Stratégie nationale de résilience : Pas de panique, le gouvernement est là !

von | 03.07.2026

La salle de presse de l’Hôtel Saint-Augustin était remplie ce mercredi 1er juillet. Le gouvernement avait invité les médias pour parler résilience et sécurité. Munis d’un d’un sondage, les ministres Léon Gloden (CSV), Yuricko Backes (DP) ainsi que le premier, Luc Frieden, ont dévoilé leur Stratégie nationale de résilience, le programme « Lëtz’Prepare ! ».

(Photo : Engin Akyurt/Pexels)

Le sondage sur lequel se base le gouvernement a été commandité par le Haut-commissariat à la protection nationale. L’ILRES a conduit l’enquête visant à évaluer la perception des citoyens sur les « risques et menaces » qu’ils pourraient être amenés à vivre au quotidien. L’enquête quantitative (plus de 1.500 sondé·es) se base sur un questionnaire internet et des entretiens téléphoniques. À partir de ces données, le premier ministre veut « préparer l’État et la société à toutes les possibilités » et organiser les communes autour de son projet de résilience.

L’ILRES a proposé un panel de menaces élargi. Celui-ci regroupe les conséquences du réchauffement climatique (incendies ou inondations), les risques d’attaques externes (cyber, militaires ou ingérences politiques), les crises de production (crises financières ou pénuries) et les épidémies sanitaires. Les sondé·es ont classé ces menaces en fonction des questions posées. La première question s’intéresse à la perception des personnes interrogées sur « la probabilité que ces risques se produisent ». D’après les sondé·s, érigé·es en expert·es informatiques, les cyberattaques auraient la plus grande probabilité de se produire. Mais les accidents nucléaires et les crises économiques seraient, de loin, les scénarios les plus inquiétants.

Le gouvernement compte responsabiliser ses résident·es. « Nous devons garder un État protecteur, mais également une société où chacun participe à l’effort de résilience », avance Luc Frieden. À la rentrée, le guide « Lëtz’Prepare ! » indiquera la marche à suivre en fonction de tous les scénarios recueillis. Les résident·es seront mieux informé·es sur les procédures. Il s’agit d’une stratégie « pan-sociétale » et « pan-gouvernementale », expose le premier ministre. Cette idée tombe également sous le « plan local de résilience », qui informe les communes sur les étapes à suivre lors d’une « catastrophe », explique pour sa part le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden. Ce guide indiquera, par exemple, le nombre de « conserves de raviolis » que les infrastructures communales devront stocker pour assurer une survie de 72 heures. La construction de nouvelles infrastructures communales pourra être subventionnée par l’État, si elles respectent les critères du label de résilience du gouvernement. Les infrastructures construites avec des matériaux optimisés pour faire face au dérèglement climatique ne devraient cependant pas profiter de ces aides. Ce dispositif permettrait aux communes de transformer leurs futures infrastructures en abris de fortune en cas de « catastrophe ».

La stratégie du sondage

La ministre de la Défense, Yuricko Backes, est moins alarmiste que ses deux compères du gouvernement. Elle rappelle d’abord que « nous ne sommes pas à la porte d’un conflit armée ». Mais elle pense qu’un « lien doit être créé entre le monde civil et le monde militaire », dans le cas où le Luxembourg entrerait dans un conflit armé « pour défendre le front allié de l’Otan ». Pendant la conférence de presse, les trois ministres basculent en permanence entre les exemples de menaces anxiogènes (guerres et accidents nucléaires) et des exemples moins angoissants, comme les coupures d’électricité.

Pour assurer la sécurité de ses résidents, le pays doit se reposer sur un dispositif d’alerte efficace. Cela ne sert à rien de prévoir les « catastrophes » si les résident·es ne sont pas informé·es à temps de leur venue. Le gouvernement se félicite du dispositif LU-Alert, dont l’application a été téléchargée par 40 % des sondé·es. « Il y a des pays, comme l’Espagne qui viennent nous demander conseil sur le dispositif de communication », s’enorgueillit Léon Gloden.

Les « scénarios catastrophes » restent cependant flous. L’État ambitionne de se préparer à tout, en développant une stratégie reposant sur un socle fragile : un sondage d’opinion. De plus, ce sondage ne mesure pas les risques réels, mais la « perception » des risques et menaces par les résident·es. À propos des sondages, Pierre Bourdieu écrivait en 1973 : « L’opinion publique n’existe pas ». Le gouvernement lui répond cinquante ans plus tard : « Nous allons nous baser dessus pour élaborer notre stratégie nationale de résilience. »

 

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