(fg) – La famille Le Pen et l’UE, c’est d’abord une histoire d’argent détourné. Député européen de 1984 à 2019, Jean-Marie Le Pen avait pris l’habitude de facturer des dépenses personnelles sur ses frais de mandat parlementaire. Balances de cuisine, 129 bouteilles de (bon) vin ou encore cravates figurent au nombre des babioles que le fondateur du Front national s’était offert avec les deniers européens. En juillet 2024, le Parlement européen lui avait présenté la facture, lui notifiant qu’il devait rembourser 303.200,99 euros. Sa mort, le 7 janvier dernier, n’a pas mis un terme à l’affaire, l’institution européenne exigeant de ses héritières directes, Marine, Yann et Marie-Caroline, d’assumer cette part de l’héritage. Ce qu’elles ont également contesté, portant le contentieux devant le tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg. Ce mercredi 16 juillet, l’instance judiciaire a débouté les filles Le Pen, qui devront payer solidairement la dette du patriarche xénophobe. Cette affaire est distincte de celle des faux assistants parlementaires européens, qui a entraîné la condamnation en première instance de Marine Le Pen à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité, en mars dernier. Elle est également distincte de l’enquête ouverte le 8 juillet par le parquet européen contre le groupe Identité et Démocratie, dans lequel siégeait le parti français d’extrême droite au Parlement européen. Une grande partie des 4,3 millions d’euros que le groupe est suspecté d’avoir indûment dépensé avait été siphonnée par deux sociétés appartenant à des proches de Marine Le Pen. Décidément.


