Photographie 
: Natures vivantes


Les Photomeetings Luxembourg 2017 ont débuté sous le titre « Man-made Landscapes ». C’est donc aussi la nature qui sera au centre des expositions – avec notamment les travaux de Hiroyuki Masuyama.

(Photos : galerie Clairefontaine)

Une plante peut avoir des milliers de profils. Surtout quand on est un insecte doté d’yeux à facettes qui permettent de décomposer l’image perçue. Dans sa série appelée « Still Life », Hiroyuki Masuyama a essayé de reconstituer un bouquet de fleurs du point de vue d’un insecte. Montées sur une structure oblique en bois, les facettes sont assemblées en effet sous la forme d’un œil de mouche. « J’ai voulu symboliser les liens très importants, mais aussi très différents que les humains comme les insectes peuvent avoir avec les fleurs et les plantes en général », explique l’artiste.

Pour ajouter encore une dimension à ses œuvres, il a procédé à des prises de vues en variant les temps d’exposition. Ainsi, le milieu est pris sur le vif, tandis que les facettes plus excentrées ont été exposées plus longtemps à l’objectif du photographe : « J’ai conçu cela un peu comme un feu d’artifice », raconte Hiroyuki Masuyama. « Au centre, il y a les explosions vives et brûlantes, et à mesure qu’on s’éloigne, le feu s’éteint petit à petit. »

Né en 1968 à Tsukuba, la « ville des sciences », qui héberge trois grandes universités nippones et située à 60 kilomètres de la capitale Tokyo, Hiroyuki Masuyama vit depuis 1995 à Düsseldorf en Allemagne. D’abord venu grâce à une bourse du Deutscher Akademischer Austauchdienst, il s’y installe après en travaillant un temps notamment pour l’Academy of Media Arts Cologne. Profitant de sa formation classique – peinture à l’huile et peinture murale à l’université de Tokyo -, il est aujourd’hui un artiste protéiforme qui combine photographie, installation, vidéo et sculpture.

Même si la brochure dit de lui qu’il est « probablement l’artiste japonais le mieux connu vivant en Allemagne », Hiroyuki Masuyama n’a pas coupé les ponts avec son pays d’origine. Comme il l’explique sur son œuvre « Flowers No. 7 », un très grand photomontage d’un pré fleuri, monté sur une « light box » (donc éclairé par l’arrière, un procédé qu’il avait notamment utilisé déjà pour son exposition d’hommage à William Turner, également montrée au Luxembourg) : « Ma mère était très proche des traditions bouddhistes de mon pays. Quand elle évoquait la vie après la mort, elle me disait toujours que ce serait comme un pré fleuri. Mais un pré qui ne serait pas soumis aux changements de saison – un pré éternellement fleuri. Les dimensions spatiale et temporelle sont essentielles pour mon travail. En fait, ce que je cherche, ce sont des moyens de les représenter en combinant plusieurs disciplines artistiques. Et ici, j’ai fait un pré hors du temps. »

Pour des raisons d’espace, « Flowers No. 7 » est le seul photomontage de la série à être montré à la galerie Clairefontaine. D’autres versions dépassent la largeur de 30 mètres. Toutefois, dans le cadre des Photomeetings Luxembourg 2017, Hiroyuki Masuyama fera une projection vidéo de son œuvre sur la place Clairefontaine – malheureusement seulement jusqu’au 15 septembre, date de publication du présent article.

Mais même si on rate cette projection vidéo, un saut dans la galerie Clairefontaine vaut le coup. Outre les travaux de Hiroyuki Masuyama, on y trouvera les œuvres du photographe Jens Liebchen, tandis que l’espace 2 de la galerie sera consacré à Edward Burtynsky, Mishka Henner et Yvon Lambert.

Toutes les expositions sont ouvertes jusqu’au 21 octobre. Plus d’infos sur le programme avec tous les événements sous www.photomeetings.lu

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