Luc Frieden a débarqué Georges Mischo du gouvernement. Il est remplacé par Marc Spautz au ministère du Travail. Mais ce changement de casting n’augure pas, pour l’instant, d’un nouveau cap politique.

Georges Mischo a officiellement quitté le gouvernement ce 11 décembre. (Photo : Chambre des députés)
Ce lundi 8 décembre, Luc Frieden a annoncé qu’il débranchait son ministre CSV du Travail et des Sports. La position de Georges Mischo était devenue intenable, alors qu’il est lourdement désavoué par les syndicats pour son incapacité à dialoguer et son alignement systématique sur les positions patronales. Son projet de construction d’un musée national des sports, à Esch-sur-Alzette, dont la procédure est entachée d’irrégularités, a sans doute été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et précipité sa chute. Mais Luc Frieden s’est gardé de reconnaître la moindre erreur, affirmant que Georges Mischo est victime d’attaques injustifiées. Ce qui n’est pas tout à fait du goût des syndicats, pour lesquels un mea-culpa, même a minima, aurait été le bienvenu.
Georges Mischo est remplacé aux Sports par Martine Hansen. Surtout, c’est Marc Spautz qui récupère le portefeuille du Travail. Ce changement de joueur en plein mandat marque la volonté de Luc Frieden d’apaiser un climat social devenu inflammable. Il s’agit aussi d’envoyer un signal aux élu·es CSV, dont certain·es ont les yeux déjà rivés sur les législatives de 2028 et s’inquiètent de l’impopularité croissante du parti.
Marc Spautz, c’est l’aile sociale du CSV, un ancien dirigeant syndical du LCGB et donc un bon connaisseur du droit du travail. « Il a été mon patron », rappelle au woxx Patrick Dury, le président du LCGB. Il salue sa nomination, tandis que son homologue de l’OGBL, Nora Back, signale les échanges fructueux qu’ils ont eus ces derniers mois avec lui.
Ce changement vient confirmer les difficultés du gouvernement Frieden à imposer son agenda propatronal. Outre ce remaniement en forme d’aveu d’échec, Luc Frieden fait face à des sondages d’opinion calamiteux.
Au cours de l’année passée, Marc Spautz a plusieurs fois haussé le ton pour dénoncer les attaques menées contre le modèle social par une coalition dans laquelle son parti est pourtant majoritaire. Mais souvent, sa contestation portait davantage sur la méthode, se faisant plus balbutiante dès qu’était abordé le fond. « On change de ministre, mais le programme de coalition, lui, n’a pas changé », note malicieusement Patrick Dury. Pour sa part, Marc Spautz a déjà dit qu’il allait conserver le cap tel qu’il a été défini en 2023. L’union des syndicats, formée par l’OGBL et le LCGB, attend donc de voir quelle direction va prendre la politique sociale du gouvernement et jugera sur pièces.
Cet épisode confirme les difficultés de Luc Frieden à imposer son agenda propatronal. Et la semaine n’aura vraiment pas été folichonne pour lui. Outre ce remaniement en forme d’aveu d’échec, Frieden fait face à des sondages calamiteux. Au classement des personnalités politiques les plus appréciées, il dégringole à la douzième place, selon le Politmonitor de décembre, commandé par RTL et le Wort. C’est la première fois qu’un chef de gouvernement ne figure pas dans le top 10 des personnalités politiques les plus populaires. À l’époque où il était ministre dans les gouvernements Juncker, Luc Frieden se plaignait déjà de son impopularité. En 2023, le « nouveau Luc » promettait de se montrer moins rigide et plus détendu. En 2025, force est de constater que ça coince toujours.

