Mangen Claude : MASKENADA

Dans une interview qu’il a accordée à notre hebdomadaire et à la veille de la représentation d'“Après Soleil“, dernier rejeton de „Maskénada“, Claude Mangen, président de l’association s’est exprimé sur le passé, l’actuel mais aussi le devenir de l’association.

Foto: Christian Mosar

Escale vers le futur

„Maskénada“ – ce substantif aux sonorités américano-latines vous dit peut-être quelque chose. Sûrement. Non, il ne s’agit pas du titre du dernier tube salsa de l’été. „Maskénada“ c’est tout simplement une poignée de personnes animées de la flamme culturelle qui se sont regroupées pour „faire quelque chose“ ensemble. Un matin d’avril 1995, pendant que dans la capitale grand-ducale, alors Ville Européenne de la Culture, les activités culturelles acquièrent leurs lettres de noblesse, Claude Mangen, homme de théâtre, et Serge Tonnar, rockeur passionné, allient leurs forces et leurs faiblesses pour nager à contre-courant d’une culture conformiste et conformée. „Maskénada“ est né.

woxx: Des associations organisatrices de manifestations culturelles, le Grand-Duché en compte de plus en plus. Où positionnez-vous „Maskénada“?

Claude Mangen: Lorsque Serge Tonnar et moi-même avons fondé „Maskénada“, nous voulions avant tout être indépendants. Indépendants, dans le sens où nous souhaitions expérimenter, essayer de nouvelles choses sans devoir nous conformer aux normes établies. Je précise néanmoins qu’il ne s’agissait pas de mettre sur pied un organe réactionnaire, anticonformiste.

Une structure donc plutôt non-conformiste qu’anticonformiste?

C’est à peu près cela, oui. Cet aspect s’illustre d’ailleurs parfaitement dans le choix des scènes où nous nous produisons. „Maskénada“ étant un groupe „à part“, les planches sur lesquelles nous évoluons se doivent de l’être tout autant.

Justement, pour ce qui est d'“Après Soleil“, les locaux mis à votre disposition sont, pour ainsi dire, assez conventionnels. La Salle „Sang a Klang“ à Luxembourg-Pfaffenthal ne refléte pas exactement la „mouvance“ „Maskénada“. Ce choix a-t-il été délibéré ?

En fait, non. Au départ, „Après Soleil“ devait se jouer à Bettembourg à la Cellula, qui aurait en effet fourni un cadre exceptionnel. D’autant plus que le choix de la localité n’était pas non plus arbitraire. La décentralisation, est l’une des lignes directrices de notre association et puisque jusqu’ici nous avions majoritairement oeuvré sur des scènes du Nord du pays, nous voulions cette fois-ci jouer au Sud du Grand-Duché. Malheureusement, nos négociations avec l’Administration communale de la cité minettoise n’ont pas assez vite abouti, nous contraignant à chercher d’autres lieux, le tout dans un délai assez court. Mais ce n’est que partie remise. Nous avons la tête pleine de projets, notre agenda 2002 est, quant à lui, déjà bouclé.

Des projets de quelle nature?

Par exemple, „Eat it“, une performance multimédia et pluridisciplinaire, le music-hall „Alice in Wonderland“, de même de la pièce de théâtre „L’homme qui“, pour ne citer que ceux-là. Un autre projet est „Softwar“, la nouvelle formation autour de Serge Tonnar. Toutes ces productions se retrouvent détaillées sur notre site internet: www.maskenada.lu Comme vous le voyez, nous ne chômons pas.

Où se situe „Après Soleil“ dans cette évolution?

Si „Après Soleil“ est un peu l’exception à la règle de notre programme, il n’en constitue pas moins un tournant dans l’histoire de „Maskénada“, car il marque l’avènement d’une nouvelle ère pour notre association, une sorte de prologue avant le début du récit. Tout d’abord parce qu’après le succès de créations comme „Lasamarmo“ (1999) ou „West Side Story“ (2000), nous avons voulu nous retirer un peu de la scène publique pour pouvoir effectuer une sorte d’introspection, de réflexion sur notre structure et son devenir. Ensuite, parce que tout en étant une „exception“ – ne serait-ce que parce que l’interdisciplinarité et le travail avec des artistes étrangers, qui d’ordinaire sont des critères que nous privilégions dans nos oeuvres, n’y tiennent qu’un rôle trivial, „Après Soleil“ est une compilation, un résumé de ce que nous avons fait par le passé (danse, musique, théâtre …), mais aussi la „table des matières“ de ce que nous ferons prochainement. Je qualifierais donc ce projet de consolidation qui sert à forger et à former le groupe dans ses structures internes.

Le vernissage d’une nouvelle saison, en somme?

C’est ça. Comme celle que nous fêterons le jour même de la représentation et où nous rendrons hommage au patronyme de notre association en faisant „mas que nada“: plus que rien, traduit de l’espagnol.

Interview realisée par Sam Konsbrück

„Après Soleil“, live music & theatre performance, présenté par Maskénada et woxx. Avec Thierry van Werveke, Sascha Ley, Raquel Barreira, Mike Tock, Yann Tonnar, Thierry Kinsch, Bernard Baumgarten, The Astronoïds et autres. Samedi le 22 septembre 2001, au „Sang a Klang“, rue Vauban, de 19.00 à 03.00 heures, entrée: 500 LUF.Claude Mangen sur „Maskénada“: „Nous ne chômons pas“.


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