PEINTURES: Libérateur

von | 11.04.2014

L’exposition « Catharsis » du peintre norvégien Frank Brunner invite à la méditation et au calme régénérateur.

Bien plus qu’une douche…

La première sensation que les tableaux de Frank Brunner procurent au spectateur est un froid. Pas un froid désagréable, mais plutôt une fraîcheur ravivante. Même si ses motifs sont immobiles, on a l’impression que quelque chose se passe en eux, qu’on est le témoin d’un procès très intime et personnel. C’est la force de ces tableaux du peintre norvégien Brunner, qui est né à Oslo mais installé à New York. Il réussit à rendre intéressants et captivants des motifs qui, si un autre les avait peints, ne seraient a priori rien d’autre que du kitsch.

C’est son réalisme couplé avec son obsession pour une même image qui fait transparaître cette impression de calme après la tempête. Inspirées d’un séjour dans le kibboutz d’En-Gedi, un oasis sur les rives de la mer morte, les peintures qui composent « Catharsis » sont empreintes de la douceur du Sud, peinte avec le calme et la froideur scandinave. Le motif principal, qui revient sur chaque toile – excepté quatre autres – est un homme qui se trouve sous un jet d’eau. Vêtu d’un short, les pieds dans l’eau et la tête baissée on ne le voit que de dos. Dans certaines variations du motif, il semble se recroqueviller un peu sous le jet d’eau, mais l’impression d’un calme méditatif, d’une vraie catharsis qui est en train de se passer, prévaut.

Les autres motifs sont tout aussi
évocateurs du même univers et empreints des mêmes émotions. Que ce soit la tête d’un dormeur sur un coussin ou un assemblage de cierges se reflétant sur un plan d’eau – tous montrent un certain mysticisme. Une émotion nouvelle dans les oeuvres de Brunner. Ses travaux précédents traitaient des thèmes plus quotidiens, comme des passants à New York, ou allaient carrément vers la nature morte.

Même s’il ne réinvente pas la peinture, Frank Brunner est un artiste à suivre de près, ne serait-ce que pour le réalisme non-kitsch dont il nous gâte.

A la galerie Zidoun-Bossuyt, jusqu’au 10 mai.

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