UN AN DE BC/2: Dialogues d’artistes

La galerie BC/2 a conclu sa première saison d’exposition. L’occasion pour nous de parler avec Thed Johanns et Sascha Seil, propriétaires de la galerie, pour qu’ils expliquent leur „success story“!

Un samedi matin autour d’une tasse de café et des cigarettes à la BC/2, Thed Johanns et Sascha Seil se souviennent de leur débuts à la galerie, il y a un an. „Lorsque j’ai vu les lieux, j’ai d’abord pensé à y installer mon atelier et à y exposer avec des amis, qui sont également artistes. J’en ai parlé avec Sascha Seil. Lui et son père ont spontanément rejoint le projet.

Cet espace avait le numéro BC/2 inscrit sur le plan de l’architecte, d’où le nom de la galerie. Nous avons donc commencé à exposer avec des amis. Au fur et à mesure, nous avons fait connaissance avec beaucoup de gens, même au niveau international … et l’affaire a commencer à marcher.“

Le concept d’exposition de la BC/2 consiste à montrer deux artistes dans le cadre d’une exposition. Questionnés sur la raison de cette conception particulière et des critères pour le choix de leurs artistes, les deux propriétaires s’expliquent longuement.

„Nous avons un artiste pour les murs, un autre pour l’espace. Très souvent, les artistes que nous choisissons ne se connaissaient pas auparavant. Il y a aussi des gens qui nous proposent leurs dossiers, et nous essayons de trouver un second artiste dont le travail peut correspondre. Le plus important pour nous est qu’un dialogue s’installe entre les deux artistes. On doit remarquer que quelque chose s’est passé entre eux.

Bien souvent, on a l’impression que quelques artistes agissent comme des copistes. Ceux-ci suivent alors une tendance du marché, qui se vend bien à un certain moment. Nous choisissons, par contre, des artistes qui pratiquent une technique qui n’est pas utilisée souvent, mais dont nous savons qu’elle est bien. En principe, nous sommes ouverts à toutes les tendances artistiques, mais il faut qu’il y ait une vraie personnalité et une honnêteté de la part de l’artiste qui se reflète dans son art.

Lorsque nous avons rencontré, par exemple, Spike et Sumo (cf. encadré sur cette page) pour la première fois, nous étions tout de suite enthousiasmés par leur travail. Les graffitis sont très souvent mal vus, à cause du vandalisme, et ils ne sont pas considérés comme étant une véritable forme artistique. Evidemment, on n’aimerait pas que l’on peigne notre façade ou un monument. Mais ici c’est différent. Spike et Sumo font leur travail dans le cadre d’une exposition et sur des murs où ils avaient la permission de le faire. Notre but avec cette exposition est de montrer que le graffiti peut être très intéressant et qu’il s’agit d’un véritable courant d’art. En outre, nous ouvrons la porte pour une forme d’art qu’on ne retrouve pas souvent dans d’autres galeries.

Notre but est de faire bouger ce milieu relativement figé. On trouve toujours les mêmes constellations, les mêmes acteurs qui suivent un itinéraire de galeries. Chez nous, il y a un travail pédagogique qui doit s’effectuer, tant du côté de l’artiste que de celui du public. L’un et l’autre doivent être disposés à s’ouvrir à quelque chose de nouveau.“

Avec ses murs mobiles à l’intérieur de la galerie, l’espace d’exposition est modifiable. La question du déroulement du montage d’une exposition avec les deux artistes s’impose donc. Theid Johanns s’explique:

„Les artistes se parlent et commencent à installer leurs oeuvres. Puis, nous intervenons et nous faisons des propositions pour l’accrochage. Nous avons l’avantage d’avoir une certaine distance et nous connaissons l’espace d’exposition mieux qu’eux. Nous vivons pour ainsi dire pratiquement ici. Le montage prend beaucoup de temps, jusqu’à ce qu’il soit comme nous l’avons imaginé. Il nous est déjà arrivé de monter et de remonter le tout le jour de l’ouverture! Le but est d’arriver à une installation qui reflète le dialogue entre les deux artistes. L’exposition en elle-même est déjà une oeuvre d’art.“

La galerie BC/2 a aussi accueilli, entre autres, des musiciens, des acteurs, des poètes, qui ont participé régulièrement aux expositions. Les possibilités de combinaison de toutes ces formes d’art sont multiples, mais répondent toujours à l’exigence d’un concept unique qui sous-tend le tout.

Au bout de cette première saison, le bilan est considérable: huit expositions avec seize artistes, ainsi que la récente „installation photographique interactive“, qui en elle seule a regroupé plusieurs artistes. Thed Johanns confirme:

„En effet, la première saison a très bien marchée. La galerie nécessite beaucoup d’argent, certes, mais nous avons survécu et nous n’avons pas fait de pertes. Et, il y a bien sûr une part importante d’idéalisme nécessaire pour réaliser ce travail.“

La deuxième saison est quasi entièrement planifiée, avec seulement „deux places disponibles“ encore, pour une installation ou une sculpture. Et les projets d’avenir ne manquent pas.

„Nous voudrions réaliser un concept d’ensemble pour un espace qui n’est pas nécessairement le nôtre. C’est-à-dire un projet avec des artistes hors de nos murs, que ce soit dans une ancienne fabrique ou ailleurs. Nous avons plus de projets maintenant que jamais dans le passé! Il faut que cela nous fasse plaisir!“

Nadine Clemens

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Exposition sumo – spike (graffitis-peintures)

du 7 au 28 septembre, à la Galerie BC/2 à Bettembourg.

Vernissage, ce vendredi 6 septembre à partir de 19.00 heures.

Les artistes Spike et Sumo exposent pour la première fois ensemble et montrent une forme artistique qui, à tort, reste méconnue au Luxembourg: le graffiti.

Spike: Le grand challenge pour nous était de réduire notre travail sur le petit format d’une toile, car d’habitude nous travaillons sur des grandes surfaces murales. Notre concept est celui du territoire, car celui-ci a été marqué par les graffitis. Pour l’exposition, nous tentons également de réaliser un travail commun que nous exposerons au milieu de la galerie.«

Sumo: Pour cette première exposition, je souhaite surtout montrer ce que je fais et connaître les réactions du public.«

A celui ou celle pour qui le graffiti ne signifie toujours rien de plus qu’simple griffonnage: vous êtes invite-é-s à venir voir l’exposition de sumo et spike, afin de vous convaincre du contraire!


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