PEINTURE/INSTALLATION: Interurbain balkanique

Cela ne date que de juillet 2010 que la galerie Covart a ouvert ses portes dans la rue Adolphe Fischer à Luxembourg-Ville. Discrète, située un peu en arrière de la rue, elle n’en est pas moins intéressante aussi bien par son concept que par les contenus qu’elle propose. Un exemple en est Marko Zubak, artiste totalement inconnu sous nos latitudes que la jeune galerie présente pour une première fois au Luxembourg.

Originaire de Zagreb en Croatie, où il grandit dans une famille d’artistes et a évolué dans la galerie familiale, il se sent pourtant pousser des ailes dès 1999. Au cours de ses études – des Beaux-Arts forcément – à Bologne et à Barcelone, il entre en contact avec la culture urbaine, le monde des skateurs et du graphisme avant tout. Il collabore à de nombreuses revues en tant qu’illustrateur et participe à des expositions collectives. Pourtant, il n’a jamais délaissé ses origines puisqu’en 2000 déjà il fonde un atelier dénommé Grisia à Rovinj en Croatie. Rentré définitivement au pays en 2008, il oscille désormais entre Rovinj et Zagreb où il entretient aussi un atelier.

Ainsi, Marko Zubak est un artiste qui échappe avant tout aux préjugés qu’on pourrait avoir en considérant un artiste originaire des Balkans. Ni la mélancolie, ni le folklore et encore moins des souvenirs de guerre sont des thèmes prédominants dans ses oeuvres. Mais, s’il ne met pas cette identité en vitrine, cela ne veut pas dire qu’on doive voir en Marko Zubak un artiste totalement assimilé aux courants de l’art contemporain occidental. C’est plutôt qu’il est en réalité un voyageur – voire un messager – entre deux mondes.

Ses grandes toiles par exemple pourraient passer pour une énième version pop-art sur le thème de l’urbanité. Néanmoins, les couleurs choisies, surtout l’ocre et le jaune foncé qui reviennent fréquemment, sous-tendent ses compositions d’une certaine tristesse. Comme celle que l’on éprouve en contemplant des photographies d’antan un peu fanées. C’est un peu comme si des tensions sous-jacentes pourraient se lire à travers ces coloriages – car le reste des compositions diffère peu des choses qu’on a déjà vues et revues tant de fois : décors urbains et bâtiments détournés, slogans cachés et images se dédoublant sur plusieurs couches, offrant ainsi des perspectives invraisemblables et surréalistes. Néanmoins, les tableaux de Marko Zubak restent captivants – par rapport aux autres oeuvres exposées.

Comme par exemple ces grandes toiles de robots coloriés, qui viennent droit de l’univers du graphisme et démontrent les talents d’illustrateur de l’artiste. Ou comme ses sculptures, quelques formes presque identiques déclinées sous diverses couleurs, ainsi qu’un dyptique de sculptures humanoïdes crées expressément pour l’exposition luxembourgeoise. Tout cela est bien beau, mais ne dépasse que rarement le niveau purement esthétique et pourrait aussi bien être de la décoration.

Finalement, l’exposition de Marko Zubak montre un artiste pourvu d’un potentiel, mais qui se cherche encore.

Jusqu’au 12 février.


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