Exposition collective : La maison de tous les rêves

« I Dreamed I Was a House », du collectif insitu, transforme le premier étage du Casino en un assemblage de pièces oniriques – une expo ludique et délicieusement insolente par moments.

Photos : Casino – Forum d’art contemporain

Pour bien comprendre : le collectif insitu rassemble les curatrices et curateurs Marie Graftieaux, Nora Mayr, Gilles Neiens et Lauren Reid. Ensemble, elles et ils ont choisi les artistes Ulla von Brandenburg, Julie Favreau, Anna Hulacová, Aurora Sander, Markus Selg et Alvaro Urbano pour concocter cette exposition.

« I Dreamed I Was a House » part du constat simple que dans l’analyse des rêves, « le fait de rêver d’être une maison est le reflet de soi, avec les différentes pièces symbolisant les diverses facettes de la personnalité » – comme le décrit le texte explicatif. La première pièce de la maison rêvée est le couloir imaginé par l’artiste allemande Ulla von Brandenburg, dans la droite lignée d’« Alice au pays des merveilles ». En traversant une multitude de rideaux répétitifs, l’on atteint enfin le cœur de l’installation – une installation vidéo basée sur un vers de la poétesse polonaise Wisława Szymborska, qui évoque une conversation avec une pierre.

La salle à manger a été aménagée par le duo norvégien qui se cache derrière le nom d’Aurora Sander. Ici, c’est l’ironie qui prime : un plateau de fruits de mer attend sur de la glace en plastique d’être consommé. En même temps, une vidéo qui adopte le ton d’un reportage sous-marin se fout allègrement du business culturel en assimilant les artistes superstar à des poulpes, les collectionneurs à des requins-marteaux ou encore les directeurs de musée à des hippocampes, le tout pour illustrer le fragile écosystème de l’art.

La chambre à coucher a été confiée à l’artiste québécoise Julie Favreau. Ici, c’est la notion corporelle qui prime : le toucher, les odeurs ou encore le sexe. Pour imiter l’intimité d’une chambre à coucher, Favreau a exploré les tissus et s’expose dans un travail photo et une vidéo. La chambre des enfants est une œuvre d’Anna Hulacová. La jeune artiste tchèque s’est inspirée des mythes et des traditions de l’Europe de l’Est et mise sur la fantaisie libératrice des enfants, qui savent transformer les choses simples en trucs grandioses simplement par le biais de leur fantaisie.

Le bureau, réalisé par l’Espagnol Alvaro Urbano, n’en est pas vraiment un, mais représente un lieu de réflexion où les décors peuvent pourtant s’inverser pendant qu’on grille des clopes. Finalement, la cave, concoctée par l’artiste allemand Markus Selg, clôt l’exposition par une pièce où toutes les peurs humaines sont au rendez-vous – tout comme le courage de les surmonter.

À y bien réfléchir, le concept du collectif insitu était peut-être un peu (trop) léger, les liens entre art et psychanalyse étant établis depuis bien longtemps. Pourtant, les artistes choisis par les curatrices et curateurs ont su traduire ces liens en une exposition très vivante et facile d’accès. Et puis, c’est climatisé après tout…


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged , , , , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.