EXPOSITION COLLECTIVE: Anywhere out of the World

Comme chaque année et comme chaque fin de saison, la galerie Clairefontaine organise une exposition collective
avant de fermer pour la saison estivale. Cette année le thème autour duquel les artistes ont été choisis, ou sur lequel ils se sont penchés à la demande de la galerie, est « Fernweh » – mot qu’on pourrait traduire en français comme étant le « mal du lointain », à l’opposé du mal du pays.

En d’autres mots, le thème invite au voyage, ce qui s’accorde à merveille avec la saison, tout en laissant une large plage d’interprétations possibles aux artistes. « Mais ce ne sont pas nos fonds de tiroir, ressortis une dernière fois avant de disparaître », assurent de concert Marita Ruiters, la galériste, ainsi que son assistante. Si elles insistent tellement sur ce fait, c’est peut-être justement que les visiteurs chevronnés de la galerie Clairefontaine peuvent avoir l’une ou l’autre impression de déjà-vu en parcourant les salles. Ainsi, on a droit à plusieurs photos de Lucien Clergue – auquel était dédié la dernière exposition monographique de la galerie Clairefontaine – et même si les images de l’ancien disciple de Pablo Picasso sont toujours sublimes et n’ont pas encore été montrées au Luxembourg, elles proviennent des mêmes séries que celles accrochées aux mêmes murs quelques mois auparavant. Un autre rendez-vous avec le passé sont les photos de Mimmo Jodice et de Gabriele Basilico qui avaient été montrés au cours d’une exposition antérieure, intitulée « La Mer » – mais disons que dans le cadre de « Fernweh », ces photos sont plutôt bien choisies puisqu’elles illustrent à merveille le thème.

Parmi les autres artistes connus de la galerie citons encore la peintre Nina Mambourg, qui y a déjà exposé ses tableaux sous le titre de « Auf der Couch ». Ces grands portraits de femmes – toujours la même a-t-on l’impression – sont d’une parfaite finition et impressionnent tant par leurs couleurs intensives que par le trait mélancolique des protagonistes. Toujours est-il qu’à force de repeindre le même motif pendant des années, cela deviendra inévitablement lassant un jour ou l’autre.

Mais il y a aussi des créations originales. Citons parmi celles-ci le photographe Michel Medinger qui, pour une fois, a fait dans le collage. Ses quatre petits tableaux intitulés « Bien le bonjour », sont des cartes postales luxembourgeoises anciennes – datant probablement des années 50 – auxquelles il a apposé de vieux timbres un peu exotiques, provenant par exemple d’URSS. Une autre série de Medinger – « Remich plage » – montre des personnes se mettant à l’aise aux bords de la Moselle. Effet curieux : avec le noir et blanc, on pourrait croire à des photos d’époque, alors qu’elles datent en réalité de 2004 – mais aucun détail, à l’exception d’une sculpture, ne révèle cela.

En guise d’« appetizer », la galerie montre aussi deux nouveaux tableaux de Roland Schauls, qui sera à l’honneur en automne avec une exposition monographique. Les deux tableaux « sans titre » montrent des jeunes hommes, entre mélancolie et concentration, lisant dans des fauteuils près d’un fleuve. On notera surtout les vives couleurs choisies par l’artiste.

Sinon, « Fernweh » reste une bonne occasion de voir ou de revoir des oeuvres d’artistes qui ont peuplé la galerie ces dernières années, comme Andrès Lejona, Joachim van der Vlugt ou encore Giacomo Costa. En d’autres mots : un détour par les deux salles de la galerie vaut le coup.

A la galerie Clairefontaine I et II, jusqu’au 24 juillet.


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