UN AN DE BC/2: Dialogues d’artistes

von | 06.09.2002

La galerie BC/2 a conclu sa première saison d’exposition. L’occasion pour nous de parler avec Thed Johanns et Sascha Seil, propriĂ©taires de la galerie, pour qu’ils expliquent leur „success story“!

Un samedi matin autour d’une tasse de cafĂ© et des cigarettes Ă  la BC/2, Thed Johanns et Sascha Seil se souviennent de leur dĂ©buts Ă  la galerie, il y a un an. „Lorsque j’ai vu les lieux, j’ai d’abord pensĂ© Ă  y installer mon atelier et Ă  y exposer avec des amis, qui sont Ă©galement artistes. J’en ai parlĂ© avec Sascha Seil. Lui et son père ont spontanĂ©ment rejoint le projet.

Cet espace avait le numĂ©ro BC/2 inscrit sur le plan de l’architecte, d’oĂą le nom de la galerie. Nous avons donc commencĂ© Ă  exposer avec des amis. Au fur et Ă  mesure, nous avons fait connaissance avec beaucoup de gens, mĂŞme au niveau international … et l’affaire a commencer Ă  marcher.“

Le concept d’exposition de la BC/2 consiste Ă  montrer deux artistes dans le cadre d’une exposition. QuestionnĂ©s sur la raison de cette conception particulière et des critères pour le choix de leurs artistes, les deux propriĂ©taires s’expliquent longuement.

„Nous avons un artiste pour les murs, un autre pour l’espace. Très souvent, les artistes que nous choisissons ne se connaissaient pas auparavant. Il y a aussi des gens qui nous proposent leurs dossiers, et nous essayons de trouver un second artiste dont le travail peut correspondre. Le plus important pour nous est qu’un dialogue s’installe entre les deux artistes. On doit remarquer que quelque chose s’est passĂ© entre eux.

Bien souvent, on a l’impression que quelques artistes agissent comme des copistes. Ceux-ci suivent alors une tendance du marchĂ©, qui se vend bien Ă  un certain moment. Nous choisissons, par contre, des artistes qui pratiquent une technique qui n’est pas utilisĂ©e souvent, mais dont nous savons qu’elle est bien. En principe, nous sommes ouverts Ă  toutes les tendances artistiques, mais il faut qu’il y ait une vraie personnalitĂ© et une honnĂŞtetĂ© de la part de l’artiste qui se reflète dans son art.

Lorsque nous avons rencontrĂ©, par exemple, Spike et Sumo (cf. encadrĂ© sur cette page) pour la première fois, nous Ă©tions tout de suite enthousiasmĂ©s par leur travail. Les graffitis sont très souvent mal vus, Ă  cause du vandalisme, et ils ne sont pas considĂ©rĂ©s comme Ă©tant une vĂ©ritable forme artistique. Evidemment, on n’aimerait pas que l’on peigne notre façade ou un monument. Mais ici c’est diffĂ©rent. Spike et Sumo font leur travail dans le cadre d’une exposition et sur des murs oĂą ils avaient la permission de le faire. Notre but avec cette exposition est de montrer que le graffiti peut ĂŞtre très intĂ©ressant et qu’il s’agit d’un vĂ©ritable courant d’art. En outre, nous ouvrons la porte pour une forme d’art qu’on ne retrouve pas souvent dans d’autres galeries.

Notre but est de faire bouger ce milieu relativement figĂ©. On trouve toujours les mĂŞmes constellations, les mĂŞmes acteurs qui suivent un itinĂ©raire de galeries. Chez nous, il y a un travail pĂ©dagogique qui doit s’effectuer, tant du cĂ´tĂ© de l’artiste que de celui du public. L’un et l’autre doivent ĂŞtre disposĂ©s Ă  s’ouvrir Ă  quelque chose de nouveau.“

Avec ses murs mobiles Ă  l’intĂ©rieur de la galerie, l’espace d’exposition est modifiable. La question du dĂ©roulement du montage d’une exposition avec les deux artistes s’impose donc. Theid Johanns s’explique:

„Les artistes se parlent et commencent Ă  installer leurs oeuvres. Puis, nous intervenons et nous faisons des propositions pour l’accrochage. Nous avons l’avantage d’avoir une certaine distance et nous connaissons l’espace d’exposition mieux qu’eux. Nous vivons pour ainsi dire pratiquement ici. Le montage prend beaucoup de temps, jusqu’Ă  ce qu’il soit comme nous l’avons imaginĂ©. Il nous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de monter et de remonter le tout le jour de l’ouverture! Le but est d’arriver Ă  une installation qui reflète le dialogue entre les deux artistes. L’exposition en elle-mĂŞme est dĂ©jĂ  une oeuvre d’art.“

La galerie BC/2 a aussi accueilli, entre autres, des musiciens, des acteurs, des poètes, qui ont participĂ© rĂ©gulièrement aux expositions. Les possibilitĂ©s de combinaison de toutes ces formes d’art sont multiples, mais rĂ©pondent toujours Ă  l’exigence d’un concept unique qui sous-tend le tout.

Au bout de cette première saison, le bilan est considĂ©rable: huit expositions avec seize artistes, ainsi que la rĂ©cente „installation photographique interactive“, qui en elle seule a regroupĂ© plusieurs artistes. Thed Johanns confirme:

„En effet, la première saison a très bien marchĂ©e. La galerie nĂ©cessite beaucoup d’argent, certes, mais nous avons survĂ©cu et nous n’avons pas fait de pertes. Et, il y a bien sĂ»r une part importante d’idĂ©alisme nĂ©cessaire pour rĂ©aliser ce travail.“

La deuxième saison est quasi entièrement planifiĂ©e, avec seulement „deux places disponibles“ encore, pour une installation ou une sculpture. Et les projets d’avenir ne manquent pas.

„Nous voudrions rĂ©aliser un concept d’ensemble pour un espace qui n’est pas nĂ©cessairement le nĂ´tre. C’est-Ă -dire un projet avec des artistes hors de nos murs, que ce soit dans une ancienne fabrique ou ailleurs. Nous avons plus de projets maintenant que jamais dans le passĂ©! Il faut que cela nous fasse plaisir!“

Nadine Clemens

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Exposition sumo – spike (graffitis-peintures)

du 7 au 28 septembre, Ă  la Galerie BC/2 Ă  Bettembourg.

Vernissage, ce vendredi 6 septembre Ă  partir de 19.00 heures.

Les artistes Spike et Sumo exposent pour la première fois ensemble et montrent une forme artistique qui, à tort, reste méconnue au Luxembourg: le graffiti.

Spike: Le grand challenge pour nous Ă©tait de rĂ©duire notre travail sur le petit format d’une toile, car d’habitude nous travaillons sur des grandes surfaces murales. Notre concept est celui du territoire, car celui-ci a Ă©tĂ© marquĂ© par les graffitis. Pour l’exposition, nous tentons Ă©galement de rĂ©aliser un travail commun que nous exposerons au milieu de la galerie.«

Sumo: Pour cette première exposition, je souhaite surtout montrer ce que je fais et connaître les réactions du public.«

A celui ou celle pour qui le graffiti ne signifie toujours rien de plus qu’simple griffonnage: vous ĂŞtes invite-Ă©-s Ă  venir voir l’exposition de sumo et spike, afin de vous convaincre du contraire!

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