Dans les salles : Adieu les cons

Albert Dupontel signe une comédie décalée où la critique sociale rejoint le burlesque. Flanqué d’une Virginie Efira efficace, le réalisateur-acteur brosse un portrait tendre et désabusé de personnages malmenés par la société moderne, qui, dans un baroud d’honneur en forme de pied de nez, préfèrent se consacrer à l’empathie plutôt qu’à la vengeance.

L’évaluation du woxx : XXX
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Encres/installation : La beauté de l’attente

La galerie Simoncini expose à nouveau des encres de Gao Xingjian. L’occasion parfaite de se délecter de l’œuvre picturale de cet artiste complet, aussi à l’aise avec le pinceau qu’avec la plume ou la caméra. Avec, en miroir, une installation prenante de Sofia Kouldakidou.

Gao Xingjian, « Le marcheur », 2020

Ils ont l’air écrasés par le paysage, ces petits personnages qu’on distingue dans les encres de Gao Xingjian exposées rue Notre-Dame. Un paysage d’ailleurs plus suggéré que détaillé : les aplats du peintre échappent aux contours, se fondent les uns dans les autres. Comme dans ce tableau intitulé « Dans le rêve », où ciel et terre se mêlent dans une brume onirique. mehr lesen / lire plus

Au théâtre : Truckstop

Suite du passage en revue des abondantes productions théâtrales du moment, avec le très réussi « Truckstop », une production du Centaure accueillie au Kinneksbond.

Sullivan Da Silva, Elsa Rauchs…

Un bar routier déserté, qu’on imagine aisément rendu obsolète par une infrastructure d’autoroutes toujours plus envahissante. Katalijne, qui souffre de troubles de la concentration, mène une vie rangée, dont sa mère, propriétaire de l’établissement, a organisé les moindres aspects. Et puis survient Remco, qui rêve d’aventures dans un camion flambant neuf et qui séduit la jeune femme. Elle et lui vont alors échafauder des plans d’avenir… que la mère de Katalijne, pas convaincue de la fiabilité de Remco, va s’employer à contrecarrer. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Yalda

Terrible point de départ que cette émission de téléréalité où la fille d’un homme assassiné doit pardonner la meurtrière pour lui éviter la peine de mort. Si le rythme s’essouffle parfois, si ce duel semble par moments caricatural, on ressent cependant fascination et répulsion jusqu’à la fin.

L’évaluation du woxx : XX
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Au théâtre : Comme s’il en pleuvait

Bridée par la pandémie dès mars dernier, la saison théâtrale a démarré sur les chapeaux de roues, avec de nombreuses productions simultanées. Pour notre édition en ligne, regard sur « Comme s’il en pleuvait », une production du TOL accueillie au Théâtre des Capucins.

Steeve Brudey et Colette Kieffer dans « Comme s’il en pleuvait » (Photo : Ricardo Vaz Palma)

Bruno et Laurence sont un couple a priori sans histoires de la classe moyenne : lui anesthésiste, elle enseignante. Leur vie bascule le jour où un billet de cent euros se retrouve sur la table de leur salon, sans que ni l’un ni l’autre ne l’y aient laissé. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Antoinette dans les Cévennes

Laure Calamy, éternelle abonnée aux seconds rôles, donne enfin la mesure de son talent de bout en bout dans un long métrage. On chemine avec Antoinette et son âne comme avec de vieilles connaissances, en oubliant les peines de cœur dans un éclat de rire. Sans compter le bol d’air cévenol.

L’évaluation du woxx : XX
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Théâtre : Masques dans la salle et sur scène

La saison théâtrale reprend enfin. Au TNL, « Objet d’attention », coproduction avec le TOL, pose un regard sur la maltraitance des enfants en jouant à cache-cache avec le public et les protagonistes.

Une passion dévorante qui va déboucher sur un drame, mais lequel exactement ? (Photo : Bohumil Kostohryz)

À l’entrée dans la salle du Théâtre national, on ressent un double plaisir : d’abord, cette sensation de rompre un jeûne de théâtre imposé par les circonstances sanitaires, avec des saisons interrompues en plein élan ; ensuite, la contemplation d’un vaste plateau où l’on découvre un décor sur deux étages, chose évidemment impossible dans l’antre du Théâtre ouvert Luxembourg. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Flatland

Mélange détonant de western, road movie et thriller, « Flatland » est un feu d’artifice sud-africain particulièrement réjouissant, malgré les plaies qu’il expose à vif.

Poppie et Natalie au beau milieu du désert, au sens propre comme au figuré. (Photo : Deal Productions)

Filmée à même les visages, la séquence d’ouverture plante le décor : un pays taiseux, croyant, mais aussi machiste et violent. Bienvenue dans le désert du Karoo, digne du Far West américain, à cette exception près qu’on y parle l’afrikaans. À travers son voile, Natalie (Nicole Fortuin), jeune métisse, a le regard absent, comme si son mariage avec un policier blanc était dans l’ordre des choses et qu’elle s’y était résignée. mehr lesen / lire plus

Une cheffe pour faire évoluer l’OCL

L’Orchestre de chambre du Luxembourg annonce la nomination de Corinna Niemeyer au poste de directrice artistique et musicale.

Photo : Simon Pauly

Il faut croire que le concert de février dernier, que Corinna Niemeyer évoque sur son site, a provoqué un coup de foudre mutuel. Quelques mois après, l’orchestre annonce donc que la cheffe allemande sera sa prochaine directrice artistique et musicale. Un poste nécessaire entre autres pour « porter l’orchestre au plus haut niveau musical », selon le communiqué de presse. Et l’on veut bien le croire, après l’épisode de l’éphémère direction artistique de Jean Muller, couplée à la direction musicale rapidement avortée de Florian Krumpöck, qui ont probablement laissé des traces et rendu le conseil d’administration précautionneux. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Petit Pays

Le film est parfois maladroit, mais sans doute sciemment, puisqu’il se place à hauteur d’enfant. En tout cas, il est toujours touchant, et la montée inexorable de la violence dans un endroit dépeint au début comme un petit paradis est efficacement rendue.

L’évaluation du woxx : XX
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Dans les salles : Cuentos del rio

Facture documentaire classique mais efficace pour ce film qui transporte au Nicaragua, sur les bords du fleuve San Juan, personnage principal d’une pièce de théâtre préparée par des enfants. Colonisation, migration vers la capitale ou le Costa Rica, projet de canal entre océans Atlantique et Pacifique : les thèmes s’entremêlent entre théâtre et réalité, sous le regard bienveillant de Julie Schroell.

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Dans les salles : Police

Profondément humaniste dans son message, « Police » sert un huis clos où les doutes s’invitent et où la stricte rationalité vacille. Un peu bancal dans sa structure, le nouveau film d’Anne Fontaine gagne cependant les cœurs par sa sincérité.

La lutte entre collègues est aussi mentale que physique. (Photo : Thibault Grabherr)

Il faut bien le dire : l’abondance de polars sombres où l’on explore également les facettes peu reluisantes de la personnalité des flics – ou leur vie privée déglinguée – est parfois étouffante. Si « Police » fait partie de cette catégorie, en quelque sorte, le film a toutefois l’avantage d’y greffer une réflexion intelligente sur le phénomène des reconduites à la frontière. mehr lesen / lire plus

Les Cahiers luxembourgeois : numéro 2, année 2020

Peut-être un peu en retard pour cause de confinement (cependant pas plus que cette chronique, au fond !) mais toujours là, les Cahiers continuent d’explorer le spectre littéraire grand-ducal actuel avec éclectisme.

L’anglais continue de s’affirmer comme langue d’écriture du pays, avec une première nouvelle, « Revelations », d’Igor Bunjevac, jeune auteur du cru qui sert un western dont les dialogues imagés prennent une place prépondérante – un peu trop d’ailleurs, tant le texte fait penser à un exercice de style et d’admiration du genre, mais la lecture est agréable. En anglais également, les poèmes de Fernando Martins da Mota respirent un certain mysticisme avec leurs tournures anciennes et font penser parfois aux vers qui pourraient accompagner la quête d’un héros de fantasy. mehr lesen / lire plus

Art grand-ducal : Voilés, drapés, guerriers

La Villa Vauban consacre une large rétrospective à Charles Kohl, deux fois lauréat du prix Grand-Duc Adolphe. Un artiste peu connu du public d’aujourd’hui, mais dont la manière et les idées méritaient cet hommage.

« Guerrier blessé », plâtre, 1956. (Photos : woxx)

C’est la « Vache s’enfonçant » qui accueille visiteurs et visiteuses dès la première salle, où se trouve également une frise chronologique retraçant la vie de Charles Kohl (1929-2016). Cette sculpture en plâtre, qui a reçu le prix Grand-Duc Adolphe en 1962, est en quelque sorte l’œuvre qui a lancé l’artiste, même si celui-ci participait au salon du Cercle artistique de Luxembourg depuis 1951, alors qu’il était encore étudiant à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris – formation qu’il complétera par l’École nationale supérieure des beaux-arts, également dans la capitale de l’Hexagone. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Adam

Belle chronique de la vie ordinaire de femmes bousculées par une société patriarcale, le film bénéficie d’excellentes prestations de ses actrices. Si le scénario ne ménage pas de retournement ni de surprise, il file avec une douceur enveloppante, comme le miel sur les appétissantes msenem (crêpes locales) confectionnées à l’écran.

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Dans les salles : La odisea de los giles

Comédie légère sur la crise économique argentine de 2001, « La odisea de los giles » est un sympathique film de vengeance, où gaucherie et naïveté font office d’armes secrètes. Sans prétention, mais divertissant.

Fermín a un plan : succès total ou fiasco annoncé ? (Photo : Allociné)

Un « gil » ou une « gila », en Argentine et en Uruguay, c’est une personne empotée, pas bien maligne – « Trop bonne, trop conne », en quelque sorte. Pourrait-on qualifier ainsi Fermín, ex-footballeur dont l’unique exploit local lui a tout de même valu une statue, mais qui végète dans sa station-service ? mehr lesen / lire plus

Sur lecinemaclub.com : Promène-toi donc tout nu !

Marivaudage, fausse naïveté, dialogues théâtraux à écouter au second degré… tout le cinéma d’Emmanuel Mouret est en puissance dans ce moyen métrage réalisé comme film de fin d’études, et qui a même bénéficié d’un sortie en salles à l’époque. Un film léger en forme de visite de Marseille, comme un petit pastis à la fraîche.

L’évaluation du woxx : XX

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Dans les salles : Été 85

Au fil des longs métrages, François Ozon construit une œuvre cinématographique qui explore toutes les facettes du septième art, comme si se répéter était absolument exclu pour lui. Le réalisateur est un des plus passionnants en France aujourd’hui, et chaque nouvel opus est attendu. Évidemment, il y a les Ozon majeurs  – le dernier, « Grâce à Dieu », était de ceux-là – et les Ozon mineurs – on serait tenté de classer « Été 85 » dans cette dernière catégorie. Mais un Ozon mineur a toujours des atouts. Mélange d’histoire d’amour de six semaines entre deux adolescents et de thriller inattendu, le dernier film en date du cinéaste bénéficie d’une production sans failles, qui replongera celles et ceux qui ont vécu ces années exactement dans l’époque, avec force détails. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Les parfums

Pour poursuivre le passage en revue des films à l’affiche à destination de qui souhaiterait passer quelques heures de canicule dans une salle climatisée, attardons-nous maintenant sur « Les parfums ». Un chauffeur qui a du mal à joindre les deux bouts, une  « nez » un peu déchue : la recette semble celle d’une comédie romantique qui commence par des frictions entre classes sociales différentes. Sauf que, de romantisme, il n’y a point, car le réalisateur Grégory Magne a la bonne idée de ne pas trop sucrer la sauce de cette relation improbable. Un aspect plutôt positif du film, qui malheureusement souffre d’un sérieux coup de mou aux deux tiers et évacue son « happy end » un peu vite. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : L’aventure des Marguerite

Frilosité des distributeurs devant la Covid-19, malgré la canicule ? Les sorties ne se bousculent pas sur les grands écrans en ce moment. Mais elles sont à nouveau suffisamment nombreuses pour que le woxx ne puisse pas les traiter toutes dans son édition imprimée. Qu’à cela ne tienne : notre édition en ligne peut y remédier, puisque, « Vakanz doheem » oblige, amoureux et amoureuses de cinéma auront peut-être envie de profiter de la fraîcheur des salles obscures.

Avec « L’aventure des Marguerite », Pierre Coré propose un film résolument familial en forme de conte fantastique. Marguerite et Margaux vivent à des époques différentes, et elles vont intervertir leurs existences grâce à (ou à cause de ?) mehr lesen / lire plus