FANFARE: Schammo François

von | 21.06.2002

A l’occasion de la fĂŞte nationale, le woxx a interviewĂ© le directeur de la Fanfare Royale Grand-Ducale, François Schammo.

„Je ne peux qu’ĂŞtre très honorĂ©.“

François Schammo est devenu directeur de la Fanfare Royale Grand-Ducale à 20 ans.

(photo: Christian Mosar)

Musique métier, musique passion

Enfant de Luxembourgeois et d’Italienne NĂ© en 1978, François Schammo – ancien Ă©lève de Carlo Pettinger au Conservatoire et, actuellement, inscrit Ă  la „Staatliche Hochschule fĂĽr Musik“ en Allemagne – est, de plus, depuis septembre 1999, directeur de la „Fanfare Royale Grand-Ducale de Luxembourg – Grund – Fetschenhof – Cents – Pulvermuhl“, qui fĂŞte cette annĂ©e son 150e anniversaire.

woxx: Pourquoi avez-vous choisi la musique militaire?

François Schammo: J’aime bien les traditions luxembourgeoises. Mon père m’a toujours amenĂ© avec lui aux concerts de la musique militaire, depuis tout petit. Cette musique permet de jouer des styles très diffĂ©rents, comme, par exemple, quintette Ă  cuivres, quintette Ă  vent, et c’est très bien de faire cela avec d’autres musiciens professionnels. De plus, il y a une bonne ambiance.

Mais vous ne jouez pas seulement dans la musique militaire …

Parfois je joue dans d’autres ensembles, dans des orchestres symphoniques. Je fais aussi partie d’un quintette Ă  cuivres, „Les cinq gourmets“.

Enfant, auriez-vous pu imaginer que vous deviendriez directeur de la „Fanfare Royale Grand-Ducale“?

Non, jamais! J’Ă©tais toujours fascinĂ© par les chefs d’orchestre. J’admirais leur travail. Si je pense qu’actuellement je suis directeur de la mĂŞme fanfare que, jadis, Jean Antoine Zinnen, le compositeur de l’hymne national luxembourgeois, je ne peux qu’ĂŞtre très honorĂ©.

Comment cela s’est fait?

Quand j’avais 15 ou 16 ans, l’ancien chef de la Fanfare Royale, Marc Gries, m’a demandĂ© d’aider avec le cor pour un concert …

Vous aviez donc déjà une bonne réputation comme musicien?

Jouer du cor, au Luxembourg, n’Ă©tait pas aussi rĂ©pandu que maintenant. Je connaissais beaucoup de monde, les gens savaient que j’aimais bien jouer dans des fanfares. J’ai Ă©tĂ© le successeur de Roland Schiltz, dans la direction de l’Harmonie des Jeunes, et lorsque Marc Gries a quittĂ© la direction de la Fanfare Royale, on m’a demandĂ© si je voulais le remplacer. C’Ă©tait une grande preuve de confiance, de donner cette responsabilitĂ© Ă  quelqu’un de 20 ans.

Faut-il une chimie particulière entre le chef et les musiciens pour aboutir au résultat souhaité?

Le secret est de pouvoir communiquer avec les gens. C’est le plus difficile et le plus important comme chef. On doit ĂŞtre un bon musicien et un bon communicateur.

Vous ĂŞtes des amateurs, mais le rĂ©sultat doit ĂŞtre professionnel …

Exactement! De plus, les Ă©chos circulent très vite, car le Luxembourg est petit. On sait tout de suite si le concert Ă©tait bon ou mauvais … Et c’est une belle satisfaction comme chef, que les commentaires soient favorables. Mais j’aime aussi les critiques. Par exemple, des gens, très diffĂ©rents, qui, après un concert, me disent que le programme Ă©tait trop difficile pour leurs oreilles. Dans ce cas, la fois d’après, on choisit des ´uvres plus lĂ©gères. Je suis musicien professionnel et je veux faire une musique de qualitĂ©. Cette annĂ©e, par exemple, les ´uvres de notre concert Ă©taient exclusivement de compositeurs luxembourgeois et les gens Ă©taient très contents de cela. Je n’aurais jamais cru que le concert aurait un succès pareil, car la musique luxembourgeoise est très peu jouĂ©e.

Qui établit les programmes des concerts?

Parfois des musiciens font des suggestions et souvent je les accepte. La dĂ©cision ultime, c’est Ă  moi de la prendre, en tant que responsable.

Quelles sont les conditions exigées pour entrer dans la fanfare?

Il faut faire le solfège pendant une annĂ©e. La deuxième annĂ©e, on peut commencer avec un instrument. L’Ă©cole de Cents est associĂ©e au conservatoire. Le seul „problème“ se pose si un enfant veut Ă©tudier le violon, ou le piano, ou d’autres instruments qui ne servent pas Ă  la fanfare. La troisième annĂ©e, si leur choix est compatible avec la fanfare, je les intègre dans l’harmonie des jeunes, pour qu’ils s’habituent Ă  ma direction et, plus tard, ils deviennent membres de la fanfare. Je fais des rĂ©pĂ©titions spĂ©ciales avec eux.

Combien d’heures par jour consacrez-vous Ă  la musique?

Je travaille Ă  la musique militaire et la fanfare prend aussi beaucoup de temps. Si on calcule rĂ©ellement les heures et l’engagement, on voit que la motivation n’est pas l’argent …

Quelles sont vos préférences musicales?

J’Ă©coute des enregistrements de cornistes. Et j’aime beaucoup le jazz, le blues, le swing, les big-bands. Dommage que le cor ne s’y adapte pas très bien!

Quels projets pour l’avenir?

J’aimerais que „Les cinq gourmets“, le quintette de cuivres dont je fais partie, ait une projection au-delĂ  des frontières luxembourgeoises. La fanfare est le passe-temps le plus idĂ©al que je peux avoir.

Vous disiez que la musique luxembourgeoise est peu jouée, mais est-ce que les Luxembourgeois connaissent leurs compositeurs?

Malheureusement, je crois que la plupart des Luxembourgeois ne connaissent plus les chansons populaires. Moi, je les ai apprises de mon père, qui les avait apprises Ă  l’Ă©cole, ce qui n’est plus le cas maintenant. Quand je vais chez ma mère en Italie, a Pizzoferrato (Abruzzi), je remarque que les gens lĂ -bas connaissent leurs chansons. Lors de mon premier concert, Ă  l’Ă©glise du Cents, j’ai jouĂ© l’ouverture de „Nabucco“, que j’avais entendue pour la première fois en Italie, interprĂ©tĂ©e par des gens dont les connaissances musicales Ă©taient infĂ©rieures Ă  celles des musiciens de la fanfare. Mais, avec quelle envie, quel sentiment, quelle force, ils jouaient! Quand j’ai demandĂ© au directeur de l’ensemble comment c’Ă©tait possible, il m’a rĂ©pondu que les gens connaissaient cette musique et ses origines, qu’elle faisait partie de leurs vies. VoilĂ  la diffĂ©rence avec nous.

Quelle a Ă©tĂ© l’attitude de vos parents, lorsque vous avez dĂ©cidĂ© de vous consacrer Ă  la musique?

Ma famille m’a toujours soutenu et encouragĂ©, autant mes parents que mon frère et ma s´ur. Je n’aurais pas pu avoir meilleur entourage. C’est peut-ĂŞtre la mentalitĂ© italienne, qui veut que les membres de la famille s’entraident. Maintenant, j’ai la chance que ma copine est clarinettiste et s’intĂ©resse aussi Ă  la musique. Autrement c’est trop dur, de vivre avec un musicien!

Propos recueillis par

Paca Rimbau Hernández

Les concerts à venir de la fanfare, par François Schammo:

„Vendredi 21 juin, les jeunes de la Fanfare Royale, avec la collaboration du comitĂ© d’organisation de la Fanfare, ont organisĂ© un concert au Grund, dans le cadre de la fĂŞte de la musique. Le 22 – comme chaque annĂ©e – on a la retraite aux flambeaux, Ă  Luxembourg-Ville. Samedi 29 juin, Ă  11 heures, nous donnerons un concert Ă  la place d’Armes. Le 28 septembre, la Musique Militaire donne un concert au Hall omnisport. Le 10 et le 11 octobre, il y aura un concert avec German Brass, un ensemble de cuivres, qui viendra pour la première fois au Luxembourg. Le 7 dĂ©cembre, avec la fanfare de Bonnevoie et peut-ĂŞtre celle de Soleuvre. Et le dimanche avant NoĂ«l, avec la Chorale Sainte CĂ©cile, Ă  l’Ă©glise de Cents. Ce sera le concert de clĂ´ture.

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