SÉCURITÉ EUROPÉENNE: Tous des terroristes ?

von | 09.09.2011

Aujourd’hui, la Commission européenne va présenter son « Réseau de sensibilisation à la radicalisation ». Mais la terminologie employée ces dernières années n’a rien de rassurant.

Dix ans après le onze septembre et à peine un mois après les émeutes en Angleterre, l’Union européenne met sur pied, comme l’a indiqué aujourd’hui la commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, son « Réseau de sensibilisation à la radicalisation ». Ce n’est pas forcément une surprise, étant donné que ce projet est en cours depuis au moins le 22 novembre 2010, lorsque la Commission avait adopté sa « Stratégie de sécurité intérieure de l’UE en action ». Cette stratégie s’inscrivait dans le fameux programme de Stockholm, destiné, selon ses auteurs, à renforcer les droits, la justice et la liberté des citoyens européens.

Une stratégie qui se décline en cinq points dont la prévention du terrorisme et la lutte contre la « radicalisation » et le recrutement de terroristes est à l’origine de la mise sur pied du réseau contre la radicalisation. Le document-clé adopté sous présidence espagnole l’année passée, « Vers un modèle européen de sécurité », ne s’embarrasse pas trop d’analyses profondes, mais semble plutôt considérer le terrorisme ou la radicalité politique sous le prisme de la théorie des extrêmes, qui tend à établir des raccourcis idéologiques.

Si les différents textes relatifs à la sécurité jurent la main sur le coeur qu’aucun accroissement au niveau des capacités de renseignement (qui doivent être « souples » et « flexibles ») ne doivent se faire au détriment des libertés individuelles et qu’il s’agit évidemment de privilégier la « prévention », ils n’hésitent pas non plus à se faire politiques en soulignant que les instances publiques européennes doivent veiller à assurer le leadership idéologique (« to ensure that voices of mainstream opinion prevail over those of extremism »).

Si l’on se penche ensuite un peu sur le site du groupe de réflexion baptisé ENER (European network of experts on radicalisation) qui conseille en la matière la Commission européenne, et que l’on visite le « glossaire » truffé de « mots-clés » relatifs à la radicalisation, l’on peut avoir certaines surprises. Ainsi, ce sont principalement les champs lexicaux relatifs à la terminologie islamique ou gauchiste que l’on peut y retrouver. Pêle-mêle, le glossaire passe de l’Oummah (qui se rapporte à la « communauté des croyants » dans l’Islam) au wahabisme (doctrine prévalant chez nos « alliés » saoudiens), à la « radicalisation violente », l‘ « avant-garde », voire même les « mouvement sociaux » ou la « résistance ». Le glossaire devient encore plus distrayant lorsqu’il définit des termes que les experts semblent avoir inventé eux-mêmes, comme « l’anarcho-extrémisme » ou « l’extrémisme anti-mondialisation ».

Dans un excellent article du britannique Owen Jones paru dans l’édition de septembre du Monde diplomatique au sujet des émeutes en Grande-Bretagne, l’auteur rappelle les propos du premier ministre de sa Majesté, David Cameron, au lendemain des émeutes. S’il parlait des « problèmes sociaux » c’est pour les assimiler à un « lent effondrement moral » dont l’origine seraient « des enfants sans parents, des écoles sans discipline et des récompenses sans efforts ». Les réponses à ces problèmes, le gouvernement tory les a trouvées dans un accroissement de la répression aussi bien pénale que sociale, en grevant davantage les aides sociales déjà particulièrement faibles dans ce pays qui compte les plus grands écarts sociaux de toute l’Union européenne. Faute de pouvoir faire face aux problèmes sociaux croissants, l’Europe semble préférer se préparer à faire face aux troubles à venir : de manière juridique mais aussi idéologique.

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