FESTIVAL: Songes d’une nuit d’été

C’est la fin de l’été et il vous reste encore un peu d’énergie après avoir écumé les nombreux festivals européens ou après vous être doré la pilule au soleil ? Le festival Last Summer Dance vous propose une dernière occasion de vous remplir les oreilles de musique tout en vous cultivant.

Plus qu’un festival de musique, le Last Summer Dance se veut aussi une grande réunion en plein air pour se rencontrer autour de thèmes écologiques et politiques. (photo: Svenia Schreiner)

Comme chaque année, les festivals estivaux luxembourgeois se suivent à un rythme effréné de juin jusqu’à septembre. Alors que les mastodontes du genre tels que le Rock-a-Field ou bien encore le Food for Your Senses ont déjà eu lieu et préparent d’ores et déjà leur édition 2015, le Last Summer Dance, comme son nom l’indique, est probablement l’une des dernières occasions de danser sous les rayons du soleil – puisqu’il se déroulera ce samedi 30 août.

Plus qu’un simple festival musical, le rendez-vous qui se tiendra à Mersch se propose d’être une véritable plate-forme de rencontre entre les différents modes d’expression, avec notamment de la musique, mais également des ateliers, de l’art et des stands d’associations. Comme l’explique Jenny Spielmann, l’une des organisatrices de l’évènement : « Nous avons constaté qu’il y a assez de potentiel et d’intérêt pour créer un festival de musique et d’art qui s’ajoute à l’offre déjà existante. Pourtant, il est important pour nous d’aller plus loin plutôt que de simplement laisser se produire sur scène des artistes pleins de talent. Ce que nous voulons créer ressemble à une journée de célébration… un événement qui rend honneur à la musique, à la culture, au Luxembourg, à l’Europe, au monde – et surtout à la vie en général. »

Cependant le festival se veut aussi une journée de rencontre, d’apprentissage et d’information. Mettant en avant la musique et les arts pour le plus grand nombre pour unir les spectateurs autour de questions essentielles concernant notre mode de vie moderne, ce qu’évoque Jenny Spielmann : « A travers notre festival, nous proposons une plate-forme au sein de laquelle des questions plus ou moins essentielles de nos jours sont présentées et discutées d’une manière fondée sur le dialogue, respectant les identités individuelles et culturelles. Nous encourageons la participation active dans la société et, à travers les activités de notre festival, nous suggérons des actions concrètes. Ceci en présentant des alternatives aux courants déjà existants pour aboutir à une meilleure cohésion et compréhension entre les différentes cultures présentes aux Luxembourg. »

Ainsi, plusieurs initiatives seront mises en place afin de proposer une expérience écologique, fair-trade et équitable qui colle à la peau du festival. La nourriture et les boissons seront bio et régionales, afin de pouvoir boycotter les grandes entreprises multinationales, mais également favoriser la production nationale ; les gobelets seront réutilisables et les assiettes en carton recyclé ; les toilettes chimiques seront remplacées par des toilettes sèches. Le festival mise sur l’écologie et le changement des habitudes : « Nous essayons d’ancrer dans notre festival des gestes simples, et ce surtout au niveau de l’infrastructure et de l’éducation afin de protéger l’environnement et de montrer qu’un autre monde est possible. Cette curiosité de découvrir toujours de nouveaux modes de vie, produits, philosophies vaut la peine d’être partagée, voire discutée avec nos visiteurs afin de l’approfondir ! ».

« Ce que nous voulons créer ressemble à une journée de célébration… »

Une volonté féroce donc de se démarquer de la masse des autres festivals, qui misent eux bien plus sur les têtes d’affiche musicales que sur une démarche citoyenne, comme l’évoque l’organisatrice : « Le Last Summer Dance est un festival qui essaie d’aller au-delà de la musique seule ! Le pilier des ateliers, des films et la présence des organisations et des asbl sont aussi primordiaux que la qualité des concerts. En mariant un festival de musique et d’art à des ateliers et des discussions, nous espérons d’un côté attirer l’attention d’un groupe cible encore ignorant des grands défis de notre société , ou pas encore sensibilisé, et de l’autre côté aborder les enjeux politiques, sociétaux et environnementaux d’une façon plus ludique et captivante. »

Cependant, la musique jouera un rôle important tout au long de cette journée avec une programmation proposant cinq groupes internationaux et trois formations locales. Encore une fois, la programmation se veut très éclectique puisque les genres abordés vont du rock à l’electro en passant par la musique des Balkans ou bien encore le punk. Pour Jenny Spielmann, « la musique et l’art sont des langues internationales et universelles que chacun peut comprendre – il n’y a pas de frontières ». Comme pour les bruxellois de Chicos y Mendez, qui mélangent la world music à une pointe de rock. Leurs textes souvent contestataires, rédigés en français ou en espagnol, témoignent de cette multiculturalité qui colle à la peau du Last Summer Dance. L’autre tête d’affiche de ce festival sera Äl Jawala, groupe originaire de Freiburg, au sud de l’Allemagne, qui propose un mélange musical assez détonant fait de musique balkanique et de grooves urbains, comme si l’electro et le hip-hop venaient se mêler aux cuivres festifs popularisés par Emir Kusturica et ses bandes son si typiques.

Le groupe On prend l’air fera également partie de la fête, avec une musique haute en couleur mélangeant mélodies tziganes et balkaniques avec des influences plus modernes telles que le rock, le jazz ou le punk, donnant à sa musique un aspect de joyeux bazar. L’ambiance se feutrera un peu plus avec la venue du duo franco-canadien Emma Anders et Ben Stern, qui oeuvre dans un registre soul-folk acoustique. Emma Anders est particulièrement reconnue à Montréal pour organiser des jam-sessions dans sa maison, qui a entre-temps été élue meilleure salle de musique underground de la ville. L’affiche internationale est complétée par la formation TryKKA venant de Göttingen en Allemagne. Eux aussi proposent une musique faite de elting-pot entre chanson française, reggae et balkan punk.

Quelques formations luxembourgeoises seront également de la partie de ce Last Summer Dance, avec la présence sur scène des tout jeunes Impact Hour, qui se sont déjà illustrés lors du concours Screaming Fields avec leur mélange de pop-rock et punk. L’autre formation luxembourgeoise sera The Neverminds, groupe de punk-rock qui au fil des années suit peu à peu la trajectoire de feu Eternal Tango, avec une musique rappelant l’emo-punk américain. L’affiche est enfin complétée par DJ Pikay qui clôturera la soirée sur des sonorités house de tous genres.

Les nombreux ateliers proposés tout au long du festival en seront très certainement l’un des points forts, avec des cours de percussions ou de yoga mais également des ateliers plus informatifs tel que celui proposé par le Cell (Centre for Ecological Learning Luxembourg) sur des problématiques environnementales et sociales. D’après Jenny Spielmann, « il s’agit de sensibiliser les gens sur ce qui est fondamental pour la survie de la planète, comme entre autres la biodiversité, la réglementation européenne sur les semences ou encore les possibilités de vivre d’une manière plus écologique ». Le festival fera également la part belle à des projets politico-artistiques, avec notamment celui proposé par l’organisation « Keen ass illegal » : « Rêves en dérive » est une oeuvre chorale élaborée en solidarité avec les immigrés. Elle est composée par des migrants et des non-migrants ayant pour traits communs leur condition de voyageur et leur appartenance à l’humanité.

En bref, le festival Last Summer Dance se veut un espace de rencontre, de liberté et de convivialité. Ici, il est plus question d’apprentissage, de connaissance et d’échange que d’un banal festival où le public ne vient que s’abreuver de musique et de bière. Alors, si vous souhaitez vous ouvrir l’esprit et profiter une dernière fois de l’ambiance festivalière luxembourgeoise, n’hésitez pas à faire un détour par le parc de Mersch.

Festival Last Summer Dance, au parc communal de Mersch, ce samedi 30 août.


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