EXPOSITION COLLECTIVE: Difficile Ă  traduire

von | 10.11.2011

« Found in Translation, Chapter L Â»Â – la nouvelle exposition du Casino-Forum d’art contemporain déçoit par son manque de cohĂ©rence et la pauvretĂ© de certaines pièces.

Jani Ruscica
Beatbox, 2007
film still

Une fois n’est pas coutume, le Casino a failli Ă  sa tradition d’assommer le visiteur dès qu’il pĂ©nètre dans le hall. Au lieu d’y installer des Ă©crans vidĂ©os Ă©normes ou des cibles Ă  flĂ©chettes, cette fois il faut faire diablement gaffe de ne pas marcher dans une oeuvre d’art Ă©talĂ©e Ă  mĂŞme le sol : « Unpacked Painting Â» de Liudivikas Buklys. On y voit une croĂ»te anonyme qui pourrait provenir du 18e siècle, avec un homme dessus, mais toujours dans sa boĂ®te en carton. Comme si ce portrait, tout Ă  fait anodin, aurait retrouvĂ© une place dans un musĂ©e d’art contemporain par le biais d’une petite installation. Certes, le geste est beau, mais on voit mal sa pertinence et comment il se raccorde aux autres oeuvres exposĂ©es dans « Found in Translation, Chapter L Â». Serait-ce parce qu’il s’agit de la troisième mouture d’une exposition qui s’est dĂ©jĂ  tenue deux fois Ă  Bruxelles, sous la tutelle du mĂŞme commissaire d’exposition, Emmanuel Lambion, qui travaille pour Bn-Projects ? Cela se peut, mĂŞme si ce dernier assure dans sa prĂ©face au prospectus de l’exposition que le : « Chapter L luxembourgeois est (?) assurĂ©ment la plus importante et diversifiĂ©e Ă  ce jour, tant par le nombre d’artistes invitĂ©s (trente) que par le caractère spĂ©cifique de l’institution qui l’accueille Â». Il se peut que ce soit ce surpoids, ce surdosage si typique de la vie culturelle locale, qui rend « Found in Translation, Chapter L Â» un peu indigeste.

Car, si le but de l’exposition est de rendre visible comment « par le simple basculement d’une perspective ou d’un contexte donnĂ© vers un autre (?) s’opère un phĂ©nomène implicite et subtil de remise Ă  plat, de questionnement, de normes, de codes, de langages et de pratiques consacrĂ©s Â», il est un peu gĂ©nĂ©raliste.

Ou autrement dit : c’est cela le but de l’art depuis le berceau de l’humanitĂ©. Les oeuvres d’art qui ont trouvĂ© leur place dans la grande Histoire ont toutes Ă©tĂ© des pièces, tableaux, sculptures et installations qui dĂ©rangeaient, qui questionnaient et qui par cela ouvraient des portes Ă  la perception humaine, qu’elle soit esthĂ©tique, politique ou sociologique. C’est donc de cette « translation Â», de cette traduction d’un geste Ă  la fois critique, crĂ©ateur et novateur dans un langage artistique que traite « Found in Translation, Chapter L Â». Autant dire que le risque de nombrilisme artistique est assez Ă©levĂ©.

Comme les installations de Sophie Haesarts, qui sont Ă©parpillĂ©es un peu partout dans le Casino. Ce sont des objets quotidiens, Ă  peine dĂ©tournĂ©s et dont les titres – le plus souvent des noms et un petit topo, genre « Grace Has One Leg To Stand Upon Â» – donnent l’apparence de transfigurations d’objets en personnes. Une idĂ©e touchante certes, mais pourtant, ce n’est ni vraiment rĂ©volutionnaire, ni vraiment gratifiant Ă  voir. Une autre perspective aussi simpliste d’apparence, mais plus intĂ©ressante, est celle opĂ©rĂ©e par Simon Starlin et Edith Dekynth, que l’on peut trouver dans la salle gauche du rez-de-chaussĂ©e. Edith Dekynth nous propose de voir quelque chose dans une nouvelle perspective que la plupart des bobos connaissent dĂ©jĂ  : la petite lumière fluctuante, le petit tĂ©moin d’un ordinateur portable Apple qui s’allume et s’Ă©teint tout le temps. En projetant cette lumière sur le mur, elle ne fait pas seulement personnaliser cet atout du tout crĂ©atif, car cela ressemble Ă  la frĂ©quence d’un pouls, mais elle donne aussi un « statement Â» ironique sur la sociĂ©tĂ© qui l’utilise. Le travail de Simon Starling se situe dans la mĂŞme voie ironique. « D1-Z1 Â» est un projecteur vieux modèle qui projette des images de l’intĂ©rieur d’une machinerie qui pourrait se trouver dans son boĂ®tier. Donc, nous voyons une machine introspective qui se filme elle-mĂŞme. Le concept de Starling s’appuie sur toute une tradition de questionnements artistiques et philosophiques qui traitent de l’intelligence possible des choses inanimĂ©es.

Des chauves-souris aux beat-boxeurs

Mais les choses vraiment intĂ©ressantes attendent le visiteur quand il pĂ©nètre la dernière salle du cĂ´tĂ© droit. Ce sont les vidĂ©os de Jani Ruscica : « Batbox Â» et « Beatbox, Alternate Take Â». Tandis que le premier s’intĂ©resse Ă  un bio-acousticien anglais qui a dĂ©veloppĂ© une « Batbox Â» pour rendre audibles, et donc de traduire, les sons Ă©mis par les chauves-souris dans les grottes du Dorset, le second se concentre sur le lyrisme de D’Janau Morales aka Vocab, une jeune artiste new-yorkaise Ă©voluant dans le milieu des beatboxeurs. Pas de rapport, dites-vous ? Et pourtant, il y a des parallèles entre ces deux milieux, car les chauves-souris, tout comme les slammeurs et les beat-boxeurs urbains, explorent leur terrain par des bruits et des gestes et Ă©voluent d’une mĂŞme façon dans leurs environnements respectifs. C’est d’une beautĂ© insolite et fascinante que les parallèles entre les deux vidĂ©os Ă©closent après avoir vu les deux films. En d’autres mots : une oeuvre d’art contemporaine qui permet de ressentir quelque chose comme de l’esthĂ©tisme et qui fait penser en mĂŞme temps, c’est assez rare et donc Ă  voir absolument.

De toute façon, une chose est apparente : la qualitĂ© des travaux vidĂ©o dans « Found in Translation, Chapter L Â» est d’une très haute qualitĂ©. Comme celle de Saskia Holmkvist, « Blind Understanding Â», qui se trouve au premier Ă©tage. Ici aussi, les apparences sont trompeuses : le spectateur se trouve embarquĂ© dans un canot sur une rivière paisible dans une atmosphère bucolique de soleil couchant. En mĂŞme temps, il est bercĂ© par la voix monotone de l’artiste, qui dĂ©veloppe au cours de ce petit voyage un fil narratif des plus intĂ©ressants. Elle commence par dĂ©crire comment au dĂ©but du 19e siècle, certains chants d’oiseaux se modifiaient dĂ©jĂ  dans les rĂ©gions urbaines et commençaient assez Ă©trangement Ă  ressembler Ă  des chansons ouvrières pour finir sur une rĂ©flexion sociopolitique très intĂ©ressante. Ce n’est pas seulement le contenu qui frappe dans « Blind Understanding Â», mais aussi la forme, puisque Holmkvist n’abuse pas de la technique vidĂ©o pour agacer le spectateur, comme c’est trop souvent le cas. Elle n’a pas peur d’entretenir le spectateur, c’est cela qui rend son travail remarquable, cette volontĂ© de communiquer de sortir de cette manie de l’art contemporain de rester cryptique et hermĂ©tique.

Car de ces cas aussi on en trouve dans « Found in Translation, Chapter L Â», comme « Twelve Birds, Five Horses and a Small Fire Â», de Freek Wambaq. Les Ă©lĂ©ments Ă©voquĂ©s dans le titre se trouvent symbolisĂ©s sur une table sous forme de noix de coco vidĂ©es, de gants en caoutchouc et d’un sac en plastique. Transposition magique ? Un sens plus profond ? MĂŞme le prospectus se cache dans un blabla postmoderniste quand il Ă©voque cette oeuvre. Et pour cause, le seul lien causal entre les objets et le titre est le bruitage : on peut utiliser les noix de coco pour les chevaux, les gants pour les oiseaux et le plastique pour le feu. Mais bon, ce n’est pas gagnĂ©.

Donc, en gĂ©nĂ©ral, on retiendra que « Found in Translation, Chapter L Â» comporte certes quelques pièces admirables (dont certaines n’ont pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©es ici), mais ne peut pas vraiment percer par un manque de cohĂ©rence que peut-ĂŞtre les experts et les commissaires comprendront et apprĂ©cieront mais oĂą le visiteur lambda se sent vite dĂ©passĂ©, voire dĂ©sintĂ©ressĂ©.

Dat kéint Iech och interesséieren

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Assises sectorielles du chant choral: Junge Chorsänger*innen gesucht

Die „Assises sectorielles du chant choral“ vom vergangenen Samstag offenbarten, wo den Chören hierzulande der Schuh drĂĽckt. Es mangelt an Sichtbarkeit, pädagogischem Know-how und vor allem an Nachwuchs.   Wie bei Rundtischgesprächen ĂĽblich, boten die „Assises sectorielles du chant choral“ vergangenen Samstag einen Morgen voller leiser...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch: Luxemburgisch im Fokus

Die Luxemburger Sprache soll ab diesem Jahr jeden 26. September gefeiert und gefördert werden – und zwar mit Kulturevents, Aktivitäten und Diskussionsrunden. Das Programm der Erstauflage des „Dag vun der Lëtzebuerger Sprooch“ wurde am Montag bei einer Pressekonferenz vorgestellt. „Sprache ist der Schlüssel zur Welt“, sagte bereits Wilhelm von...

KULTUR AM ALLGEMENGEN

Staffelfinale „And Just Like That”: Vergessene Vorläufer

Allzu schwer fällt er nicht, der Abschied von der Serie „And Just Like That“ – sie hat den Charme des Anfangs eingebüßt. Interessanter ist ein Blick auf die Ursprünge: Mit Mary McCarthys Buch „The Group“ fing alles an. Und einfach so ist alles vorbei: Mit dem Staffelfinale des „Sex and the City“-Sequel „And Just Like That“ schließt das...