Exposition collective : Descendance assurée

Disparu prématurément en 2016, à l’âge de 64 ans, Bert Theis a laissé une trace importante dans le milieu de l’art contemporain luxembourgeois. L’hommage qui lui est rendu par le Mudam et le Cercle Cité permet de mieux comprendre le talent de celui qui s’était fait remarquer lors de la 46e Biennale de Venise, en 1995.

Alors que le Mudam consacre jusqu’au mois de septembre une première rétrospective complète à l’œuvre de Bert Theis, le Cercle Cité s’associe avec la proposition F(l)ight Sketches, un hommage de douze artistes au travail du Luxembourgeois.

Hautement politique, Bert Theis a toujours considéré l’art comme un moyen de réflexion sur le monde. Découvrir une de ses œuvres était l’occasion de se plonger dans les méandres de l’âme humaine et dans le questionnement sur le sens de l’engagement.

Au Cercle Cité, les douze artistes invité-e-s répondent en écho à Bert Theis. Chacun-e à sa manière, ils et elles s’inscrivent dans son cheminement artistique. Certain-e-s viennent de Milan, où il s’était installé en 1993 dans le cadre de l’Isola Art Center, tandis que d’autres sont de simples ami-e-s ou proches qui ont vu la pensée de Bert Theis se déployer.

En Italie, il avait participé au principe du « Fight Specific », qui a inspiré le titre de cette exposition. Une vision du monde loin du capitalisme et une utopie concrète rendue possible par les rêveurs réalistes. On retrouve ce principe dans les travaux de Barbara Barberis, photographies d’une utopie en marche, qu’elle réalise depuis plus de trois ans. Des objets du quotidien sont montrés sous un jour nouveau, comme si la finalité des choses n’était pas nécessairement celle qui leur était destinée.

D’autres élèves de Bert Theis exposent leurs utopies et montrent que le thème reste à jamais un des plus propices à la création. Les sculptures d’Irene Coppola, entre futilité et invention d’un autre monde, les travaux de Renk Ozer Sarp ou encore d’Edna Gee et Edith Poirier montrent que l’esprit de Bert Theis reste bien vivant.

Un peu plus loin, le collectif « Common Wealth », le bien nommé, initié par Claudia Passeri, récompensé par la Bourse Bert Theis, montre les premiers résultats de son processus créatif. Réunis dans un petit village d’Ombrie, les artistes réfléchissent aux thèmes du paysage et de l’héritage, des échanges entre cultures et peuples.
Edmond Oliveira, dans son projet « Memoria Episodika », raconte l’histoire de ces Portugais-e-s qui ont rejoint le Luxembourg en quête d’une vie meilleure. Issu lui-même de ce mouvement de masse, il raconte la transhumance vers le nord de l’Europe avec ses fêlures et ses doutes.

Jeff Weber montre lui des clichés personnels, entre expérimentation et poésie, images que Bert Theis n’aurait pas reniées. Le va-et-vient du Mont Saint-Watou de Simone Decker est un champ des possibles étrange, en quelques diapositives surréalistes.

Chacun-e à leur manière, les artistes présent-e-s au Cercle Cité renouvellent la pensée de Bert Theis. Une célébration joyeuse et utopique de la vitalité d’une pensée aujourd’hui relayée par une jeune génération d’artistes européen-ne-s qui ont un jour croisé la route de l’optimiste artiste.

Au Cercle Cité, jusqu’au 5 mai.

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