MUSIQUES ACTUELLES: En ligne droite

von | 09.02.2007

La Grande RĂ©gion Ă  l’honneur – Zic-Zac en Lorraine est une association qui dĂ©passe les frontières françaises, sans perdre des yeux son objectif premier: dĂ©velopper la carrière de musiciens locaux.

Un coup de grisou pour les oreilles, mais aussi pour le projet Eros: la couverture de la compilation qui a valu Ă  Zic-Zac en Lorraine l’exclusion du projet.

Celles et ceux qui s’intĂ©ressent un tant soit peu Ă  ce qui se passe de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière française connaissent probablement l’association Zic-Zac en Lorraine. Comme le nom l’indique, il s’agit d’une structure qui prend en compte toute la rĂ©gion lorraine, englobant ses quatre dĂ©partements. FondĂ© en 1999, Zic-Zac en Lorraine – dont le nom est la contraction de muSIQUES ACtuelles – par des amateurs passionnĂ©s de musique, l’association ne se veut „ni un collectif, ni une fĂ©dĂ©ration mais simplement l’outil juridique d’une mise en rĂ©seau des diffuseurs lorrains des musiques actuelles“. Ainsi se dĂ©finit la structure sur son site web. Selon AmĂ©lie Jeanesson, la chargĂ©e de communication, „l’action de Zic-Zac se situe avant tout sur le terrain. Il s’agit de rĂ©fĂ©rencer un peu tout ce qui existe en termes de structure pour les groupes. Des salles de concert qu’on peut programmer, des locaux de rĂ©pĂ©tition et autres outils que peuvent avoir les musiciens pour avancer dans leur chemin. Nous avons un rĂ´le d’information, en ce qui concerne les subventions auprès de tous les acteurs. Puis nous Ă©tablissons aussi le lien entre les institutions et les artistes“.

En pratique, cela veut dire que Zic-Zac se comprend un peu comme une mĂ©ta-association, dans le sens oĂą elle fĂ©dère d’autres associations locales, Ă©tablit des liens entre celles-ci et aussi envers les institutions publiques ou privĂ©es. Ainsi elle aide les groupes et musiciens qui le dĂ©sirent Ă  entrer en contact avec les fameux „tremplins de la musique“, comme ceux des EurockĂ©ennes de Belfort ou encore du Printemps de Bourges – pour lequel le Luxembourg a postulĂ© pour la première fois en 2006 et mĂŞme rĂ©ussi a placer un groupe luxembourgeois, Eternal Tango, dans la programmation du fameux festival de newcomers.

L’exclusion d’Eros

Pour son financement, Zic-Zac reçoit des subventions du conseil rĂ©gional de Lorraine et des conseils gĂ©nĂ©raux – dĂ©centralisation oblige, le ministère de la culture français n’intervient pas directement dans ces procĂ©dures. D’autant plus que travailler en rĂ©seau et surtout dĂ©passer les frontières du territoire national peut impliquer d’autres possibilitĂ©s plus larges au niveau europĂ©en. C’est ainsi qu’en 2005, Zic-Zac a dĂ©cidĂ© de participer au projet Eros (Europe, RĂ©seau et Outils pour la Scène), qui se dĂ©roule en France, en Belgique et au Luxembourg (oĂą les partenaires sont la Kulturfabrik et Backline asbl). L’idĂ©e derrière Eros est simple: sĂ©lectionner des groupes sur dossier et les faire passer Ă  travers deux niveaux. Premier niveau: l’Eros-Tour qui rassemble les groupes sĂ©lectionnĂ©s et qui les fait tourner dans les diffĂ©rentes rĂ©gions et pays. Le niveau deux est plus abstrait: dĂ©veloppement de la carrière. Cela peut pouvoir dire beaucoup de choses, d’une chanson placĂ©e sur une compilation locale Ă  contrat avec une major. Pour Zic-Zac s’Ă©tait avant tout cette première possibilitĂ©, certes modeste, qui semblait la plus souhaitable.

Selon AmĂ©lie Jeanesson toutes les structures participant au projet Eros semblaient ĂŞtre d’accord avec l’idĂ©e de la compilation avancĂ©e par Zic-Zac. Ce qui les a poussĂ©es Ă  croire que c’Ă©tait une chose dĂ©cidĂ©e. „Le problème c’est que tout s’est mis Ă  traĂ®ner pendant des mois et des mois et que rien ne se passait“, explique-t-elle. C’est Ă  ce moment que Zic-Zac dĂ©cide de prendre les choses en main. Et de rĂ©aliser „en solo“ la compilation tant attendue par les groupes arrivĂ©s au niveau deux. BaptisĂ©e „Un coup de grisou pour les oreilles“ – elle comprend des groupes français, belges et luxembourgeois et est une collection de petits joyaux de tous les genres possibles: Ă©lectro, pop, world, punk, indĂ©, expĂ©rimental, mĂ©tal et bien-sĂ»r aussi de la chanson française. Mal leur en a pris. En rĂ©action, leurs partenaires ont dĂ©cidĂ© de les exclure du projet et du rĂ©seau Eros. Pour une strucure qui veut encore faire avancer son expansion, cela peut signifier, peut-ĂŞtre pas un arrĂŞt de mort mais en tout cas des problèmes substantiels. Si elle n’est pas au courant des consĂ©quences budgĂ©taires de l’exclusion – l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de Zic-Zac doit se tenir bientĂ´t pour clarifier ce volet – AmĂ©lie Jeanesson ne pense pas que c’est la fin du monde. „Cela complique un peu les choses, c’est sĂ»r. Surtout au niveau du dialogue avec les autres associations. C’est dommage qu’on ne puisse plus travailler ensemble avec certains partenaires, car finalement nos objectifs sont les mĂŞmes“. Pour le futur, Zic-Zac envisage de lancer son propre appel Ă  candidatures et de continuer Ă  travailler sur des compilations. „C’est aussi pour se dĂ©marquer un peu par rapport au projet Eros. Qui d’ailleurs n’a toujours rien fait pour les musiciens du niveau deux, et n’annonce rien de concret pour son appel Ă  candidatures pour 2007.“

En outre, Zic-Zac prĂ©voit en ce moment aussi de se rapprocher d’une structure encore en construction: le Centre RĂ©gional de Musiques Actuelles (CRMA) de Nancy. Il s’agit d’une structure qui regroupera des salles pour le spectacle vivant et les oeuvres multimĂ©dias, des espaces destinĂ©s Ă  la crĂ©ation et Ă  la formation, comme des studios d’enregistrement et des salles de rĂ©pĂ©tition et un centre de documentation – une Rockhal lorraine d’après les ingrĂ©dients. Si elle rĂ©ussit Ă  s’associer durablement Ă  cette structure, son avenir s’annonce radieux. Car en fin de compte, l’exclusion d’Eros ne veut pas dire qu’aucune structure ne veuille collaborer avec Zic-Zac – la Kulturfabrik compte d’ailleurs toujours parmi ses partenaires et n’a pas cessĂ© le dialogue – mais plutĂ´t le fait qu’elle soit forcĂ©e de s’Ă©tendre encore plus. „En ce moment nous sommes en train de voir ce qui se passe en Belgique et au Luxembourg“, raconte AmĂ©lie Jeanesson“, et Ă  l’avenir nous allons essayer d’aller encore plus loin avec nos projets“.

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www.zic-zac.com

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