dans la psychose du personnage joué par Penélope Cruz, pas plus qu’à la volonté d’être un garçon de la jeune héroïne, tant le film se concentre sur la présentation impeccable d’un décor tiré d’années 1970 fantasmées. Dommage, car entre les histoires déjà vues se glissent quelques scènes inspirées, comme si le scénario n’était qu’un prétexte pour caser quelques beaux moments de cinéma.

L’évaluation du woxx : X
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Sur les planches : Les misérables

Le chef-d’œuvre de Victor Hugo en une heure chrono ? C’est possible au Théâtre national du Luxembourg, où une Isabelle Bonillo en verve fait valser Jean Valjean, Thénardier, Cosette et les autres avec l’aide précieuse du public. Une revisite plus profonde que sa brièveté ne le laisserait penser.

Isabelle Bonillo, seule comédienne sur scène… (Photos : Bohumil Kostohryz)

Le 11 janvier dernier, au Théâtre national, l’ambiance était un peu à la salle de classe. Ouvrage emblématique des cours de français, « Les misérables » avait attiré en majorité un public lycéen, contrastant avec celui des « usual suspects » qui écument les premières habituellement. mehr lesen / lire plus

Sur les planches : Never Vera Blue

Le Théâtre ouvert Luxembourg entame l’année 2023 avec une pièce forte sur les violences psychologiques, où le pouvoir des mots révèle son double tranchant.

Sur scène, l’enfermement mental de la narratrice est palpable. (Photos : Antoine de Saint Phalle)

On ne sait pas vraiment à qui s’adresse la narratrice de « Never Vera Blue ». À la police, aux services sociaux, à nous à travers le « quatrième mur » du théâtre, à elle-même ? Et si elle s’adresse à elle-même, est-ce, comme elle l’a entendu, le début de la folie ? Il faut un temps avant de relier les différents fils narratifs de son histoire, tressés de façon complexe par Alexandra Wood. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Harka

Présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes l’année dernière, « Harka » a obtenu le prix d’interprétation masculine pour son acteur principal Adam Bessa. La coproduction luxembourgeoise scrute la réalité tunisienne post-Printemps arabe, avec beaucoup de style mais un scénario peu étoffé.

Pas facile de regarder vers l’avenir pour Ali… (Photos : Tarantula distribution)

Ali survit en vendant de l’essence au noir pour un contrebandier qui la fait venir de Libye. Le jeune homme rêve cependant d’une vie meilleure, loin de cette Tunisie qui, dix ans après avoir été à l’origine des premiers soulèvements du Printemps arabe, est retombée dans le marasme économique et politique. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Vanskabte Land/Volaða Land

Sur fond de magnifiques paysages dans un format recréant celui des photographies de l’époque, on s’immerge dans cette errance d’un jeune prêtre danois à qui l’Islande fait perdre tous ses repères. Choc des cultures, colonialisme, religion… l’arrière-fond social reste très présent, mais de façon subtile, à travers des personnages typés et attachants.

L’évaluation du woxx : XXX
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Dans les salles : Le otto montagne

Après un prélude convenu qui retrace l’amitié enfantine des deux protagonistes, on se prend à apprécier cette histoire qui va les amener à construire ensemble une maison isolée dans les montagnes. Las, les deux heures et demie de pellicule n’utilisent finalement les magnifiques paysages que pour servir une accumulation de poncifs, alourdis par des chansons planantes dont les paroles en anglais empêchent l’immersion dans l’âpreté hivernale du val d’Aoste. Un décevant prix du jury à Cannes.

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Concert de Nouvel An : Cap au sud

Le 1er janvier prochain, le Théâtre d’Esch se mettra à l’heure sud-américaine pour son premier concert de l’année, avec notamment Gast Waltzing aux commandes de l’Estro armonico. Petit passage en revue des festivités musicales avec le maestro.

Gast Waltzing conduira les festivités à la tête de l’Estro armonico, comme ici en 2019 (l’orchestre de chambre y était accompagné à l’époque par l’Orchestre national de jazz). (Photo : CC BY-SA 3.0 GilPe)

« Chaque année, j’essaie de faire quelque chose de complètement différent. Cette fois-ci, j’avais envie de m’aventurer en Amérique du Sud, avec ses rythmes si particuliers. » Dès les premiers mots, on sent chez Gast Waltzing la passion de la découverte, qui se traduit par un programme composé avec gourmandise et une belle brochette de guest stars. mehr lesen / lire plus

Littérature : « Un retour au voyage premier »

À l’occasion de la sortie d’« Une dernière fois, la Méditerranée », ultime volume de sa trilogie des temps instables, le woxx s’est entretenu une troisième fois avec Jean Portante sur cette série passionnante.

Couverture : éditions Phi

woxx : Votre roman s’apparente à un retour aux sources. D’abord parce qu’il se déroule en grande partie sur cette mer dont le pourtour constitue le berceau des personnages rencontrés dans les tomes précédents, mais aussi parce que la mythologie y tient une place prépondérante. Quel a été votre cheminement littéraire pour parvenir à ce récit ?


Jean Portante : « Une dernière fois, la Méditerranée » clôt, comme vous le savez, une trilogie. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Call Jane

Malgré un scénario sans véritables accrocs, Elizabeth Banks et Sigourney Weaver portent avec conviction ce récit de solidarité féminine face à l’indifférence, voire l’hostilité d’une société patriarcale face à l’interruption volontaire de grossesse dans les États-Unis des années 1960. Une lutte qui a porté ses fruits et abouti à la légalisation au niveau fédéral. Dans le contexte américain actuel, la piqûre de rappel est bienvenue.

L’évaluation du woxx : XX
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Dans les salles : Saint Omer

Les scènes de procès s’étirent d’abord en longueur, pour ensuite s’étioler et laisser place aux interrogations de la romancière, dressant un parallèle entre sa vie et celle de l’accusée. La construction de la cinéaste Alice Diop, qui vient du documentaire, est parfois trop cérébrale, mais elle installe une ambiance ambiguë qui frappe l’esprit et a séduit le jury de la Mostra de Venise, où le film a remporté le Lion d’argent.

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Sculpture : La sève des 
défauts

À la galerie Simoncini, Jhemp Bastin poursuit son cheminement à travers la forêt en transformant troncs et branches en sculptures équilibristes qui réchauffent.

Photos : woxx

Sa dernière exposition rue Notre-Dame avait fait titrer au woxx il y a presque trois ans « De chêne et de hêtre ». Cette fois s’ajoutent d’autres essences : le charme notamment, une espèce plus difficile à travailler car plus dure, mais aussi le robinier et le noyer. Tout se passe, de fait, comme si l’artiste luxembourgeois avait souhaité proposer une sorte de changement dans la continuité, afin de mimer la croissance lente des arbres, ces végétaux auxquels il a décidé de se consacrer. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : EO

Sorte de suite moderne au mythique « Au hasard Balthazar » de Robert Bresson (1966), le film s’attache à montrer les travers humains à travers le regard d’un âne placide… mais pas toujours. Les vignettes de scénario s’assemblent pour épingler une société mondialisée et indifférente aux autres espèces, tandis que les plans et les cadres soigneusement étudiés entraînent les émotions.

L’évaluation du woxx : XX
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Jazz/musique contemporaine : Les cordes à l’esprit

Pour « State of Mind », son 
deuxième album, le guitariste luxembourgeois Gilles Grethen convoque un orchestre à cordes pour dialoguer avec son quartet. Compte rendu d’écoute.

Un joyeux mélange : le Gilles Grethen Quartet avec ses cordes invitées lors de l’enregistrement de l’album. (Photo : Stephanie Baustert)

Il a d’abord pensé à un big band, avant que les cordes s’imposent à lui comme une évidence. C’est que Gilles Grethen a été bercé par la musique classique pendant son enfance et son adolescence : quoi de plus logique, alors, que d’associer aux cordes pincées de son instrument, la guitare, les cordes frottées de violons, d’altos, de violoncelles et d’une contrebasse avec archet ? mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Les Amandiers

Un scénario autobiographique à fleur de peau qu’on sent capital pour la réalisatrice, même si elle se concentre sur une histoire d’amour déjà vue à l’écran plutôt que de proposer un récit choral qui célébrerait la passion dévorante du théâtre. Restent cependant quelques belles scènes : le conflit entre insouciance de la jeunesse et épée de Damoclès du sida y crée un entre-deux d’émotions qui fait mouche.

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Littérature luxembourgeoise : « Plus de clarté et de respiration »

Le Centre national de littérature (CNL) vient de publier la cinquième livraison de ses « Fundstücke-Trouvailles » bisannuelles, éditées par Daniela Lieb et Ludivine Jehin. Cette dernière s’est entretenue avec le woxx, au nom du duo, à propos de l’ouvrage et de sa nouvelle formule.

Photo : woxx

woxx : Peux-tu présenter en quelques mots le projet « Fundstücke-Trouvailles » ?


Ludivine Jehin : C’est une publication qui paraît tous les deux ans depuis 2014. Elle accueille des contributions de tailles et de natures diverses, mais dont le point commun est l’intérêt par rapport à la recherche en littérature ou à l’archivistique. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Couleurs de l’incendie

La réalisation use un peu trop souvent de mouvements de caméra ostentatoires et de musique envahissante. Demeure cependant le plaisir simple d’une histoire de vengeance dans les années 1930, scénarisée par Pierre Lemaitre lui-même d’après le second volet de sa trilogie des « Enfants du désastre ». Si Émilie Dequenne, qui était Madeleine dans « Au revoir là-haut », cède sa place à Léa Drucker pour le rôle, on ne perd pas au change : le film offre enfin, par rapport au précédent, un véritable personnage féminin fouillé.

L’évaluation du woxx : XX
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Dans les salles : Mascarade

Un certain étirement en longueur et un scénario d’arnaque à rebondissements dont la plupart des éléments ont déjà été vus ailleurs peuvent être, c’est vrai, reprochés au film. Il s’en dégage cependant un dynamisme réel, qui pose Nice et ses environs comme un milieu de toutes les impostures, tandis que les personnages cherchent leur place dans un monde où pas même la richesse et la célébrité ne protègent du mal de vivre.

L’évaluation du woxx : XX
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Sur les planches : Les enfants

La saison du TOL commence avec une valeur sûre passée par le West End et Broadway. « Les enfants », de Lucy Kirkwood, est un huis clos étouffant dans un contexte de catastrophe nucléaire. Un texte d’abord efficace, magnifié par une distribution qui y met ses tripes.

Rose retrouve Hazel après une trentaine d’années… (Photos : Bohumil Kostohryz)

C’est désormais une recette classique pour le Théâtre ouvert Luxembourg : aller piocher dans le répertoire anglo-saxon une pièce qui a fait ses preuves et saura garantir l’intérêt d’un public qu’il faut aller chercher en permanence – et encore plus après les épisodes de confinement. mehr lesen / lire plus